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COVID-19 : les athlètes paralympiques entre incertitude et progression

Elle dévale une pente lors de la première journée de compétition.

La skieuse para-alpine Frédérique Turgeon aux Jeux de Pyeongchang, en 2018

Photo : Getty Images / Chung Sung-Jun

À la piscine, en piste ou sur les pentes, les athlètes paralympiques du Canada ont tantôt vécu des montagnes russes d’émotions en raison de l’absence de compétitions durant la pandémie, tantôt profité de cette pause afin d’accélérer leur développement.

À l'approche des Jeux de Tokyo et de Pékin, qui se tiendront au cours des 12 prochains mois, les para-athlètes demeurent au pays, loin des rendez-vous internationaux, et fignolent leur préparation en fin de cycle paralympique.

Accompagnés de leurs collègues de l’équipe para-alpine, les skieurs Alexis Guimond et Frédérique Turgeon s'entraînent en Colombie-Britannique cet hiver, sans toutefois participer aux compétitions en Europe avec la crème de leur sport.

On a pris deux, trois décisions. On y va. On n’y va pas. On y va. On n’y va pas. Il y a eu plusieurs moments d’incertitude dans la saison. C’est vraiment difficile par la suite de reprendre sur soi [...] Ça m’a vraiment frappé lors de la troisième occasion, explique Alexis Guimond.

De mois en mois, on voyait ce qui en était pour nos courses, nos entraînements. On n’a pas eu une année avec des mois sécurisés, ça changeait beaucoup. J’ai trouvé que c’était un peu instable, et en même temps, ça joue un peu sur le mental d’un athlète. Ce n’était pas vraiment préférable de mon côté de ne pas savoir ce qui en était, ce qui allait se passer le mois d’après, et le suivant. C'était un peu un monde de confusion totale, poursuit Frédérique Turgeon.

C’était un peu mélangeant d’être dans cette situation-là où l’on n’avait aucune idée de ce qui en était pour les mois à venir. Ce n’était pas de la faute de nos entraîneurs non plus. De se lever sans avoir un but en tête, pour l’année ou pour la saison, je dirais que ça m’a vraiment affecté et l’équipe aussi en général.

Une citation de :Frédérique Turgeon, skieuse para-alpine

Les Paralympiques, rare source de motivation

Certains membres de la formation nationale de paracyclisme ont pu se rassembler à deux occasions en Estrie durant la période estivale. Il s'agit des seules rencontres d'équipe organisées en présentiel depuis février 2020 aux mondiaux sur piste tenus au Vélodrome de Milton, en Ontario.

Malgré tout, Marie-Claude Molnar considère que c'est une chance absolument immense qui n’a pas été donnée à tout le monde de pouvoir s'entraîner avec son outil de travail au plus fort de la crise sanitaire, parfois en solitaire, d'autres fois en groupe restreint.

Sur son vélo, elle lève le pouce.

La paracycliste Marie-Claude Molnar aux Jeux de Rio, en 2016

Photo : Angela Burger

Son approche a inévitablement été modifiée afin qu'elle demeure active et inspirée, comme elle se trouve dans le néant en ce qui a trait aux sélections paralympiques pour Tokyo. De la manière dont je fonctionne, et c’est quelque chose que j’ai travaillé avec mon intervenante en préparation mentale, c’est que je me fixe des objectifs dans un temps plus rapproché.é

Pour Tokyo, ça reste qu’il y a un processus de sélection, de qualification qui se fait. Et dans ce processus, il y a quand même deux Coupes du monde qui auraient lieu au mois de mai en Europe. En se concentrant là-dessus, ça fait en sorte que la motivation peut être encore un peu plus élevée parce que c’est dans une période qui est plus rapprochée que les Jeux.

Une citation de :Marie-Claude Molnar, paracycliste

On a dû apprendre à ne pas penser trop loin, sinon je crois que je n'aurais pas survécu aussi bien à l'année en tant que telle, enchaîne à son tour la paranageuse Aurélie Rivard.

Habituée à une routine réglée au quart de tour, la triple championne paralympique à Rio confie avoir des difficultés à gérer l'inconnu causé par la crise sanitaire. D'autant plus qu'elle avait procédé à des changements majeurs dans sa carrière avant le déclenchement de la pandémie en remplaçant son entraîneur et en déménageant de Montréal pour se joindre au Club de natation de Québec.

Ç'a été une année assez mouvementée d'un côté émotionnel. Notre vie, d'habitude, c'est assez répétitif, alors que là, chaque jour, on ne savait pas ce qui allait se passer. Même encore aujourd'hui, mon horaire change aux deux semaines, souligne-t-elle.

À travers le monde, personne n'a été pénalisé autant que nous. Les nageurs dans les autres pays peuvent faire des compétitions, peuvent voyager et tout. Alors que moi, je suis un peu à l'écart, en retrait, renchérit-elle.

Elle sort la tête de l'eau durant une course.

La paranageuse Aurélie Rivard aux Jeux du Commonwealth à Gold Coast, en 2018

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Médaillé de bronze en super-G aux Jeux de Pyeongchang, l’un des 28 podiums canadiens enregistrés en 2018, Alexis Guimond considère que la tenue des Paralympiques dans moins d’un an, à Pékin, est l'élément clé de sa préparation.

Au moins, je me prépare pour quelque chose de plus grand, pour le plus grand honneur sportif que tu peux avoir. Ça vient me toucher. C’est le facteur qui me ramène à moi lorsque j’ai des bas, qui me pousse à être la meilleure version de moi-même pour les Jeux.

Une citation de :Alexis Guimond, skieur para-alpin

Même son de cloche pour Marie-Claude Molnar, qui veut goûter à nouveau l'été prochain, à 37 ans, aux joies de l'expérience paralympique.

Lorsque je regarde tout ce que j’ai accompli dans mon sport, d’une certaine manière, ça aurait pu être naturel de se dire que ça finit là. Mais à aucun moment ce n’est quelque chose que j’ai envisagé, l’objectif demeure toujours Tokyo et les efforts sont mis en direction de cet objectif, soutient la multiple championne nationale en paracyclisme.

Un entraînement estival salutaire

Tant Alexis Guimond que Frédérique Turgeon ont maximisé leurs nombreux temps libres causés par la COVID-19, dans la dernière année, en investissant temps et énergie dans l’entraînement physique. Les efforts ont produit les effets escomptés, et même davantage.

Honnêtement, ça n’a pas été une année facile. Une année qui a mis de multiples obstacles sur ma carrière sportive. Ça m’a quand même permis d’améliorer beaucoup d’aspects, d’avoir plus de discipline, de faire plusieurs choses différemment et d’être plus autonome, indépendant, indique Alexis Guimond.

Il descend la pente du slalom géant.

Le skieur para-alpin Alexis Guimond aux Jeux de Pyeongchang, en 2018

Photo : Reuters / Paul Hanna

J’ai pu m’entraîner mieux que jamais, c'est mon meilleur été jusqu’à maintenant. Ç’a été prouvé avec les tests et les résultats, selon les données de l’équipe. Ce sont vraiment les meilleurs résultats de ma carrière. J’étais à mon mieux en ce qui concerne ma santé, ma force, poursuit Frédérique Turgeon.

Je trouvais qu’il y avait tellement rien d'autre à faire que de s’entraîner, j’étais pris chez moi, il n’y avait pas de ski. Je me levais et j’avais la tête vraiment focus sur l’entraînement, comment pouvais-je faire en sorte que je sois au sommet de ma forme en sortant de la pandémie? Je ne savais pas si l’on allait avoir des compétitions cette année ou quoi que ce soit, je ne savais vraiment rien, donc au cas où il y aurait un revirement de situation, et que les courses reprennent, je voulais être le plus en forme possible.

Une citation de :Frédérique Turgeon, skieuse para-alpine

Alexis Guimond était vraiment prêt cette saison à viser le sommet du classement général en slalom, après avoir obtenu le titre de vice-champion de la discipline au terme de la campagne 2019-2020. Ce n'est que partie remise, qui doit également prendre son mal en patience.

Je suis de loin dans la meilleure forme de ma carrière, je suis plus rapide que jamais sur les skis, affirme-t-il. J’étais vraiment excité de compétitionner contre mes rivaux sur le circuit de la Coupe du monde, c’est un peu frustrant de ne pas avoir eu cette occasion.

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