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Bilan mitigé pour l'équipe canadienne de courte piste

Un patineur de vitesse heureux

Charles Hamelin.

Photo : Twitter ISU

Michel Chabot

Le Canada est revenu des mondiaux de patinage de vitesse sur courte piste, la semaine dernière à Dordrecht, avec une récolte modeste en dépit du fait que la Corée du Sud, la Chine et le Japon avaient fait l’impasse sur cette compétition.

Doit-on s’inquiéter des performances canadiennes? Ou est-il périlleux de juger des athlètes en fonction d’une seule compétition?

Je ne suis pas inquiet, assure l’entraîneur en chef Sébastien Cros. On est là où on est et la concurrence est rude. On ne peut pas dire qu’on a dominé les Championnats du monde, donc il y a du travail à faire. Et l’année prochaine, ce sera encore plus dur.

Il manquait les puissances asiatiques dans ces mondiaux-là, a souligné François-Louis Tremblay, ancien patineur devenu analyste. C’est sûr que ça fait une grosse différence. Dans les 25 dernières années, il y a probablement eu 23 champions du monde qui étaient Sud-Coréens ou Chinois. Il manquait de gros joueurs.

L'émergence de Courtney Sarault

La révélation canadienne de ces championnats a sans l’ombre d’un doute été Courtney Sarault qui a conclu la fin de semaine au 2e échelon du classement cumulatif grâce à une 2e place au 1500 m, une 3e au 1000 m avant de conclure la super finale du 3000 m au 2e rang, derrière la Néerlandaise Suzanne Schulting, qui a tout raflé.

Je ne suis pas surpris. Je l’ai vue patiner chez les juniors et elle est forte physiquement. Techniquement, elle a de bonnes aptitudes. Elle fait de bonnes fins de courses et de bons gestes, elle est très à l’aise. Ça ne semble jamais compliqué quand je regarde ses courses. Elle fait de bons dépassements, elle a un bon instinct.

Une citation de :François-Louis Tremblay

Et elle est jeune encore, poursuit Tremblay. Elle a un très bon potentiel et elle rayonne bien au sein de l’équipe. Ça augure très bien pour elle l’an prochain même s’il y avait des absentes chez les filles. Ça assure un potentiel de finale aux Olympiques.

Hamelin, comme le bon vin

Chez les hommes, sans la remarquable victoire de Charles Hamelin au 1500 m, les Canadiens seraient rentrés bredouilles des Pays-Bas. L’exploit est digne de mention pour le vénérable athlète de 36 ans.

Il était vraiment en bonne forme, a constaté Cros. C’est sûr qu’il y a la déception du 1000 m parce que, clairement, il aurait pu le gagner aussi. Mais c’est comme ça en courte piste, ce n’est pas toujours du 100 %.

Ce que Charles accomplit dans le temps, c’est quand même exceptionnel, estime François-Louis Tremblay. Qu’il continue d’être performant à cet âge-là, il faut lui donner le crédit qui lui revient. Il continue aussi à s’améliorer. Il est extrêmement focus, selon ce que j’entends des entraîneurs. Le connaissant, avec sa personnalité, ce n’est pas une surprise qu’il arrive à le faire. Mais physiquement, qu’il maintienne le cap, c’est impressionnant.

Mention honorable, d’autre part, pour Maxime Laoun qui a participé à la finale de ce 1500 m qu’il a conclu au 6e rang. Par contre, pour Steven Dubois, qui a fini sur quelques podiums en Coupe du monde en 2019-2020, le week-end a été difficile.

Steven, c’est un peu décevant, mais on était dans l’inconnu, pas tant sur sa forme intrinsèque, mais surtout sur la capacité d’enchaîner les événements, a dit Sébastien Cros. Et en plus, il a eu une chute au 1500 m et une douleur à la hanche l’a un peu hypothéqué pour le reste de la fin de semaine. C’est dommage.

Le patineur de 23 ans n’a pu franchir les quarts de finale aux 500 et 1000 m et n’a pas participé aux demi-finales du relais. Hamelin, Laoun, Jordan Pierre-Gilles et William Dandjinou ont quant à eux été incapables d’accéder à la finale.

On a une équipe plus jeune que dans le temps et moins expérimentée, soutient Tremblay. En demi-finale, ils étaient pratiquement classés pour la finale jusqu’à ce que Charles perde pied dans le dernier tournant. Ça démontre à quel point c’est serré. Là, beaucoup de choses reposent sur les épaules de Charles. Ils n’ont pas été capables de se créer un écart avant la fin de la course pour se donner un certain confort. La marge est mince entre gagner une médaille olympique et faire une finale B. Je pense qu’ils sont là, qu’ils sont dans le coup. Ils n’étaient pas largués en arrière, ils sont capables de rivaliser avec les meilleurs.

L’escouade féminine composée de Sarault, Danaé Blais, Alyson Charles et Claudia Gagnon a également été tenue à l’écart de l’ultime relais.

Ce sont les deux grosses déceptions, a reconnu l’entraîneur. Ce qui est bon quand même, c’est que le niveau affiché était intéressant. Les deux équipes étaient de calibre pour se battre pour le titre. Évidemment, quand on regarde le résultat, on n’est pas du tout là. C’est vraiment dommage parce que les filles avaient la course en main. Courtney a fait une petite erreur sur l’échange et elle a perdu pied dans le premier virage, alors ç’a mal enchaîné ses deux derniers tours. Mais il faut dire qu’elle avait eu une grosse journée de compétition.

Il faut reconnaître que les athlètes canadiens sont bien jeunes. Outre Hamelin et Kim Boutin, qui devrait revenir à l’automne, aucun n’a vécu l’expérience olympique.

La patience sera de mise prévient Sébastien Cros.

Ce sont des nouveaux, c’est quand même la réalité. Oui, nous voulons de bons résultats aux Jeux, mais ils ne seront certainement pas à leur potentiel optimal.

Une citation de :Sébastien Cros, entraîneur-chef des équipes canadiennes

Cela dit, un bel espoir se pointe à l’horizon du côté des filles. Florence Brunelle, à 17 ans seulement, a fini au 14e rang du classement général. Une 9e place au 500 m a été son meilleur résultat de la fin de semaine.

Ce qui a vraiment été intéressant cette année c’est sa capacité d’apprentissage et son évolution rapide, a dit Cros au sujet de la patineuse de Trois-Rivières. Donc, elle a une vraie qualité qui n’est pas si commune. Et à sa première compétition chez les seniors, elle s’est plus que bien débrouillée. Ce sera une fille à suivre.

Si elle poursuit sur sa lancée, Brunelle a de bonnes chances de faire partie de l’équipe qui représentera le pays aux Jeux de Pékin en 2022.

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