•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un an de maux de tête pour les grandes ligues sportives nord-américaines

Deux jeunes femmes masquées dans un hall, portant l'uniforme des Devils. L'une d'elles tient une affiche où il est écrit, en anglais : "Nous avons attendu 357 jours pour cette journée."

Depuis le 2 mars, les Devils du New Jersey font partie des équipes qui ont recommencé à recevoir des partisans.

Photo : Associated Press / Kathy Willens

Depuis un an, reports, annulations et mises en quarantaine pleuvent sur les grandes ligues sportives nord-américaines qui, comme le reste du monde, doivent vivre tant bien que mal avec la pandémie de COVID-19, mais aussi avec des stades vides et les ressacs financiers importants qui accompagnent le manque de spectateurs.

Tandis qu’une ligue comme la Ligue canadienne de football a décidé de suspendre complètement sa saison 2020 en enregistrant des pertes d’au moins 20 millions de dollars, faute de pouvoir obtenir l’aide du gouvernement Trudeau, les ténors continentaux que sont la National Basketball Association, la Ligue nationale de hockey, la Major League Soccer, la National Football League et la Ligue majeure de baseball ont pour leur part trouvé toutes sortes de moyens de poursuivre leurs activités.

Faute de pouvoir remplir leurs gradins et devant des cotes d’écoute en chute libre, il était d’abord et avant tout question de limiter les dégâts financiers sans trop sacrifier l’offre sportive. Un exercice d’équilibriste somme toute réussi, mais pas sans complications.

Tour d’horizon après un an de pandémie.


NBA

Au printemps 2020, la NBA a été prompte à mettre le poing sur la table quand le coronavirus commençait à se montrer le bout du nez.

Il nettoie des chaises.

Un employé en train de désinfecter un aréna où un match a dû être reporté à cause du coronavirus.

Photo : Reuters / USA Today Sports / Stephen Lew

Un premier cas a été détecté parmi les joueurs le 11 mars. La saison tirait alors à sa fin. Immédiatement, le championnat a été interrompu pour une période d’au moins 30 jours qui aura finalement duré 3 mois et demi, jusqu’au 30 juillet.

La NBA a rassemblé les 22 équipes les mieux classées dans une bulle à Walt Disney World, en Floride, pour terminer la saison et enchaîner avec les séries éliminatoires.

La ligue a aussi adopté un protocole sanitaire rigoureux : tests de dépistage avant d’entrer dans la bulle autant que pendant le séjour à Disney World, port du masque obligatoire en dehors du terrain et distanciation physique.

Pas question, par ailleurs, de sortir de la bulle sans autorisation et sans avoir passé un test de dépistage, ou de visiter la chambre d’hôtel d’un autre joueur.

Une ligne de dénonciation anonyme a même été instaurée.

Et cette stratégie a porté ses fruits, car la NBA n’a rapporté aucun nouveau cas du 22 juillet au 11 octobre, date à laquelle les Lakers ont mis la main sur le titre.

Des partisans des Lakers de Los Angeles célèbrent dans la rue. Une femme est dans une bulle de plastique.

Il fallait plus qu'une pandémie pour empêcher cette partisane de célébrer le championnat remporté par les Lakers.

Photo : Reuters / Ringo Chiu

La bulle n’a toutefois pas été reconduite pour la saison 2020-2021, une saison écourtée à 72 matchs plutôt que 82.

Et comme la pandémie perdure, elle a déjà eu plusieurs impacts sur cette nouvelle saison. Les Raptors de Toronto, la seule équipe canadienne du circuit, ont dû s’installer aux États-Unis. En date du 11 mars, 31 matchs avaient dû être remis.

Depuis le début de la saison, les États américains ont autorisé un nombre toujours plus grand de partisans dans les gradins. Si certaines équipes n’ont pas encore retrouvé leurs spectateurs, d’autres ont pu vendre jusqu’à 25 % du nombre habituel de billets.

Les joueurs sont soumis à des tests de dépistage au quotidien, ce qui a permis de détecter une cinquantaine de cas de COVID-19 depuis le début de la saison.

Le retour d’une partie des partisans, qui se fait progressivement, aidera à réduire les pertes financières liées à la pandémie cette année.

La NBA a rapporté avoir perdu 1,5 milliard de dollars en 2020 et a calculé qu’une saison 2021 jouée entièrement à huis clos aurait entraîné des pertes supplémentaires de 5 milliards. Il reste à voir à quel point les quelques partisans autorisés à assister aux matchs permettront de limiter les dommages.


LNH

Le circuit Bettman a pris un chemin semblable à celui de la NBA depuis qu’il a annoncé le 12 mars 2020 que sa saison était suspendue. Deux semaines plus tard, la LNH annonçait son intention de ne pas jouer les matchs restants au calendrier et de recalculer le classement en fonction du nombre de points récoltés en proportion du nombre de matchs joués. Chaque équipe n’avait joué qu’entre 68 et 71 matchs sur un total prévu de 82.

Quelques partisans et des effigies en carton dans les gradins lors d'un match des Devils du New Jersey.

Des équipes de la LNH, tout comme dans d'autres ligues sportives dans le monde, ont installé des partisans en carton dans leurs gradins.

Photo : Associated Press / Kathy Willens

La LNH a ensuite présenté en août et en septembre des séries éliminatoires au format modifié pour inclure 24 équipes dans deux bulles. Les équipes de l’Association de l’Est se sont rassemblées à Toronto et celles de l’Association de l’Ouest, à Edmonton.

Comme dans la NBA, les joueurs et le personnel des équipes ont dû respecter un protocole sanitaire strict et subir des tests de dépistage fréquents. Aucun cas de COVID-19 n’a été signalé dans ces bulles, malgré la présence de quelques dizaines de malades parmi les joueurs lors de tests réalisés en juin et en juillet.

Encore comme la NBA, la LNH a ensuite choisi de ne pas créer de bulles pour la saison 2020-2021. Elle a toutefois remanié ses divisions pour scinder la ligue en quatre (Nord, Sud, Est et Ouest) et a décidé de présenter un calendrier écourté de 56 matchs où chaque équipe n’affronte que les membres de sa division pour limiter les risques d’éclosion.

Avant la saison, la LNH a présenté un guide de mesures sanitaires particulièrement étoffé, composé de deux documents totalisant environ 70 pages. Ces mesures ont aussi été renforcées par la suite.

Pour limiter les contacts, finis le covoiturage, le cochambrage, ou même les réunions d’équipe lorsque ce n’est pas nécessaire. Interdit, aussi, de quitter l’hôtel pour se divertir ou pour changer d’air avant ou après un match sur la route.

Une femme en tenue médicale tient un écouvillon.

Voici ce qui attend les représentants des médias lorsqu'ils arrivent dans un aréna canadien pour couvrir un match de la LHN.

Photo : Reuters / USA Today Sports / John E. Sokolowski

Et si la LNH ne s’est pas montrée la plus transparente en matière de divulgation des cas de COVID-19, elle n’en a pas moins imposé des tests de dépistage quotidiens et un suivi assidu de l’état de santé des joueurs.

Au moment de revenir au jeu, la ligue rapportait que 27 cas de COVID-19 avaient été détectés parmi les joueurs du 30 décembre au 11 janvier, dont 7 au sein des Stars de Dallas.

Depuis, une centaine de joueurs ont raté au moins un match en raison du protocole instauré par la ligue, ce qui comprend les joueurs ayant été placés en quarantaine après un contact à risque ou après avoir été échangés. Plus de 35 parties ont dû être reportées.

Le commissaire Gary Bettman a évoqué des milliards de dollars de perte pendant que les équipes du circuit jouent à huis clos ou devant des foules réduites, selon les endroits. En temps normal, la vente de billets représente environ 50 % des revenus des équipes et la perte encourue est estimée à 2,5 milliards de dollars, selon Forbes.

De nouvelles ententes avec les commanditaires, notamment un affichage sur les casques, ainsi qu’un nouveau contrat de diffusion aux États-Unis devraient aider à éponger une partie de cette perte, mais Gary Bettman a prévenu que le plafond salarial imposé aux équipes n’augmenterait pas de sitôt.


MLS

La MLS est une autre ligue qui a dû interrompre ses activités en raison de la pandémie au printemps dernier. Mais contrairement à la NBA et à la LNH, sa saison ne faisait que commencer. L’interruption, le 12 mars, est survenue à peine deux semaines après le coup d’envoi.

Un homme portant des gants bleus désinfecte un ballon de soccer.

Même les ballons ont été soumis à des mesures sanitaires.

Photo : Reuters / USA Today Sports / Aaron Doster

Ce qui devait être une pause de quelques semaines s’est étiré jusqu’à la tenue, à partir du 8 juillet, du tournoi MLS Is Back dans une bulle à Walt Disney World, spécialement créée pour l’occasion. Le désistement du FC Dallas et du Nashville SC, deux équipes touchées par des éclosions de cas de COVID-19, n’ont pas empêché la tenue de la compétition.

En plus de la bulle mise en place pour le tournoi, la ligue a instauré en juin un protocole sanitaire qui est en vigueur depuis : port du masque obligatoire, sauf sur le terrain, distanciation physique lorsque possible et tests de dépistage fréquents.

Après le tournoi d’environ un mois, la saison a repris du 12 août au 8 novembre. À cause de la pandémie, le calendrier a été ajusté pour limiter les déplacements et le Nashville SC s'est temporairement joint à l’Association de l’Est pour la même raison.

Des chiens en carton dans les sièges d'un stade de soccer.

Le D.C. United s'est amusé quand est venu le temps d’installer des « partisans » en carton dans ses gradins.

Photo : usa today sports / Scott Taetsch

Comme les équipes canadiennes n’étaient pas autorisées à reprendre leurs activités à la maison, elles se sont installées aux États-Unis et ont rejoint des bulles régionales. Ces bulles n’ont pas complètement empêché la propagation du virus, qui a forcé l’annulation de sept matchs préalablement reportés et un remaniement du classement en fonction du nombre de points récoltés par matchs joués.

De nouveaux cas de COVID-19 ont été confirmés par la ligue presque chaque semaine à partir de la reprise de la saison. Des bilans hebdomadaires, du 28 septembre au 20 novembre, ont fait état de 73 nouveaux cas en l’espace d’un peu moins de deux mois, dont des membres du personnel.

Comme la LNH, la MLS a autorisé plus d’équipes à participer aux éliminatoires qu’en temps normal. Des 26 équipes de la ligue (elles seront 27 à partir de la prochaine saison), 18 ont pu y prendre part, contre 14 sur 24 en 2019.

Quant à la saison 2021, elle n’est pas encore commencée, mais elle a déjà été perturbée par la pandémie. Censée prendre son envol le 3 avril, elle a été retardée de deux semaines. Et, encore une fois, les équipes canadiennes devront se poser aux États-Unis pour jouer leurs matchs à domicile, faute d’être autorisées à le faire au Canada.

La MLS a rapporté des pertes d’un peu plus de 1 milliard de dollars en 2020 et anticipe un bilan financier semblable en 2021, pendant que le nombre de spectateurs admis dans les stades demeure limité, bien que croissant, aux États-Unis.


NFL

Contrairement aux autres ligues, la NFL n'a pas eu à interrompre sa saison à la mi-mars 2020 à cause de la COVID-19, puisque le Super Bowl LIV en avait déjà signalé la fin le 2 février.

Des préposés s'occupent de l'équipement devant un présentoir de bouteilles d'eau.

L'identification des bouteilles fait partie des nombreuses mesures sanitaires appliquées par la NFL.

Photo : Associated Press / Ted S. Warren

La pandémie a néanmoins compliqué l’organisation de la saison suivante et a perturbé les camps. Le Pro Bowl, les matchs préparatoires et les matchs prévus hors des États-Unis ont été annulés, mais la saison 2020-2021 a tout de même pu être présentée dans son format habituel de 256 matchs.

Elle s’est déroulée du 10 septembre au 3 janvier et le Super Bowl LV a pu être joué le 7 février à Tampa, devant 25 000 personnes… et 30 000 répliques de partisans en carton pour donner l’impression de gradins bien garnis.

Le virus a forcé le report de plusieurs matchs au cours de la saison, tandis que six éclosions ont été répertoriées dans les vestiaires de la fin septembre à la fin novembre, mais aucun match n’a été annulé.

Plus de la moitié des matchs ont été joués à huis clos, et seulement 108 des 256 rencontres de saison ont été présentées devant des publics allant de 500 personnes à autour de 20 000. Les foules étaient toutefois un peu plus nombreuses lors des éliminatoires, atteignant environ 30 000 personnes à Dallas.

La ligue a aussi dû se passer de 66 de ses joueurs, car ils avaient exercé leur option de renonciation à la saison. C’est bien plus que la moyenne, puisque cette option a été retenue par seulement 9 joueurs de la NBA, 6 de la LNH et 24 de la MLB.

Muni d'un masque et d'une visière, il croise ses bras.

Laurent Duvernay-Tardif fait partie des joueurs qui ont renoncé à participer à la dernière saison de la NFL, pour plutôt travailler dans le réseau de la santé.

Photo : Facebook/Laurent Duvernay-Tardif

Comme les autres grandes ligues sportives, la NFL a imposé un protocole sanitaire misant surtout sur des tests de dépistage quasi quotidiens (tous les jours, sauf les jours de match) et sur le port du masque en dehors du terrain, mais aussi sur les lignes de côté, sauf pour les joueurs à l’échauffement, et sur la distanciation.

La ligue s’est montrée plutôt transparente en matière de dépistage. Après la saison 2020-2021, elle a indiqué avoir réalisé tout près d’un million de tests auprès des joueurs et du personnel. Ils ont permis de détecter 262 cas parmi les joueurs et 464 parmi le personnel du 1er aout 2020 au 6 février 2021.

Quant à la saison 2021-2022, elle doit débuter le 9 septembre. La ligue envisage de revenir à 16 matchs par équipe plutôt que de passer à 17 comme elle le prévoyait, mais ce scénario n’est pas confirmé.

Et si elle a été transparente en matière de dépistage, la NFL a été moins claire au sujet des pertes financières entraînées par la baisse des cotes d’écoute et par la réduction importante du nombre de billets vendus. La firme Sportscom calcule toutefois que ses pertes se chiffreraient autour de 5 milliards de dollars.


MLB

La MLB était elle aussi entre deux saisons quand la crise sanitaire a éclaté. Mais la saison 2020, qui devait débuter à la fin mars, a été reportée encore et encore pour ne prendre son envol que le 23 juillet.

Un homme met un masque de procédure.

Tout le monde doit porter un couvre-visage sur les bancs de la MLB.

Photo : Getty Images / Ronald Martinez

Cela a été la saison de baseball la plus courte depuis celle de 1878. Seulement 60 parties ont été disputées entre cette date et le 27 septembre, soit sur une période d’à peine plus de deux mois. Tous ces matchs ont été présentés à huis clos.

Les Blue Jays de Toronto ont été forcés, comme les Raptors et les équipes canadiennes de la MLS, de jouer leurs matchs à domicile aux États-Unis, faute d’autorisation pour le faire au Canada.

Pour limiter les déplacements, chaque équipe n’a affronté que neuf adversaires, soit environ deux fois moins qu’à l’habitude. Chacune a joué 10 matchs contre les quatre adversaires de sa division, en plus de 20 matchs interligue. Une quarantaine de rencontres ont tout de même dû être reportées à cause de la COVID-19.

Quant à la Série mondiale, à la fin octobre, elle a été présentée après des éliminatoires où un nombre accru d’équipes ont été autorisées à participer, soit un total de 16 plutôt que 10. Contrairement à la saison, les éliminatoires ont été tenues dans quatre bulles à Los Angeles, San Diego, Arlington et Houston pour limiter les risques.

Une femme prend la température d'un homme. Tous deux sont masqués.

L'État de New York a recommencé à laisser les partisans entrer dans les stades, mais il leur demande de subir des tests de dépistage et des prises de température.

Photo : Reuters / Brendan McDermid

Les matchs joués à Arlington, dont ceux de la Série mondiale, l'ont été devant un public d’environ 11 500 personnes dans des gradins conçus pour en accueillir 40 300.

Divers ajustements ont été apportés aux règlements pour limiter les impacts de la pandémie autant que la propagation du virus. Les abris ont aussi été agrandis et on y a imposé le port du masque, tout comme à l’extérieur du terrain, en plus d’interdire aux joueurs de quitter leur hôtel sauf pour se rendre au stade lors des matchs sur la route.

À quelques jours de la fin de la Série mondiale, le 23 octobre, la ligue a annoncé que ses efforts de dépistage avaient permis de détecter 91 cas de COVID-19, dont 57 parmi les joueurs.

Le 5 mars 2021, elle a rapporté 25 nouveaux cas, dont 19 parmi les joueurs, à l’approche de la prochaine saison, qui doit débuter le 1er avril.

Les mesures sanitaires de la ligue ont aussi été renforcées, notamment pour imposer des bracelets de traçage.

Il est prévu que les Blue Jays s’installent de nouveau aux États-Unis. Les mesures de distanciation et les tests de dépistage fréquents seront maintenus, et la ligue a programmé un calendrier complet de 162 matchs.

Le commissaire de la MLB, Rob Manfred, a évoqué des pertes financières d’au moins 3,5 milliards de dollars pour sa ligue en raison de la pandémie. La firme Team Marketing Report croit toutefois que ces pertes pourraient atteindre environ 6 milliards.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !