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Abus dans le sport : « parfois, on accepte de tourner la tête »

Des nageuses artistiques en compétition

L'équipe de Natation Artistique Canada

Photo : Getty Images / Al Bello

Dans la foulée du recours collectif intenté par cinq anciennes nageuses artistiques de l’équipe canadienne qui disent avoir été victimes d'abus, de négligence et de harcèlement viennent des questions sur la responsabilité des dirigeants de Natation Artistique Canada (NAC), et sur une culture qui aurait pu se perpétuer danse l’organisation.

Le plus récent entraîneur visé par les allégations, Gabor Szauder, a conservé son poste l’automne dernier, malgré la fermeture du centre d’entraînement à Montréal en raison de plaintes formulées à son endroit par des membres de l’équipe.

Dans le document déposé en cour pour l'action collective, on peut lire que les conditions n’étaient pas meilleures sous la direction des trois entraîneuses précédentes.

Sylvain Croteau, directeur général de Sport'Aide, un organisme à but non lucratif dédié au bien-être des athlètes québécois, souligne qu’il faut aller plus loin que de simplement blâmer les entraîneurs. Il faut aussi s’interroger sur l’imputabilité des responsables de la fédération.

Il faut cesser d’être aveuglé par les médailles, les conquêtes, les trophées. Ils ne valent pas la santé psychologique et physique des individus. Il faut cesser d’être ébloui par les palmarès reluisants des entraîneurs.

Une citation de :Sylvain Croteau, directeur général de Sport'Aide

Comme organisateur de club, gestionnaire d’organisation sportive, il arrive que parfois on mette une pression indue sur les entraîneurs parce qu'on veut des résultats. Parce que ça peut être synonyme de commandites, synonymes d’entrées d’argent, d’inscriptions, de gloire… Parfois, on accepte les raccourcis. Parfois, on accepte de tourner la tête.

Depuis le 1er février, les athlètes québécois ont une ressource supplémentaire pour les aider s’ils s’estiment victimes d’abus, de négligence, de harcèlement ou de violence.

Ils peuvent en effet porter plainte auprès d'un officier indépendant plutôt que de passer par leur fédération. Cet officier aura le pouvoir d’exclure un agresseur présumé d’une communauté sportive et de proposer de la médiation entre les parties. Il pourra aussi convoquer en audience des personnes pour qu’elles témoignent devant un comité de professionnels et de gens du milieu. Il aura aussi comme mandat de faire des recommandations aux fédérations concernées.

Le poste, géré par le Regroupement Loisir et Sport du Québec, a été créé l’automne dernier par la ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest. Elle avait alors affirmé que c'était une réponse directe aux histoires terribles qui ont été révélées au cours des dernières années, dont celle de l'ex-entraîneur de ski Bertrand Charest.

L’officier des plaintes a été nommé le 1er février et la plupart des fédérations sportives ont déjà diffusé le processus pour porter plainte.

Comment porter plainte?

Par la plateforme Je porte plainte qui se trouve sur le site de toutes les fédérations sportives au Québec et de certains partenaires ou en contactant Sport’Aide au 1 833 211-AIDE (2433).

L’officier des plaintes est cependant une création provinciale et n’a pas vraiment juridiction sur les équipes et les fédérations sportives nationales.

Sylvain Croteau estime que ça n’empêchera pas les athlètes d’être protégés. On va s’assurer de faire le lien avec la fédération canadienne concernée pour solutionner et trouver une issue à ces problématiques que nos jeunes pourraient vivre.

Un des objectifs de Sport’Aide est d’assister et d'orienter les jeunes athlètes et les acteurs du milieu sportif, en répondant aux besoins des victimes afin de les guider vers les bonnes ressources d’aide.

Sylvain Croteau tient à souligner celles qui ont osé dénoncer les comportements répréhensibles dont elles ont été victimes.

Il faut saluer leur courage parce que ça donne le signal à d’autres qui vivent peut-être des situations négatives de pouvoir s’élever, dénoncer et refuser de tels comportements.

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