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La riche expérience d'Alex Burrows et comment il compte en faire profiter le Canadien

Il regarde l'action derrière le banc du Canadien de Montréal, où se trouvent quatre joueurs.

Alex Burrows (au centre)

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

VANCOUVER - À la bonne place au bon moment. C’est un peu l’histoire de sa vie. Professionnelle en tout cas. L’on saura bientôt si le parcours riche d’Alex Burrows est arrivé à point nommé pour une équipe qui, jusqu’à tout récemment, était en panne d’inspiration.

Les résultats sont spectaculaires. Il ne faut pas que s’attarder aux chiffres, mais il demeure que la Ligue nationale est une entreprise de gros sous. Pour en faire, il faut gagner, obtenir des résultats. C’est, ultimement, la seule unité de mesure qui compte.

Burrows connaît le tabac. Mieux que quiconque pourrait-on arguer. Depuis qu’on lui a confié les rênes de l’avantage numérique du Canadien, la transformation est totale. D’ailleurs, à ce propos, Burrows tempère.

Certes, il a les commandes de l’attaque massive, mais [il] passe par Dom. Et avec Luke (Richardson), on échange sur pas mal tout. Ce n’est pas comme si je fais tout ce que je veux pis que j’en parle pas à Dom.

On essaie de travailler en équipe, d’avoir un plan en tant qu’équipe. C’est moi qui explique le plan, qui m’assure que ce soit clair et précis pour les joueurs selon chaque équipe, à chaque match. Qu’il n’y ait pas de zones grises, a-t-il ajouté lors de sa première disponibilité médiatique depuis qu’il a été nommé entraîneur adjoint le 24 février.

C’est donc 5 buts en 11 occasions (45,5 % d’efficacité) en 6 matchs sous l’ère Burrows. Tous les buts sont venus de l’unité de Jesperi Kotkaniemi et de Jeff Petry, traditionnellement la seconde à s’élancer, mais à laquelle il a refusé d’accoler un numéro, les deux attaques à cinq étant interchangeables selon lui.

Et, pas d’inquiétudes, il a un plan pour relancer celle pilotée par Nick Suzuki, Jonathan Drouin et Shea Weber. Il semble toujours avoir un plan. Depuis toujours. Il le fallait bien.

Long détour

Lointaines sont ces soirées à manger une cuisse de poulet froide dans un autobus quelque part entre Greenville et Kalamazoo. Cette époque à s’échiner dans l'ECHL, alors la East Coast League, pour quelque 350 piasses par semaine. Ces souvenirs pour Burrows datent d’une vingtaine d’années, mais l’on sent bien qu’il ne les a jamais oubliés.

Quand il affirme que chaque jour passé dans la Ligue nationale est une bonne journée, formule parfois creuse, impossible de douter de sa sincérité.

Il s’est dit surpris de l’appel de Marc Bergevin le mercredi 24 février tard le soir après le match du Tricolore contre Ottawa.

Il était sous le choc, mais fébrile, à l’idée de se joindre au Canadien. Il a averti sa femme en faisant ses valises et a quitté la maison à 6 h le lendemain avant même le réveil des enfants.

Une autre étape dans une vie par ailleurs mouvementée au cours de laquelle le natif de Pincourt n’hésite pas à affirmer qu’il a décroché un postdoctorat à l’université du hockey.

Le Canadien de Montréal : la consécration pour un jeune homme de la région qui agaçait ses coéquipiers des Canucks à l’époque pour écouter les matchs du Bleu-blanc-rouge alors même qu’il portait les couleurs d’une autre formation.

Alex Burrows, des membres du personnel et des joueurs du Canadien de Montréal regardent l'action.

Alex Burrows (à droite)

Photo : Canadien de Montréal

C’est la passion pour la game. C’est vraiment ça […] J’ai eu la piqûre en grandissant dans les années 80. Les cassettes, les VHS du Canadien, je demandais à ma mère qu’elle m’enregistre les première et deuxième périodes parce qu’il fallait que j’aille me coucher, a raconté Burrows.

Quand le Centre Bell a ouvert, on se faufilait avec mes chums et on capotait de voir la chambre des joueurs, la passerelle. Dans la rue, on se prenait pour Mats Naslund, Paul DiPietro, Éric Desjardins et Patrick Roy.

Pendant un temps, il s’en est senti bien loin, de la LNH (peut-être parce qu'il est probablement le seul hockeyeur professionnel en devenir à avoir rêvé de Paul DiPietro). Deux années complètes dans l’ECHL. Quand il a été renvoyé dans cette ligue pour la troisième saison de suite, Burrows était sur le point d’abandonner.

Mes amis finissaient l’université. Je me suis dit : "Si je suis toujours dans la East Coast à Noël, je pack mes affaires".

Une citation de :Alex Burrows

Quatre matchs plus tard, il était rappelé dans la Ligue américaine. Le lock-out est arrivé, la saison de la LNH a été annulée et Burrows a gagné du galon avec le Moose du Manitoba sous l’égide d’Alain Vigneault.

De la LAH au quatrième trio des Canucks, jusqu’au premier et jusqu’au privilège de jouer avec les jumeaux Sedin, ce pan de l’histoire est connu. Sa réputation de travailleur acharné, de joueur enthousiaste et communicatif n’est pas surfaite. Daniel Sedin racontait récemment, dans La Presse, à quel point il a toujours cru que Burrows finirait là où il est aujourd’hui.

Je suis vraiment un nerd du hockey. Je regarde des matchs tous les soirs, j’en mange. J’ai appris beaucoup. J’ai vécu des moments difficiles. Plus rien ne me surprend.

Une citation de :Alex Burrows

Les vagabonds du hockey, les troubadours, ceux qui traînent leur baluchon d’une ville à l’autre sans jamais perdre espoir jusqu’à, finalement, atteindre les plus hauts sommets, jouissent d’un immense respect parmi leurs pairs. On dit parfois que ces travailleurs acharnés qui se sont battus pour chaque pouce de terrain forment de meilleurs entraîneurs que les surdoués. Burrows n’a pas adhéré à la théorie, rappelant une autre fois que c’est surtout une question de passion.

À regarder les entraînements du Tricolore ces jours-ci, Burrows semble déjà apprécié. Les joueurs l’ont taquiné lorsqu’ils ont vu sa photo sur l’anneau d’honneur du Rogers Arena, lui demandant comment il avait fait pour se rendre là.

Au pic et à la pelle messieurs.

Alex Burrows (à gauche) et Pekka Rinne (à droite)

Alex Burrows (à gauche) et Pekka Rinne (à droite)

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

La philosophie

Burrows a 39 ans. Il a quitté le circuit Bettman en 2018 et s’est joint au personnel d’entraîneurs de Joël Bouchard avec le Rocket de Laval quelques semaines plus tard.

Clairement, voilà un homme d’une autre génération par rapport à Claude Julien ou Kirk Muller, sans désaveu aucun à ses deux entraîneurs d’expérience.

Quelques phrases clés sont ressorties de ce point de presse fleuve. Des fragments d’informations qui permettent de comprendre que les temps ont changé dans l'équipe.

Il n’y a qu’à regarder les entraînements, de prime abord. Dominique Ducharme n’hésite pas à diviser la glace en deux ou trois stations où différents groupes reçoivent les enseignements de Burrows, Richardson ou Marco Marciano. Tout le monde est mis à contribution en même temps. Chaque exercice est longuement expliqué et ne se déroule pas nécessairement à fond de train, mais plutôt à un rythme tempéré afin de s’assurer que tout le monde a bien compris le concept.

Finies les descentes à deux contre un en apparence superflues pour des joueurs de ce calibre. On entre en classe. C’est de l’enseignement pur. Et Burrows prend son temps, à l’instar de Ducharme, pour personnaliser son approche.

C’est un partenariat avec les joueurs. C’est à eux de le respecter, a-t-il fait valoir.

Un partenariat. Loin de la hiérarchisation. Ceci, encore.

Les jeunes sont peut-être un peu plus confortables de parler à un gars qui vient de sortir de la ligue par rapport à un gars plus vieux qu’ils voient peut-être plus comme une figure paternelle que comme un ami, a ajouté Burrows.

La nouvelle génération aime beaucoup la communication. Elle aime se faire expliquer les choses que ce soit bien ou moins bien. Je suis super à l’aise avec ça, les faire sentir en confiance. Je pense que je peux apporter une nouvelle voix au groupe d'attaquants, a-t-il renchéri.

Est-ce à dire qu’il y avait là une faille sous l’ancien régime? L’on ne se perdra point en vaines supputations et conjectures de mauvais aloi.

Burrows connaît cependant ses forces et sait s’y tenir. Il a un plan. Un plan pour tout.

Ce partenariat qu’il veut créer avec les joueurs, il le tient d’Alain Vigneault.

Quand Alain m’a nommé sur le groupe de leaders, un groupe de six ou sept joueurs. On se rencontrait aux deux ou trois semaines. Il voulait savoir comment on voyait ça, comment le jeu d’équipe allait. Il nous demandait ce qu’on voyait, lui nous disait ce qu’il voyait. On échangeait. C’était super professionnel et avec respect. C’est le coach qui prend la décision finale, mais on sentait qu’on avait un impact sur comment travailler. C’est comme ça qu’on a du succès, sur la même longueur d’onde. À la fin, Alain n’avait plus besoin de venir dans la chambre. Manny (Malhotra) dirigeait ça. On dirigeait notre plan de match, on savait sur quoi se concentrer.

Ce n’est donc pas l’organisation d’un putsch perpétré par Shea Weber qui ne veut plus devoir partager son vestiaire avec quiconque, c’est une philosophie différente. Basée sur l’entraide, l’écoute et la communication et prônée par un homme qui, comme il le dit lui-même, a pas mal tout vu.

En rafale

Le Canadien a tenu un entraînement d’un peu plus d’une heure, mardi, à Vancouver.

L’accent a été mis sur la transition en zone neutre et la façon de contrer les relances rapides de l’adversaire.

Dominique Ducharme a d’ailleurs laissé entrevoir des combinaisons de trios différentes. Brendan Gallagher évoluait à la droite de Tyler Toffoli et de Jesperi Kotkaniemi; Josh Anderson était de retour en compagnie de Jonathan Drouin et de Nick Suzuki et Joel Armia avait rejoint Tomas Tatar et Phillip Danault. Le quatrième trio était demeuré intact par rapport à la veille.

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