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Sur la bonne voie, pas toujours à la bonne vitesse

Brett Kulak, Adam Gaudette et Carey Price cherchent la rondelle du regard.

Carey Price (no 31)

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

VANCOUVER – Chaque fois que le Canadien semble prendre son élan depuis le début de l’ère Dominique Ducharme, une séquence malheureuse lui coupe les ailes. Rebelote lundi soir à Vancouver.

Avance, recule, avance recule : tel un adolescent qui teste, avec peu de succès, son habileté à se stationner en parallèle, le CH fait du surplace.

Pour la petite histoire, le Canadien a mené cette rencontre tout du long, pendant 54 min 42 s pour être exact. Mais son avance de 1-0 a disparu à 41 secondes de la fin du match en raison d'une mauvaise lecture en défense.

S’en est suivie une prestation hésitante en prolongation et les Canucks ont finalement tranché le débat 2-1 en tirs de barrage pour décrocher une troisième victoire de suite.

La grande maintenant (histoire).

Cette équipe parvient difficilement à mettre en marche toutes les facettes de son jeu d’un coup. Carey Price avait perdu ses repères, les unités spéciales allaient à vau-l’eau, le jeu défensif était poreux.

Voilà que le gardien vedette retrouve constance et intimidante prestance, que l’avantage numérique a marqué 5 fois en 11 occasions depuis qu’Alex Burrows en est le patron et que le désavantage a permis au Tricolore de demeurer dans ce match entre autres grâce à une démonstration exemplaire lors d’une supériorité de 5 contre 3 des Canucks pendant 1 min 25 s. C’est soudainement le jeu à égalité numérique qui s’effrite.

Non pas que Vancouver ait supplanté Montréal dans ce département, au contraire. Les joueurs du Bleu-blanc-rouge ont même obtenu 71 % des tentatives de tir en troisième période, pendant que l’équipe tentait de préserver ce mince avantage d’un but.

C’est aussi là que les quelques erreurs mentales sont venues contrarier les plans des hommes de Ducharme.

L’incurie des Canucks, car il faut bien dire les choses comme elles sont, jumelée à la combativité du Canadien aurait dû lui permettre de s’offrir un coussin un peu plus confortable sur lequel s’appuyer. Mais le il a été incapable de se le procurer.

Je pense qu’on aurait mérité mieux. Mais si on joue comme ça chaque match, on va avoir une chance de gagner chaque fois.

Une citation de :Phillip Danault

On a commis quelques revirements en zone neutre en deuxième période et ça a relancé leur jeu de transition, a finalement analysé Jeff Petry, auteur de son neuvième but de la saison.

Vancouver a effectivement commencé à prendre des couleurs au cours du deuxième engagement quand Adam Gaudette a réussi un tir à la réception directement dans l’enclave. Mais Price veillait au grain.

Le gardien a poursuivi sur sa lancée des derniers matchs et a montré son côté givré, celui qui permettrait à son équipe d’accéder aux séries éliminatoires et, qui sait, peut-être d’y faire du dégât. Le problème, comme dirait Forrest Gump, c’est qu’on ne sait pas toujours sur quoi on va tomber.

Quinn Hughes (no 43) esquive une mise en échec de Joel Armia (no 40).

Joel Armia (no 40) et Quinn Hughes (no 43)

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Lundi soir, il était au sommet de son art. En troisième période, Price a montré des réflexes félins sur un tir dévié de Travis Hamonic, il a été chanceux quand la rondelle a touché son épaule avant de frapper le poteau et il s’est montré magistral devant Brock Boeser. Une première fois en désavantage numérique en fin d’engagement et les deux autres en prolongation, dont un arrêt désespéré d’un plongeon à sa gauche.

La frappe imparable de Gaudette, qui a créé l’égalité, est devenue possible en raison de tout l’espace cédé dans le corridor à la gauche de Price.

On était peut-être un peu trop avancé sur ce jeu, et il y a un joueur qui s’est glissé derrière nous ce qui lui a permis de faire le jeu sur le côté faible, a expliqué Ducharme.

En d’autres mots, Phillip Danault aurait peut-être dû surveiller Bo Horvat, auteur de la passe à Gaudette, un peu plus étroitement. Josh Anderson n'aurait probablement pas dû être attiré par Hughes, puisque Jonathan Drouin lui mettait déjà la pression. Ben Chiarot a peut-être trop tenté de couper le centre de la glace quand Gaudette étirait le jeu sur l'aile. De petites erreurs au mauvais moment. Ultimement, c'est toutefois un tir parfait non voilé du cercle de mise au jeu qui a battu Price.

Une prolongation plus tard, le CH retraitait au vestiaire la queue entre les jambes. Mais Price, lui, est demeuré solide tout du long.

Peu importe les hauts et les bas, il se relève toujours, nous a rappelés Danault.

Je me sens mieux, a ajouté le portier avant de lancer des fleurs à ses coéquipiers qui, estime-t-il, ont resserré le jeu devant lui.

Price a beau travailler avec Marco Marciano, entraîneur des gardiens par intérim, et avec Sean Burke virtuellement en attendant qu’il termine sa quarantaine, le changement dans son attitude et dans ses performances s’est opéré le soir du congédiement de Stéphane Waite. Le boulot avait commencé en amont.

Depuis le 2 mars, le numéro 31 a engrangé 5 points sur 6 pour son équipe, montre une moyenne de 0,97 et un taux d'efficacité de ,965. C’est de cette excellence qu'aura à l’occasion besoin le CH pour redresser la tête dans une division où le jeu défensif, en dépit des 67 revirements de Quinn Hughes que nous avons dénombrés lundi soir, se stabilise.

La peur de perdre

Et il y a la prolongation, véritable bête noire du Canadien cette année. Montréal n’a toujours pas marqué en sept tentatives. Quatre défaites sont survenues à ce moment-là, trois autres en fusillade.

Ducharme a admis que le trois contre trois, il y a un bout qui devient mental. Petry et Danault ont écarté cette théorie, mais impossible de ne pas sentir cette nervosité qui teinte le jeu de l'équipe lorsqu’arrive cette phase de jeu. Les Montréalais ont très peu menacé, même lors des rares moments où ils ont eu le disque, suivant apparemment la stratégie de l’entraîneur qui recherche l’équilibre entre la patience et l’hésitation pour garder la rondelle le plus longtemps possible et épuiser l’adversaire.

On avait un plan de match. On voulait les fatiguer et, surtout, ne pas forcer un jeu qui leur donnerait un surnombre. Quand c’est bien exécuté, ça peut rapporter.

Une citation de :Jeff Petry

Pour l’instant toutefois, ça ne paie pas. Et le Canadien a déjà laissé filer trois points en six matchs en prolongation sous Ducharme.

Le jeu d’ensemble donne un bon résultat, les stratégies sont intéressantes, le gardien se replace et les unités spéciales ont pris leur envol. Même Jesperi Kotkaniemi prend du galon. Théoriquement, le Tricolore a tout en place pour passer la deuxième vitesse.

Il est certainement sur la bonne voie, mais tout le monde ne roule pas assez vite.

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