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Chronique

Si la tendance se maintient, le CH aura congédié Stéphane Waite pour rien

Agenouillé sur la glace, il discute avec un gardien.

Stéphane Waite travaillait avec les gardiens du Canadien depuis 2013.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

En vue des séries, les statistiques nous disent que les jeux sont presque faits dans la division canadienne de la Ligue nationale de hockey (LNH).

Les connaisseurs savent que le classement de la LNH n’est pas fluide et que les hiérarchies des quatre divisions changent normalement très peu au cours d’une saison.

Par exemple, lorsqu’on franchit le quart du calendrier habituel, vers la fin du mois de novembre, 75 % des équipes parmi les huit meilleures de leur association finissent par participer aux séries. Toujours dans le cadre d’une saison normale, lorsqu’on arrive au début de février et qu’il ne reste qu’une trentaine de matchs à disputer, la gelée est presque figée : 87,5 % des équipes qui détiennent une place pour les séries la conservent jusqu’à la fin.

Parce que les formations canadiennes ont généralement été épargnées par la COVID-19 depuis le début de cette saison écourtée, la Division nord vient tout juste d’entrer dans ce fameux segment des 30 derniers matchs à disputer.

Le Canadien (11-6-6, 28 points en 23 matchs) occupe le 4e et dernier rang donnant accès aux séries. Les hommes de Dominique Ducharme détiennent une avance de quatre points sur les Flames de Calgary. Les Montréalais jouissent en plus du luxe d’avoir disputé deux matchs de moins que les Albertains.

Pour leur part, les Canucks de Vancouver et les Sénateurs d’Ottawa sont largement distancés. Détenteurs du 6e et avant-dernier rang, les Canucks devraient maintenir une moyenne de réussite d’environ ,750 au cours de leurs 28 dernières rencontres pour se faufiler. C’est mathématiquement possible, mais il faudrait un miracle pour que cela se produise.

En temps normal, une fin de calendrier disputée en mode pilote automatique assurerait presque le CH d’une participation aux séries. Au cours des six dernières saisons complètes de la LNH (de 2013 à 2019), seulement sept équipes sont parvenues à combler un retard de quatre points et plus sur la 8e place lorsqu'il restait une soixantaine de matchs à disputer. Imaginez l’ampleur de la tâche quand il ne reste que 30 rencontres à jouer.

Toutefois, la saison 2020-2021 est anormale, et c’est ce qui lui donne un charme particulier. Cette année, les équipes n’affrontent que des rivaux directs en vue d’une participation aux séries. Et la plupart du temps, elles croisent le même adversaire dans des séries de deux ou trois matchs consécutifs comme on le fait au baseball majeur.

Les fameux matchs de 4 points sont donc remplacés par des séries de 8 ou 12 points au cours desquelles le classement peut être complètement chambardé en trois ou quatre jours.

Le Tricolore entreprend lundi soir un périple de six matchs dans l’ouest du pays. En raison de tout ce qui précède, les affrontements les plus importants de l’équipe durant ce voyage seront ceux qui auront lieu à Calgary, jeudi et samedi. Pour les Flames, qui viennent aussi de procéder à un changement d’entraîneur, ces deux matchs constituent une occasion unique de réellement plonger dans la course aux séries.

Après ces deux matchs, Montréal et Calgary devront encore s’affronter cinq fois en avril. Cette série Canadien-Flames, donc, pourrait fort bien sceller le sort des deux formations.

***

Stéphane Waite a-t-il été congédié pour rien?

Dans une série d’entrevues qu’il a accordées lors des derniers jours, l’ex-instructeur des gardiens du CH a souligné, à juste titre, que le rendement de Carey Price allait forcément s’améliorer parce que l’équipe joue de façon plus structurée depuis que Dominique Ducharme a été promu au poste d’entraîneur-chef.

Si Carey joue devant une équipe bien organisée défensivement, il va redevenir fort. C’est la clé pour tout gardien de but. Si tu joues bien devant lui, il va automatiquement devenir meilleur. Et de beaucoup. Si l’équipe se replace défensivement, il n’aura plus besoin de se concentrer sur autre chose, de tricher, de vouloir en faire trop, alors il va redevenir meilleur, plaidait Waite dans La Tribune.

Quelques chiffres

Au cours des 4 derniers matchs, le Bleu-blanc-rouge a écopé d’une moyenne de 2,25 punitions mineures par rencontre, tandis qu’au cours des 19 rencontres précédentes, il était l’équipe la plus indisciplinée de la ligue avec une moyenne de 4,42 punitions par match.

En coupant de moitié les visites des joueurs du CH au banc des punitions, on a aussi réduit le nombre d'occasions de marquer de grande qualité qu’obtiennent les équipes adverses.

Par ailleurs, en misant davantage sur des options de jeux à pourcentage de réussite élevé et en jouant de façon plus alerte en zone défensive (notamment avec une meilleure utilisation des bâtons pour restreindre les couloirs de passe), le Tricolore a une fois de plus réduit le nombre d'occasions de marquer cédées à ses adversaires.

À ses deux derniers départs, Carey Price a affronté 10 occasions de marquer de qualité contre les Sénateurs d’Ottawa et 12 contre les Jets de Winnipeg.

Mine de rien, c’est une diminution de 27 % des occasions de marquer par match auxquelles Price avait fait face, en moyenne, depuis le début de la saison.

Et le résultat correspond à l’observation faite par Waite puisque Price a maintenu des taux d’efficacité de ,963 et de ,966 à ses deux dernières rencontres.

Le temps le dira. Mais si la tendance se maintient, Sean Burke pourrait bien avoir l’air d’un pompier arrivant sur les lieux d’une fausse alarme lorsqu'il rejoindra l’équipe après sa quarantaine, le 19 mars prochain.

Marc [Bergevin] m’a dit que son job était en jeu et qu’il était dans le trouble si Carey ne redevenait pas Carey. Et qu’il devait essayer quelque chose. Il n’y a pas d’autre raison [expliquant mon congédiement] que ça, avait aussi déclaré Stéphane Waite.

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