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De l’instinct et Ducharme

Anderson et Toffoli s'enlacent après un but.

Le nouveau trio composé de Jesperi Kotkaniemi, de Tyler Toffoli et de Josh Anderson a bien joué contre les Jets.

Photo : usa today sports / Eric Bolte

De la symbiose, du synchronisme, des réflexes bien ancrés, comme un sixième sens. C’est ce que voulait voir Dominique Ducharme de ses hommes avant de jouer avec ses combinaisons et d’implanter un peu plus la philosophie qu’il a en tête pour cette équipe, la sienne après tout.

Il disait aussi récemment qu’il sentait que ses petits ajustements étaient sur le point de porter leurs fruits. Que le trio de Phillip Danault, Tomas Tatar et Brendan Gallagher, une valeur sûre des dernières campagnes, s’apprêtait à retrouver sa touche offensive.

Le temps d’un petit samedi où, pour une fois, les joueurs des Jets auraient préféré passer la soirée à Winnipeg plutôt qu’à Montréal (cela est une blague), toutes ses prémonitions et ses souhaits se sont concrétisés par une gifle magistrale de 7-1 du Canadien au visage de l’adversaire manitobain.

Autant les victimes de pareille bastonnade souhaitent oublier la chose le plus vite possible, autant les vainqueurs doivent bien se garder de tirer de grandes conclusions d’un triomphe aussi délicieux après des semaines de dur labeur à patauger dans le marais.

Par contre, c’est quand même une indication qu’on a fait de bonnes choses aussi, a aussitôt rappelé l'entraîneur.

Il ne faut pas oublier les bonnes choses qu’on a faites. On va toujours chercher à jouer le match parfait, même s’il n’existe pas. On ne s’emballe pas avec ça. Je suis juste content que les joueurs soient récompensés comme ça.

Une citation de :Dominique Ducharme

Récompensés, l’eussent-ils été davantage que l’on aurait presque cru au match truqué. Tous les attaquants du Tricolore ont récolté au moins un point, sauf Corey Perry. Tous les joueurs des Jets, sans exception, ont terminé la rencontre avec un différentiel négatif.

Il y a des soirs comme ça. Des soirs où la défense adverse perd ses repères quelques instants et se fait assommer par quatre buts en neuf minutes. Des soirs où votre gardien fait des arrêts clés en début de match et paraît inébranlable par la suite. Des soirs où même les attaques prometteuses du rival se terminent en bâton brisé au moment de la frappe.

Contrairement à Ducharme, l’attaque du Canadien s’est emballée. Mais avant cela, avant que le gardien auxiliaire des Jets, Laurent Brossoit, remplace au pied levé Connor Hellebuyck avec la tête du gars qui a oublié d’étudier pour son examen de mathématiques, il y a eu un match. Un match serré pendant une trentaine de minutes.

Le flair de l’entraîneur et l’efficacité du trio de Danault ont fait la différence.

La main heureuse

La première présence de Jesperi Kotkaniemi dans le match en a dit long sur son état d’esprit. Une courte présence pendant laquelle le Finlandais a récupéré une rondelle libre en zone neutre, a tenté d’attaquer par le centre, a distribué deux solides coups d’épaule et est rentré séance tenante au banc d’un coup de patin assuré. Intense et hargneux, bref.

Kotkaniemi a eu droit à quelques compliments à l’entraînement matinal de la part de Jeff Petry ainsi que de l’entraîneur-chef. La plus belle preuve de confiance toutefois? Ducharme l’a flanqué des deux buteurs les plus prolifiques de l'équipe en Tyler Toffoli et Josh Anderson, de retour au jeu après une absence de trois matchs en raison d'une blessure au bas du corps.

Ce faisant, il démantelait la combinaison de Jonathan Drouin, Nick Suzuki et Anderson pour la première fois de la campagne, sans compter les matchs ratés par le numéro 17. Voyait-il suffisamment de synchronicité en ses joueurs pour tenter l’expérience? On peut le penser.

L’idée a payé. La combativité du trio de Kotkaniemi a provoqué un revirement en zone des Jets et a permis à Anderson d’ouvrir la marque. Le jeu était chanceux, certes, la rondelle ayant fait un ricochet inhabituel sur la baie vitrée, mais le trio a créé sa chance. Ce sont les trois mêmes larrons qui ont à nouveau embêté le trio d’Adam Lowry en deuxième période. Incapables de sortir de leur zone, les Jets ont redonné la rondelle à Shea Weber qui l’a poussée à Toffoli et c’était 2-0.

La bande à Kotkaniemi a essentiellement été opposée au troisième trio de Winnipeg, piloté par Lowry. De nos yeux de profane, il semblait y avoir là une stratégie sciemment dessinée par l’entraîneur. Que nenni, a-t-il répondu. Enfin, le vieux français en moins. Voyez plutôt.

Je n’aime pas trop choisir les confrontations (matcher, en anglais). Je ne veux pas être rigide dans les matchs parce que je trouve que, à moment donné, c’est le coach de l’autre équipe qui contrôle ton banc. C’est la même chose quand je suis à l’extérieur et que je sens ça. C’est comme si je peux contrôler. Je ne veux pas tomber là-dedans. On veut rendre nos gars responsables et à l'aise dans toutes les situations et faire en sorte qu’ils peuvent jouer contre n’importe qui, a-t-il expliqué.

N’empêche, l’idée d’éloigner les deux ailiers les plus productifs des deux premiers trios des Jets, gorgés de talent que c’en est presque indécent, n’était certes pas vilaine et a bien fonctionné. Ils ont réussi les deux premiers buts du match, probablement les deux plus importants. Le trio de Danault a porté l’estoc fatal, tandis que les autres buteurs sont simplement venus cracher sur la tombe des Manitobains.

Gallagher et Tatar lèvent les bras après un but.

Gallagher a connu sa première soirée de deux buts depuis le 23 mars 2019.

Photo : usa today sports / Eric Bolte

Voilà donc l’autre bonne nouvelle (pas la tombe, mais la tenue du trio de Danault). Les trois hommes avaient perdu de leur superbe ensemble. Tatar avait été laissé de côté. Danault n’a toujours pas marqué en 23 matchs. Seul Gallagher a continué à produire à son rythme habituel, et sans ses vieux complices.

Ils continuaient à dominer outrageusement la compétition en possession de rondelle – ils obtiennent encore 70 % des chances de marquer de grande qualité quand ils sont sur la glace, peu importe leurs adversaires – mais ils n’avaient réussi que deux buts à cinq contre cinq. Ils en ont marqué trois samedi soir. À leur manière.

Danault a beau clamer que ce n’est pas toujours à propos des points, parce que durant les cinq ou six derniers matchs [ils] jouaient vraiment bien, mais n’avaient pas de résultats, le rendement demeure l’unité de mesure principale de tout hockeyeur.

Cette fois, par leur rapidité, leur chimie, ils ont étourdi les Jets pour réussir deux filets en 3 min 24 s, en plus d'un troisième en fin de rencontre, pour mettre le match hors de portée des Jets.

Ducharme a bricolé une formation à son goût, avec du talent réparti un peu partout et la capacité d’exploiter les failles de l’adversaire. C’est ainsi que le Tricolore est bâti, ainsi qu’il doit gagner ses matchs. Mais cette prémisse d’une attaque dangereuse parce qu’équilibrée était basée sur une certitude : celle que le triumvirat Tatar-Danault-Gallagher allait poursuivre sur sa lancée.

Le CH a fait croire pendant 10 matchs qu’il pouvait gagner avec régularité sans leur apport constant. L’illusion s’est dissipée. Ducharme doit espérer les avoir relancés pour de bon. Question d’instinct.

Mathieu Perreault travaille habilement devant le filet de Price.

Mathieu Perreault a privé Carey Price d'un blanchissage avec un but en troisième période.

Photo : usa today sports / Eric Bolte

En rafale

Josh Anderson, Tyler Toffoli et Brendan Gallagher, deux fois, ont déjoué Connor Hellebuyck pour donner une avance de 4-0 au Tricolore. Joel Armia, Paul Byron et Jeff Petry en ont ajouté face au substitut Laurent Brossoit pour porter le pointage à 7-0 pour les Montréalais.

Mathieu Perreault a privé Carey Price d'un premier jeu blanc cette saison en le battant lors d'un avantage numérique en milieu de troisième période. Le portier du Canadien a bloqué 28 des 29 tirs dirigés vers lui.

Corey Perry est le seul attaquant du CH à ne pas avoir récolté un point au cours de cette rencontre. Tomas Tatar et Brendan Gallagher, nouvellement réunis, ont terminé le match avec trois points chacun. Avec 20:55 de temps de glace, Brett Kulak a été le joueur le plus employé par Ducharme.

Jesperi Kotkaniemi a remporté 13 de ses 15 mises au jeu pour un taux de succès de 87 %.

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