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Faire de l'activité physique pour contrôler les maladies chroniques

Il se tient la jambe et semble en douleur.

Un homme dans une salle d'entraînement

Photo : EvantoElements / LESZEK GLASNER

Christine Roger

Si vous souffrez d'une maladie chronique ou inflammatoire, le simple fait de vaquer à vos occupations quotidiennes peut être un défi de taille. Pourtant, faire de l’activité physique pourrait améliorer de manière importante votre qualité de vie.

Les maladies chroniques sont un ensemble de conditions qui inclut les maladies inflammatoires, auto-immunes, dégénératives et les problèmes de santé mentale, entre autres. Parmi les maladies inflammatoires les plus connues et répandues, il y a l’arthrite, les maladies intestinales comme la maladie de Crohn, la spondylarthropathie et l’arthrite juvénile idiopathique.

Le problème avec ces maladies est la présence dans le sang de molécules inflammatoires qui vont occasionner des dommages aux tissus et aux organes du corps humain. C’est un peu comme le feu qui va causer des dommages aux murs de ta maison si tu le laisses aller.

Une citation de :Dr Jérôme Ouellet, pédiatre spécialisé en médecine sportive

Plusieurs énoncés scientifiques (Nouvelle fenêtre) ont justement traité des propriétés anti-inflammatoires de l’activité physique et de ses bienfaits pour les personnes souffrant de maladies chroniques et inflammatoires.

L’exercice permettrait notamment de diminuer le gras viscéral, celui qui s’accumule autour des organes. Dans le cas d’une personne souffrant d’obésité, qui constitue une condition inflammatoire, le fait de diminuer ce mauvais gras permettra de faire baisser l’inflammation.

L'exercice physique va libérer dans le sang des molécules qui vont combattre l'inflammation et réduire dans le sang certaines cellules et composantes pro-inflammation. En résumé, l'exercice, lorsque fait dans des proportions saines, va faire pencher la balance du côté non inflammatoire, souligne le Dr Ouellet.

L’activité physique est aussi à conseiller pour les personnes qui ont des problèmes chroniques d’articulations, comme de l’arthrose ou de l’arthrite.

Par exemple, si l'intérieur du genou, ou de toute autre articulation, est en train de se dégrader, on est mieux de renforcer l'extérieur et les muscles qui l’entourent afin de réduire le stress à l'intérieur en l'envoyant sur des structures à l'extérieur qui sont capables d'en prendre, mentionne Jérôme Ouellet.

Un énoncé de principe avance aussi (Nouvelle fenêtre) que le sport serait particulièrement bénéfique pour les enfants aux prises avec une maladie chronique comme l’arthrite juvénile, l’hémophilie, l’asthme ou la fibrose kystique.

Les évidences démontrent clairement que, malgré les effets dévastateurs et limitants de ces maladies, la pratique régulière d'activité physique va non seulement améliorer la santé générale de ces enfants, mais en plus, on va améliorer le contrôle de ces maladies chroniques, ajoute le pédiatre.

Dans le cas de l’arthrite juvénile, l'activité physique permettra une amélioration de la santé osseuse et cartilagineuse et une meilleure amplitude articulaire. L’enfant aura aussi plus d’énergie et moins de douleur.

Un asthmatique développera quant à lui une meilleure capacité aérobique et on verra une diminution de l’hyperréactivité des bronches.

Pour une personne souffrant de fibrose kystique, l’exercice physique est une forme très efficace de physiothérapie respiratoire, qui est la pierre angulaire de leur traitement chronique. De plus, ça augmente la force de leurs muscles respiratoires, explique le pédiatre.

Il court sur le bord d'une route.

Un couple âgé fait du sport.

Photo : EvantoElements / ANDOR BUJDOSO

De nombreuses études ont démontré (Nouvelle fenêtre) que la pratique régulière de l’activité physique aura une incidence significative pour les personnes souffrant d’ostéoporose. Combiné à une bonne consommation de calcium et de vitamine D, le sport permettra de rétablir le déséquilibre créé par la maladie.

Le corps réagit lorsqu’on lui donne, en quelque sorte, des chocs. En pratiquant des exercices impliquant des impacts, comme la course à pied ou des sauts, le corps va bénéficier des vibrations en s’adaptant et en créant une masse osseuse qui va aider à combattre l’ostéoporose, explique Julie Graham, kinésiologue et propriétaire de Kinik.

Par où commencer et, surtout, comment s’assurer de faire de l’activité physique en toute sécurité? Il est toujours préférable d’être guidé lorsque l’on commence un nouvel entraînement, et l’encadrement est particulièrement indispensable pour une personne souffrant d’une maladie chronique afin de diminuer le risque de blessure et une aggravation de la condition.

L'idéal est d'avoir une équipe multidisciplinaire, notamment un médecin de famille, un médecin spécialiste, un nutritionniste, un ergothérapeute ou un physiothérapeute et un kinésiologue. II faut être en mesure de s’adapter à la maladie, et non pas l'inverse.

La musculation permettra de maintenir les acquis afin que la personne soit fonctionnelle à la maison. Il faut aussi prendre en considération les périodes de crise dans ces maladies qui sont souvent cycliques, dit Julie Graham.

Dans les phases où la personne est plus en forme, on va essayer de garder un rythme relativement régulier. Et même si elle doit ensuite ralentir le rythme, elle sera en mesure de maintenir ses capacités. L’objectif demeure que la personne puisse garder son autonomie, ajoute-t-elle.

Il n’est pas question ici de performance. L’idée est avant tout d’empêcher l’enlisement de ces personnes qui se retrouvent bien souvent dans l’inactivité en raison de leur fatigue et de leur douleur. L'exercice physique et le mouvement sont vraiment la pierre angulaire de leur processus de récupération.

L’activité physique ne fera pas disparaître la maladie comme par magie, mais ça améliore la qualité de vie et ça diminue l’intensité des symptômes, avance Julie Graham.

L'exercice, c’est bon pour la santé, au même titre que boire de l’eau, se coucher de bonne heure et manger sainement. Pour ces personnes souffrant de maladies chroniques, l’activité physique va aider à gérer les douleurs, à regagner de l'autonomie et à se libérer l'esprit un peu, ajoute le Dr Ouellet.

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