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Chronique

Et si on redonnait son filet à Price?

Il surveille l'action, un genou sur la glace.

Carey Price

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Sous prétexte de ménager Carey Price, est-ce qu'on n'est pas en train de le mélanger?

J’étais étonné et un peu déçu de voir Jake Allen dans le filet du Canadien jeudi soir contre les Jets de Winnipeg. Price a été solide mardi contre Ottawa. Il n’a joué qu’un match depuis une semaine. Était-il nécessaire de le reposer encore?

Quel message lui envoie-t-on?

Constatation

Price a connu les meilleurs moments de sa carrière quand on lui a donné toute la place. Il a remporté les trophées Hart, Vézina, Jennings et Lindsay en 2014-2015 en jouant 66 matchs. Son taux d’efficacité était à ,933.

Au fil de sa carrière, dans les rangs juniors, dans la Ligue américaine ou aux Jeux olympiques, quand on lui a confié le premier rôle – ouvertement et sans tergiverser – il a répondu.

C’est un fait. Vérifiable. Documenté.

L’été dernier, quand on a fait au CH l’aumône d’une place dans les séries, Price n’avait pas de rival. Il a été brillant contre Pittsburgh et Philadelphie.

Et maintenant, il aura beau dire qu’il comprend que la charge de travail est grande et que le calendrier est serré, il semble évident qu’il est pas à l’aise dans son nouvel emploi à temps partiel.

Il sait très bien que c’est lorsqu’il joue beaucoup qu’il est à son mieux.

Il comprend la pertinence de donner un match à Jake Allen quand l’équipe joue trois rencontres en quatre soirs. Mais cette situation ne s’est produite que trois fois depuis le début de la saison et Allen a pourtant joué son neuvième match contre les Jets.

Price est-il fini?

Bien sûr que non!

Price serait joueur autonome demain qu’il recevrait des offres de partout.

La question n’est là que pour nous rappeler qu’en général, si un athlète d’élite connaît un passage à vide, mais qu’on croit encore en lui, on passe l’éponge. On lui accorde le bénéfice du doute.

Alex Ovechkin n’a que 7 buts cette saison, mais il est encore l’attaquant le plus utilisé des Capitals. On ne l’a pas relégué au troisième trio ni à la seconde unité en avantage numérique.

Sidney Crosby a 18 points en 20 matchs. À une autre époque, il en amassait 35 en 20 rencontres. Il est encore l’attaquant le plus utilisé des Penguins de Pittsburgh.

On ne se pose même pas de question.

Le ménage-t-on trop?

Est-on en train de mélanger Price sous prétexte de le ménager?

Shea Weber continue de jouer plus de 23 minutes par match. Jeff Petry et Ben Chiarot, plus de 22 minutes chacun. Comment ça se fait? Ils ne se fatiguent pas, eux?

Pourquoi Price?

Une nouvelle voix

Pour expliquer le départ de Stéphane Waite, Marc Bergevin a parlé de la nécessité d’une nouvelle voix dans l’entourage de son gardien. C’est très défendable. On peut raisonnablement croire qu’après huit ans, Stéphane Waite avait enseigné à Price tout ce qu’il pouvait lui enseigner.

Waite était devenu une sorte de répétiteur qui faisait faire ses gammes à Price.

La voix change. Mais le message?

Ce qu’on laisse entendre à Price, c’est que dans 40 % des matchs, on préfère utiliser son substitut.

Et ce faisant, on insécurise un gardien dont on espère qu’il soit sécurisant.

Pourtant, ne sait-on pas que si le Canadien gagne, ce sera avec Price et pas avec l’ancien gardien numéro 2 des Blues de Saint Louis?

Il faut lui redonner son filet.

Les jambières

Un mot encore. Une impression. Quelqu’un devrait aussi redonner à Carey Price ses jambières blanches. Celles en rouge sont bien jolies, mais constituent à mon avis un repère trop avantageux pour ses rivaux.

Quand un attaquant n’a qu’une fraction de seconde pour saisir une passe et tirer au filet, il tire en direction générale du filet.

S’il est doté d’une bonne coordination oculomanuelle et qu’on lui propose en plus un beau gros repère tout rouge pour mieux viser, l’attaquant en tirera forcément profit.

Price ne devrait pas donner à ses rivaux cet avantage additionnel.

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