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La prolongation, une tare qui fait mal au Canadien

Brendan Gallagher perd pied devant l'attaquant des Jets, les deux joueurs à la poursuite de la rondelle.

Pierre-Luc Dubois a marqué en prolongation pour permettre aux Jets de battre le Canadien.

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Dominique Ducharme manque de temps. L’entraîneur et son équipe tentent de le rattraper et de l’utiliser à bon escient pour corriger toutes ces petites lacunes qui plombent le CH depuis un mois maintenant. C’est un luxe qu’il ne pourra pas s’offrir.

À l’image des 30 autres équipes de la Ligue nationale, le Canadien n’en aura que peu, du temps, d’ici la fin de la saison. Contrairement aux autres toutefois, il compte sur un nouvel entraîneur-chef, une recrue dans ce poste à ce niveau qui plus est, qui mène de front de nombreux combats.

Il y a la confiance d’un gardien vedette à rebâtir, l’intégration d’un nouveau personnel d’entraîneurs à compléter, la relance des unités spéciales, une défense inconstante à polir et le jeu en prolongation à améliorer, parmi d’autres.

Certaines facettes, comme les unités spéciales, par exemple, qui ont encore réussi un but dans la défaite de 4-3 en prolongation contre les Jets, prennent du galon. D’autres stagnent.

Considérant le peu de temps que le Tricolore dispute à trois contre trois dans une saison, l’on comprend que ce ne soit pas la priorité de Ducharme.

Maintenant que l'équipe a perdu les six duels qui ont nécessité une prolongation ou des tirs de barrage, cet aspect du jeu presque anecdotique revêt une grande importance. Ce sont six points bêtement volatilisés. Avec les Flames de Calgary, installés au 5e rang de la division, désormais à deux points du CH, qui sait quel impact ces défaites auront au bout du compte.

Ce n’est pas à la base une priorité, mais ça le devient dans le contexte. Jonathan Drouin a raconté que l’équipe avait travaillé un peu la question, notamment par des séances vidéo, mais pas encore à l’entraînement.

Il va falloir qu’on se dépêche parce qu’on perd des gros points en prolongation, a admis Drouin, qui a préparé le but égalisateur à 1 min 24 s de la fin de la rencontre.

Le hockey est un sport où les joueurs tentent d’organiser le chaos, de le plier à leur volonté pour en imposer leur version aux adversaires. Ce sentiment est décuplé quand des joueurs de ce talent ont autant d’espace sur la glace à trois contre trois.

Ça se joue davantage à l’instinct, a convenu Drouin, mais il y a tout de même possibilité de structurer tout ça, d’enchaîner Ducharme.

À certains moments, on a forcé des jeux qui n’étaient pas nécessaires ou on a pris des lancers quand c’était à faible pourcentage. On veut contrôler plus la rondelle. Il faut être plus patient. Les deux contre un, il faut que tu les prennes. Il faut en profiter. Les autres moments, il faut être plus patient, les travailler à long terme, prendre le temps de faire un autre changement. Il y a des choses qui se corrigent avec la vidéo, et des choses avec la pratique, a indiqué l'entraîneur.

Le Bleu-blanc-rouge dispute 16 matchs au mois de mars, bénéficie de quatre jours de congé et de deux jours de déplacement. Il y a donc neuf séances d’entraînement dans tout le mois; il en reste sept. Il est fort possible qu’une autre journée de repos se glisse dans l’horaire. Et Ducharme aura toujours d’autres éléments à corriger dans le jeu de sa troupe avant de mettre l’accent sur la chose.

C’est un vilain cercle. Vicieux, même.

On a montré du caractère. Les choses qu’on a moins bien faites sont corrigibles facilement.

Une citation de :Dominique Ducharme

Certains diront qu’il faut simplement laisser le talent brut s’exprimer et écarter de l’exercice des joueurs comme Ben Chiarot, Shea Weber ou Joel Armia qui ont tous eu droit à leur tour en prolongation jeudi soir. C’est d’ailleurs Armia qui est entré en collision avec Jeff Petry. Cela a ouvert la porte à Pierre-Luc Dubois pour le but vainqueur.

Ducharme a quand même osé en envoyant trois attaquants à deux reprises, à l’instar de son vis-à-vis, Paul Maurice, qui a utilisé presque exclusivement cette tactique, à l’exception d’une petite visite de l’arrière Neal Pionk.

Drouin a eu droit à une seule présence, mais parce qu’il avait des crampes (aux jambes, estime-t-on), nous a appris l’entraîneur après la rencontre.

Les Jets, eux, font jouer leurs gros canons, a résumé Tyler Toffoli. C'est simple, mais efficace. Et ça a fonctionné deux fois en cinq jours contre Montréal.

Le Tricolore a tout de même arraché un point aux Jets. Comme l’a souligné Ducharme, il a soutiré quatre points à ses trois dernières rencontres. Certes, mais les joueurs ont surtout tendance à retenir qu’ils ont perdu deux de ces trois matchs. Tyler Toffoli et Weber, malheureux représentants de l’équipe en point de presse virtuel, n’avaient pas la mine des beaux jours.

Brendan Gallagher perd pied devant l'attaquant des Jets, les deux joueurs sont à la poursuite de la rondelle.

Pierre-Luc Dubois

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Il faut dire qu’ils avaient chacun commis une bourde de taille qui a mené à un but des Jets. Toffoli a fait une passe dans l’enclave à Mathieu Perreault et le capitaine s'est montré trop agressif en couverture défensive, laissant le champ libre à Paul Stastny dans un deux contre un.

Des gaffes qui ont gâché un effort soutenu et deux remontées du Canadien à 0-2 et à 2-3, et, dans l’ensemble, un match bien disputé par leur équipe. Des erreurs qui se répètent d’une rencontre à l’autre et souvent créé par des vétérans.

Le genre de choses qui doivent être nettoyées, a expliqué Ducharme, mais qui sont aisément corrigibles, a-t-il pris soin de préciser. Reste qu’il doit se demander pourquoi elles arrivent, peu importe l’entraîneur, peu importe la structure ou le système de jeu implanté.

Il y aura des erreurs, mais ça devrait être moins fréquent plus on va avancer, a laissé tomber le capitaine.

C’est à souhaiter pour le CH. Pour l’instant, dès que l’équipe colmate une brèche, une autre lézarde apparaît. Sous la pression? La pression imposée par le directeur général, par le contexte, par eux-mêmes? Ducharme a encore du pain sur la planche.

On ne peut pas tout faire en même temps, a fait valoir l’entraîneur-chef.

Il le faudra bien pourtant.

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