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Mikaël Kingsbury est déterminé à conserver ses titres mondiaux

Il sourit devant une montagne.

Mikaël Kingsbury

Photo : Radio-Canada / Étienne Bruyère

Michel Chabot

Mikaël Kingsbury tentera, lundi et mardi au Kazakhstan, de défendre ses titres de champion du monde des bosses en simple et en parallèle, acquis en 2019.

Revenu à la compétition il y a un mois à Deer Valley, après s’être rétabli de fractures aux vertèbres T4 et T5 en décembre, le nonuple champion de la Coupe du monde avait remporté les deux épreuves à la station de l’Utah.

Depuis, l’athlète de 28 ans a pris un repos forcé qui lui a été bénéfique.

La première chose que j’ai faite après Deer Valley, ç’a été une quarantaine de deux semaines à la maison, raconte-t-il. Ça fait du bien à mon corps juste d’être chez moi et me reposer. C’est sûr que ce n’est pas ce qui est le plus efficace, mais en même temps, avec mon dos, c’était la meilleure chose à faire.

Après, j’ai fait six jours d’entraînement sur skis à Val Saint-Côme. J’ai eu un super bon camp, beaucoup mieux qu’avant Deer Valley. Je skiais avec beaucoup plus de confiance et mon dos ne me fait pas du tout mal. Je me sens presque à 100 %, donc.

Arrivés au Kazakhstan mardi, Kingsbury et tous les membres de l’équipe canadienne ont dû se plier au protocole du pays en matière de prévention pour la COVID-19.

Il a fallu qu’on se fasse tester 24 ou 48 heures avant de prendre l’avion au Québec. On est arrivés au Kazakhstan et, en rentrant dans le pays, on se faisait encore tester [...] On se fera tester tous les deux jours, mais nous sommes tous négatifs et nous sommes dans notre bulle, ensemble, et assez bien protégés. Donc, je ne suis pas trop inquiet.

Entre-temps, tous les membres de la délégation canadienne se gardent occupés du mieux qu’ils le peuvent.

On peut aller se promener en ville, mais il faut rester à l’écart du monde, précise Kingsbury. Ça fait du bien juste d’aller marcher dehors, sinon ça ferait deux jours que je serais dans ma chambre d’hôtel à ne rien faire. On a emporté de l’équipement de gym. Et dans notre corridor ici, tous les Canadiens sont là. On se fait des entraînements et on a la chance d’aller marcher une petite demi-heure dans le centre-ville sans croiser trop de monde.

La piste de la station de Shymbulak, à 25 km au sud d’Almaty, est une nouvelle escale depuis 2019 dans le monde du ski acrobatique. Et Mikaël Kingsbury est encore à la recherche d’un premier titre en sol kazakh.

C’est la troisième fois que je viens ici au Kazakhstan. Ce n’est pas nécessairement ma piste préférée. Ce n’est pas la plus difficile, mais les conditions ont toujours fait que ça n’a pas été évident. J’ai eu de bonnes performances ici, mais je n’ai jamais gagné, j’ai fini deux fois 2e, une fois en simple et une fois en duel (chaque fois derrière le Japonais Ikuma Horishima). Mais là, c’est la bonne et c’est celle que je veux gagner. Avec ma blessure, aux Championnats du monde cette année, j’ai une motivation supplémentaire.

Une citation de :Mikaël Kingsbury

Retour victorieux

Il s’y présentera en confiance après avoir gagné ses deux courses à son retour à la compétition le mois dernier à Deer Valley.

L’important, c’était de casser la glace, explique-t-il. Et je ne voulais pas me créer des attentes de fou en me disant que j’allais là-bas pour gagner. Je savais que j’en avais les capacités. Avant Deer Valley, j’avais 63 victoires en Coupe du monde et j’ai fait plusieurs podiums là-bas. Donc, d’avoir gagné les deux courses, ça m’a vraiment mis en confiance. C’est ça qui était le plus dur, d’être en confiance, comme on dit en termes de skieurs, d’être dans mes bottes quand j’atterris les sauts, parce que ma blessure était survenue sur un atterrissage, j’étais un peu trop dans mes bottes et j’avais culbuté par en avant. C’est ça qui est un peu plus difficile.

Il faut que tu skies en confiance pour gagner en Coupe du monde. Dans le portillon de départ là-bas, j’étais capable de l’être. Mais là, avec du recul, je dirais que ce sera différent ici. Ce sont les Championnats du monde et la glace est cassée. C’est sûr que ça m’enlève un peu de pression.

Mikaël Kingsbury célèbre après sa descente en finale.

Mikaël Kingsbury remporte l'épreuve des bosses en parallèle à la Coupe du monde de ski acrobatique, à Deer Valley, en Utah.

Photo : AP / Rick Bowmer

Déjà double champion du monde en titre et détenteur de quatre médailles d’or, le skieur de Deux-Montagnes n’est pas rassasié. En fait, son appétit n’a pas de limites.

Que ce soit les Jeux olympiques ou une Coupe du monde, même un Championnat canadien, pour moi, toutes les courses sont importantes, insiste Kingsbury. Je regarde chaque événement et chaque journée d’entraînement au jour le jour. Oui, les Championnats du monde m’ont aidé à me motiver et à m’assurer de bien me rétablir. C’est sûr qu’avec une année de pandémie et que j’ai raté trois courses qui font en sorte que je n’ai presque aucune chance d’aller chercher le globe de cristal, ça rend ces médailles d’or là un peu plus spéciales à mes yeux parce que je peux prouver quelque chose et finir l’année en disant que c’est moi le champion du monde en 2021.

Un improbable globe de cristal

Incidemment, il reste une épreuve de Coupe du monde, également à Shymbulak (13 mars), et il a encore une mince chance de gagner un 10e globe de cristal de suite, même s’il n’aura disputé que trois épreuves. Sixième au classement général avec 200 points, il se retrouve à 89 points de la tête, mais il doit absolument gagner. Une victoire pourrait toutefois être insuffisante. Il faudrait que tous ceux qui le devancent connaissent une mauvaise journée.

J’ai une tête dure et, tant que ce sera possible, je vais tout donner pour essayer de l’avoir. Mais en même temps, les cinq gars qui sont devant moi sont mes bons amis et je leur souhaite le meilleur. Ces gars-là méritent un globe de cristal. Il va falloir qu’ils se plantent tous pour que je le gagne. Mais c’est mathématiquement possible et je vais tout donner. C’est quand même bien de voir où je pourrai me rendre au classement général en ayant fait la moitié des Coupes du monde contre les gars qui les ont toutes faites.

Une citation de :Mikaël Kingsbury

Le calibre est encore plus fort que jamais auparavant, estime le champion olympique à Pyeongchang. Mais il est encore l’homme à battre.

Ce que j’ai aimé à Deer Valley, c’est que certains athlètes sont venus me voir pour me dire qu’ils ont dû hausser leur niveau d’un cran parce que j’étais là. Pour la première fois de la saison, les autres gars faisaient des doubles fulls et des 1080, qui sont les sauts les plus difficiles. La compétition est de plus en plus forte chaque année. Je revenais d’une blessure, donc je n’étais pas à mon sommet. Mais ce qui me met en confiance, c’est que je sais que je suis capable de gagner sans être à 100 %. Donc, je pense qu’ici je vais produire du meilleur ski.

Même s’il est à 10 000 km du Québec, Mikaël Kingsbury a eu vent des propos de François Legault, mercredi, au sujet d'une annonce qui sera faite la semaine prochaine en matière de sport. Auteur d’une lettre ouverte adressée au premier ministre quelques heures plus tôt, le célèbre bosseur a réitéré son plaidoyer.

J’appuie l’initiative d’Isaac Pépin, dit Kingsbury. Ce qui m’interpelle, c’est que ça fait un an qu’il n’y a pas de sport au Québec. En y pensant, je me revoyais à 14 ans. Le sport a toujours tenu une grande place dans ma vie. Je faisais du ski, mais je jouais aussi au baseball, je pratiquais plusieurs sports collectifs. Et c’était vraiment important pour moi parce que le sport, c’est ce qui me permettait d’aller à l’école et d’être motivé et concentré.

C’était bon pour ma santé mentale. Et un an sans sport, je pense que c’est difficile pour beaucoup de jeunes. Ce que je veux, c’est les appuyer et de faire bouger les choses dans la bonne direction. Ce que je souhaite, c’est que le sport reprenne sa place normale.

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