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Une première victoire pour Dominique Ducharme; les adieux de Stéphane Waite

Il lève les bras après avoir marqué.

Brendan Gallagher a ouvert la marque pour le Canadien.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Les balbutiements d’une nouvelle relation, prometteuse, la fin d’une autre et, au milieu de ce marasme, un Carey Price soulagé et détendu, autant devant son filet que devant les caméras après la victoire de 3-1 du Canadien contre les Sénateurs, mardi, à Montréal.

Cette première soirée victorieuse dans la Ligue nationale de Dominique Ducharme s’est achevée enveloppée d’une aura de mystère.

À 22 h 38 (HNE), quelques minutes après les entrevues virtuelles, le CH a annoncé avoir congédié l’entraîneur des gardiens, Stéphane Waite, complice de Price depuis huit ans et ami de Marc Bergevin qui l’a sorti de Chicago dès que l’occasion s’est présentée.

Moins d’une semaine, donc, après avoir remercié l’entraîneur-chef Claude Julien et son associé Kirk Muller, l’agitation ne diminue pas au septième étage du Centre Bell. Price et Jake Allen travailleront désormais avec Sean Burke, dépisteur professionnel pour l’équipe depuis 2016 et ancien entraîneur des gardiens en Arizona.

Pourquoi un autre congédiement, une secousse supplémentaire six jours après le séisme initial? Pourquoi maintenant? Une relation professionnelle de huit ans, ça peut s’user, évidemment, ça se dégrade. Possible que Price ait aussi eu besoin d’un nouveau messager. Possible que Bergevin ait jugé que le temps était venu. Possible que Ducharme et Waite n’étaient pas sur la même longueur d’onde.

Le directeur général et le gardien vedette devront fournir des réponses à ces questions lorsqu’ils s’adresseront aux médias mercredi.

Voilà pour le mouvement de personnel inusité, du moins par le synchronisme (ou le manque de), qui a soudainement plongé dans l’ombre le premier gain d’un entraîneur recrue dans le circuit Bettman.

Car il s’agissait bien d’une victoire d’équipe, d’un travail concerté auquel un peu tout le monde a contribué. Ducharme l’a bien résumé, sortir d’une séquence comme ça, ce n’est pas toujours avec la victoire la plus jolie.

C’est en revenant à la base que le Tricolore a mis un terme à cet embarrassant segment de cinq revers d’affilée. De l’agressivité en désavantage numérique – qui lui a permis d’écouler une punition de quatre minutes dès le départ – du jeu rapide en avantage, un soutien au porteur de la rondelle, des défenseurs engagés dans l’attaque, des attaquants intenses en repli défensif : autant d’éléments sur lesquels se penchait l’équipe.

À défaut de confiance ou d’exécution lisse, le Canadien a arraché la victoire en faisant de la peinture à numéros plutôt qu’un chef-d’œuvre.

On a eu de l’adversité. Ottawa joue de la bonne façon. Ils travaillent fort, ils travaillent bien. Il y a des détails dans leur jeu qui rendent les choses difficiles pour l’adversaire. Aussitôt qu’on sentait que notre niveau descendait, j’ai aimé que nos joueurs se regroupent dans ce qu’on avait mis en place, notre façon de penser, notre philosophie, a expliqué l’entraîneur par intérim.

Ducharme, de son propre aveu, est en avance sur son plan. Ses joueurs sont réceptifs, ce qu’a confirmé Brendan Gallagher, auteur du premier but de son équipe.

C’est ce qui me fait le plus plaisir là-dedans, a enchaîné l’entraîneur. On va pouvoir peaufiner ce qu’on a mis en place et même en ajouter, parce que je sens qu’ils en veulent.

Il tente de devancer son rival pour aller chercher la rondelle devant eux.

Jeff Petry (à droite) a inscrit le deuxième but du Canadien.

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

La valorisation

Ducharme a une philosophie bien simple : faire sentir à tous ses hommes que leur apport individuel est indispensable au succès du groupe. Il est relatif d’une personne à l’autre, il diffère, il varie, mais il demeure essentiel, que vous vous appeliez Carey Price ou Jake Evans.

Par exemple, il a expliqué vouloir limiter le nombre de joueurs qui évoluent en infériorité afin que, ceux qui le font, comprennent qu’il s’agit de leur rôle spécifique, se gonflent de leur importance jusqu’à un certain point.

Il en va ainsi pour tous les rôles. Jesperi Kotkaniemi a joué seulement 12 min 50 s, mais aucun autre joueur montréalais a passé plus de temps que lui sur la glace pendant l’attaque massive. Parce que le Finlandais dirigeait le trafic, repérait ses comparses, jouait avec hargne, semblait dans de bonnes dispositions, Ducharme lui a donné la chance de se faire valoir.

Phillip Danault gagnait des mises au jeu. Alors, il en a pris. Beaucoup. Quittant même ses ailiers à l’occasion pour aller aider un autre trio dans cette phase du jeu.

Et Price, le joyau de l’organisation, moins brillant que par le passé, mais tout aussi important, a été renvoyé devant son filet après quelques séances de travail privées avec Stéphane Waite. Le temps de lui dire au revoir, visiblement. Parce qu’à Montréal, il semble bien que ce soit SON filet, pour le meilleur et pour le pire.

Ce qui a rendu le numéro 31 bien humble après la victoire.

J’étais juste reconnaissant d’être de retour. C’était une occasion de me reprendre, a-t-il reconnu.

Quand quelqu’un est impliqué, peu importe la job, s’il a un impact dans le match ou dans sa job, il va mieux performer.

Une citation de :Dominique Ducharme

C’est l’évidence, mais c’est parfois difficile à appliquer même dans une petite PME d’une dizaine d’employés. Imaginez dans une équipe de sport professionnel où les résultats instantanés font foi de tout. Ou de beaucoup, à tout le moins.

L’une des forces de Ducharme ressort après seulement une semaine à la barre de l’équipe. Il y a un sentiment d’imputabilité qui croît. Et certains sont fort heureux de la tournure des événements et ça semble être le cas de Jonathan Drouin qui joue presque un rôle de meneur depuis trois matchs.

C’est d’ailleurs le Québécois qui est allé chercher la rondelle du match pour son nouvel (et ancien) entraîneur. Shea Weber la lui a remise après la rencontre. Cette victoire permet de rompre définitivement avec l’ancien régime. C’est un nouveau départ pour le Canadien, mais avec un soldat en moins.

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