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Sarah Pavan n'a pas dit son dernier mot

Elles célèbrent un point avec sa coéquipière.

Sarah Pavan

Photo : Getty Images / Kiyoshi Ota

Christine Roger

Pendant plus de 20 ans, Sarah Pavan a accumulé les exploits jusqu’à devenir championne du monde de volleyball de plage en 2019. La Canadienne n’a maintenant qu’un objectif en tête : décrocher une médaille d’or olympique.

Sarah Pavan n’avait que 14 ans lorsqu’elle a fait ses débuts dans le programme de l’équipe nationale de volleyball intérieur. À 16 ans, elle est devenue la plus jeune joueuse à être choisie en sélection canadienne.

C'est ma 21e année de compétition au niveau international, dit l’athlète de 34 ans. J'adore la poursuite de l'excellence. J'adore me fixer des objectifs et essayer de m'améliorer tous les jours. J'ai été très chanceuse. Je ne me suis jamais vraiment blessée. Je pense que ce serait dommage de quitter alors que mon corps va bien et que je m'améliore encore.

La Canadienne a connu une prolifique carrière avec l’Université du Nebraska, remportant notamment le titre en première division de la NCAA en 2006. Elle a aussi été choisie athlète de l’année la saison suivante. Ses performances sur le terrain ne l’ont pas empêchée de décrocher son diplôme en biochimie avec une moyenne parfaite de 4.0.

L'école a toujours été une priorité pour moi. J'ai compris à un très jeune âge que ma vie, en tant qu'athlète, serait plus courte que ma vie d'après. Et même maintenant, je cherche toujours à acquérir de nouvelles connaissances afin de me préparer à la vie après le sport, souligne-t-elle.

Elle crie et serre les poings.

Sarah Pavan

Photo : Getty Images / Kiyoshi Ota

Sarah Pavan ne s'attendait certainement pas à ce que sa carrière soit aussi longue. En 2012, l’équipe canadienne féminine de volleyball intérieur a échoué dans sa tentative de se qualifier pour les Jeux olympiques de Londres. L'athlète de 1,98 m (6 pi 6 po) s'est tournée vers le volleyball de plage à compter de 2013. La transition n’a pas été de tout repos entre ces deux sports en apparence similaires, mais très différents.

Avec sa partenaire de l’époque, Heather Bansley, elle est parvenue à se qualifier pour les Jeux de Rio, où elle a été éliminée en quarts de finale pour terminer en 5e position. Parallèlement, elle a poursuivi sa carrière en volleyball intérieur dans les rangs professionnels au Brésil, en Corée du Sud et en Chine.

C’est son association avec sa partenaire actuelle, Melissa Humana-Paredes, qui est venue donner un second souffle à sa carrière. Depuis 2017, elle a obtenu 10 médailles dans le circuit international de volleyball de plage. Le duo a aussi gagné l’or aux Jeux du Commonwealth en 2018.

Sarah Pavan a connu le plus grand moment de sa carrière en 2019 lorsqu’elle a remporté les Championnats du monde, à Hambourg, en Allemagne.

Avec ce titre, Pavan et Humana-Paredes ont assuré leur participation aux Jeux olympiques de Tokyo. Puis, au printemps, elle a appris le report des JO en lisant un article. Cette annonce a alors eu l’effet d’une bombe.

Ce n’est certainement pas la façon dont je m'attendais à l'apprendre. J’ai traversé toutes les étapes du deuil. J'étais fâchée, j'étais dans le déni, je suis devenue très triste. J'ai fini par l'accepter, mais ça a pris quelques semaines pour vraiment digérer la nouvelle. Je ne pouvais pas y croire et j'étais très fâchée au départ. Mais le temps a guéri les blessures.

Jamais il n’a été question pour l’athlète de renoncer à sa participation aux Jeux olympiques. La Canadienne prévoit même poursuivre pour un autre cycle olympique afin d’être à Paris en 2024. Elle aura alors 38 ans.

Les effets de la pandémie

La pandémie de COVID-19 est cependant venue compliquer les plans des championnes du monde. Au printemps dernier, Humana-Paredes est rentrée au Canada, alors que Pavan est demeurée en Californie, où elle habite. Entre les mois de mars et janvier, les deux athlètes n’ont à peu près pas eu l’occasion de s’entraîner ensemble. Pendant ce temps, la majorité des athlètes ailleurs dans le monde poursuivaient leur préparation.

L'équipe qui nous entoure a fait un travail incroyable pendant les quatre dernières années afin de s'assurer que nous allions atteindre notre plein potentiel au bon moment. Nous avons entièrement confiance en ces personnes. Évidemment, nous ne jouons pas à notre meilleur niveau présentement, mais quatre mois, c'est beaucoup de temps pour faire de petits ajustements et améliorations, assure-t-elle.

Depuis le mois de janvier, Pavan et Humana-Paredes ont renoué avec l’entraînement en Californie. Elles participeront, à compter du 8 mars, à un tournoi au Qatar. Le duo allemand formé de Karla Borger et de Julia Sude avait annoncé son intention de le boycotter en raison d'un règlement les interdisant de porter le maillot de bain. Les organisateurs du tournoi ont cependant rectifié le tir.

N’empêche, ces incertitudes, ainsi que la situation liée à la pandémie, ont poussé les représentantes de l'unifolié à réévaluer leurs intentions. Elles ont finalement pris la décision de s'envoler vers le Qatar il y a quelques jours à peine.

Nous sommes dans une situation unique, car nous sommes l'une des trois équipes à avoir déjà une place garantie à Tokyo. Nous savons que peu importe ce qui va arriver, nous serons là. Nous ne savions pas vraiment quoi faire, mais il n'y a pas beaucoup de compétitions possibles avant Tokyo. Alors ultimement, nous avons décidé que nous devions y aller.

Malgré son palmarès impressionnant, Sarah Pavan demeure méconnue de bien des Canadiens. Si l’intérêt pour son sport a grandement augmenté ces dernières années grâce à ses bons résultats, elle reconnaît que le volleyball et le volleyball de plage passent bien souvent sous le radar.

C'est un de mes objectifs, d'augmenter la visibilité du sport, et d'inspirer la future génération d'enfants en les encourageant à penser au volleyball quand ils veulent choisir un sport. Je veux leur permettre de voir qu'ils peuvent en faire une carrière, souligne l’Ontarienne originaire de Kitchener.

Sarah Pavan a littéralement grandi sur un terrain de volleyball. Sa mère a fait partie de l’équipe nationale, son père a joué et a été entraîneur. Très jeune, elle a compris qu’elle pouvait jouer dans la NCAA ou chez les professionnelles. Elle a eu des modèles qui lui ont fait croire que tout était possible.

Je veux agir à titre de mentor pour les enfants. Je leur apprends les occasions que le sport peut leur offrir. Je veux leur démontrer que c'est quelque chose qu'ils peuvent faire au-delà de l'école secondaire et même après l'université. J'ai passé beaucoup de temps ces dernières années à éduquer les enfants canadiens au sujet des occasions que le volleyball peut leur offrir.

Elles sourient.

Sarah Pavan et Melissa Humana-Paredes lors des Championnats du monde de volleyball de plage, à Hambourg, en 2019

Photo : bongarts/getty images / Martin Rose

Il n’y a cependant pas meilleure visibilité pour les athlètes et leur sport que les Jeux olympiques. La carrière de Sarah Pavan a été fructueuse jusqu’ici, mais il manque toujours la médaille d’or olympique à son tableau de chasse. Elle tentera donc de réaliser son rêve ultime à Tokyo, aux côtés de Melissa Humana-Paredes, pour qui ce sera une première expérience.

Mes buts ont tellement changé. Quand je jouais avec l'équipe nationale intérieure, juste le fait d'aller aux Jeux olympiques était l'objectif. Après avoir atteint ce but, tout a changé, confie-t-elle.

Être une médaillée d'or olympique serait l'apogée dans ma carrière d'athlète et je pense que j'ai trouvé la partenaire parfaite pour atteindre ce rêve. Je dois gagner.

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