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Quels joueurs du Canadien ont le plus d’impact dans les moments clés?

Il exulte après un but

Joel Armia est le joueur du Canadien avec le meilleur coefficient pour son apport dans les moments clés

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Comment évaluer statistiquement le rendement individuel des joueurs dans un sport d'équipe? Avec toutes les données qui sont devenues disponibles, peu importe le sport, on peut facilement s'y perdre.

Un texte d'Alain Usereau

La compilation de ces données et leur analyse occupent de plus en plus de place, ce qui est tout à fait normal, car la quête d'information est devenue primordiale dans toutes les sphères de la société. Et le sport n'y échappe pas.

Ce qui nous amène au hockey, un sport d'équipe où l'action est continue, avec une interaction constante entre chacun des joueurs. Les comparaisons avec d'autres sports, principalement le baseball, sèment le doute sur le bien-fondé et, surtout, la valeur de la nouvelle réalité statistique au hockey.

Le baseball et la nature séquentielle du déroulement d'un match semblent favoriser et faciliter l'étude statistique. Par contre, il serait contre-productif de rejeter du revers de la main des données disponibles, surtout dans une ère de recherche d'informations. Et même si on peut plus facilement isoler le rendement d'un joueur au baseball, il existe des outils statistiques pour évaluer des éléments qui interagissent entre eux, comme c'est le cas au hockey.

Il y a deux façons d'étudier les nouvelles données. Et ici, nous nous concentrerons sur le hockey. Il y a d'abord ce qu'on appelle de plus en plus le processus, c'est-à-dire les actions qui se déroulent pendant le jeu. Les entraîneurs le savent et le disent souvent : si l'équipe fait les bonnes choses et que les joueurs prennent les bonnes décisions, les résultats seront positifs.

Cela est exact et s'avère surtout sur une longue période. L'autre méthode d'évaluation repose directement sur le résultat. Dans ce cas-ci, on parle de victoires ou de défaites et, plus précisément, de buts marqués et accordés. Et l'analyse se base sur les résultats.

Au hockey, les buts et les passes ont toujours fait partie du paysage statistique. Mais tous les buts ne sont pas égaux. On conviendra qu'un but marqué dans une cause perdue en troisième période n'aura pas beaucoup de valeur.

Or, il est possible d'évaluer l'importance de chacun des buts marqués dans un match, selon la situation (égalité numérique, avantage, désavantage, filet désert, etc.), le pointage et le moment du match.

En compilant tous ces buts et leur importance, on peut établir un coefficient nous donnant un aperçu de l'apport d'un joueur dans les moments clés. Ce coefficient représente la probabilité de gagner avant et après le but. Le même procédé est utilisé pour calculer l'efficacité des golfeurs sur leurs coups roulés.

Par exemple, un but égalisateur marqué en milieu de troisième période augmentera de 30 % la probabilité de point dans le match, ce qui est énorme dans ce cas spécifique.

Les joueurs du Canadien

Voici maintenant le rendement du CH à l'issue du mois de février.

  1. Joel Armia : 2,00
  2. Brett Kulak : 1,44
  3. Jeff Petry : 1,40
  4. Joel Edmundson : 1,37
  5. Jesperi Kotkaniemi : 1,37
  6. Tyler Toffoli : 1,34
  7. Phillip Danault : 1,24
  8. Alexander Romanov : 1,17
  9. Brendan Gallagher : 0,95
  10. Jonathan Drouin : 0,67
  11. Corey Perry : 0,58
  12. Nick Suzuki : 0,46
  13. Victor Mete : 0,43
  14. Paul Byron : 0,21
  15. Josh Anderson : 0,05
  16. Ben Chiarot : -0,01
  17. Jake Evans : -0,09
  18. Tomas Tatar : -0,14
  19. Artturi Lehkonen : -0,30
  20. Shea Weber : -0,35

Félicitations à Joel Armia, qui devrait recevoir la plaque de l'employé du mois du Tricolore.

On peut se surprendre de voir Brett Kulak avec la meilleure note parmi les défenseurs. Cela signifie que, lorsqu’il est sur la patinoire, l'équipe a augmenté sa probabilité de gagner le match. Il serait juste de dire dans son cas que ses entraîneurs l'ont placé dans des situations lui permettant de se faire valoir de façon positive et, justement, Kulak a donné un rendement plus que satisfaisant jusqu'ici.

Phillip Danault, qui a obtenu la meilleure note de l'équipe l'an dernier, fait l'objet de critiques en raison d'une baisse marquée de ses statistiques à l'attaque. Par contre, ses missions sont aussi défensives et force est d'admettre qu'il se tire très bien d'affaire jusqu'ici avec une note positive, et contre les meilleurs trios adverses.

Quant à Shea Weber, à l'instar de Danault, on peut comprendre qu'il a beaucoup de responsabilités sur la glace. Mais il est inquiétant de le voir bon dernier parmi tous les joueurs du Canadien, compte tenu de son statut.

On pourrait se surprendre de voir si peu de joueurs avec une note négative. L'équipe a en effet un différentiel positif et se débrouille très bien à cinq contre cinq, la situation avec laquelle la corrélation est la plus forte afin d'avoir du succès à long terme. Mais voilà, le Bleu-blanc-rouge est l'exception avec ses insuccès dans les unités spéciales.

La bonne nouvelle, c'est que la situation, même si elle semble chronique depuis l'an dernier, est moins inquiétante que s’il y avait des problèmes à égalité numérique.

Les gardiens

Qu'en est-il des gardiens et de Carey Price? Les statistiques traditionnelles (moyenne de buts accordés et de buts par tirs au but) sont de très mauvais indicateurs de la réelle valeur d'un gardien.

De fait, la moyenne de buts accordés est plus une statistique d'équipe. Dans le cas de Price, il figure parmi les gardiens les plus redoutés année après année lorsqu'on regarde les sondages auprès des joueurs de la Ligue nationale. Je vais laisser à d'autres le soin d'analyser ce qui cloche sur le plan technique.

De façon générale, dans le hockey moderne, un bon gardien ne peut pallier les lacunes d'une mauvaise équipe, tandis que la plupart des gardiens de la Ligue nationale peuvent faire le travail derrière une formation de qualité. D'ailleurs, au cours des 10 dernières saisons, aucun finaliste du trophée Vézina n'a été en mesure de se rendre à la finale de la Coupe Stanley. Le dernier? Tim Thomas, des Bruins de Boston, en 2011.

Bien sûr, il est important qu'un gardien fasse son travail pour aller loin. Mais il est encore plus important que l'équipe joue bien pour qu'il performe. Dans ce contexte, on peut certes remettre en question la décision du Canadien d'avoir fait de Price LE joueur autour duquel on a bâti l'équipe.

Les meilleurs de la LNH

Regardons maintenant les meneurs du classement dans l'ensemble de la Ligue nationale.

  1. Mitch Marner (TOR) : 2,66
  2. Nino Niederreiter (CAR) : 2,56
  3. Nikolaj Ehlers (WPG) : 2,11
  4. Jakub Vrana (WAS) : 2,08
  5. Justin Faulk (STL) : 2,05

Une question importante quant à ce classement : y a-t-il une constance d'une année à l'autre? C'est ce qu'on devrait rechercher chez un joueur. Certains se démarquent effectivement, comme au centre, Patrice Bergeron, Ryan O'Reilly ou même Anze Kopitar avec les Kings. Dans le groupe des cinq meneurs, on peut mentionner que Marner et Vrana sont des habitués au cours des deux dernières années.

Cette étude se veut informative et ne constitue absolument pas LA statistique parfaite. Bien sûr, on n'arrivera jamais à la perfection.

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