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Une place pour le hockey féminin à Montréal

Vue extérieure d'un amphithéâtre pendant des travaux

L'auditorium de Verdun retrouvera sa façade d'origine d'ici la fin des travaux.

Photo : Ville de Montréal

Quand les hockeyeuses canadiennes vont sauter sur la patinoire au Championnat mondial en avril prochain, la moitié de l’équipe se sera entraînée au Québec grâce à la création du seul centre de haute performance en hockey féminin au pays.

Pendant que la grande majorité des ligues de hockey étaient immobilisées par la pandémie, Marie-Philip Poulin et plusieurs de ses coéquipières ont pu patiner au Centre 21.02 à l’auditorium de Verdun.

Hockey Canada a tenu un camp à Calgary en janvier et regroupe ses joueuses à nouveau lors de la première semaine de mars sur le site du Championnat mondial en Nouvelle-Écosse.

Entre ces camps ponctuels, les joueuses sont laissées à elles-mêmes, ce qui est caractéristique du hockey féminin.

Au hockey masculin, les joueurs qui représentent le Canada peuvent retourner dans leur réseau de compétition respectif entre les tournois, que ce soit des ligues midget, junior ou professionnel.

Du côté féminin, après le hockey universitaire, il n’y avait plus rien.

Maintenant, il y a le Centre 21.02, ainsi nommé pour rappeler la date du 21 février 2002, date de la première médaille d’or olympique canadienne en hockey féminin.

Une maison pour le hockey féminin

En rénovations depuis 2018, l’auditorium de Verdun devait devenir le domicile des Canadiennes de Montréal.

Après que l’équipe montréalaise et la Ligue canadienne de hockey féminin eurent cessé leurs activités au printemps 2019, un groupe mené par Danièle Sauvageau s’est assuré de récupérer les installations pour en faire profiter le hockey féminin.

Une équipe professionnelle féminine pourrait s’y établir et cohabiter avec le centre de haute performance.

Danièle Sauvageau y voit une base pour la pyramide du hockey féminin.

Ce qu’on veut créer, c’est le meilleur environnement possible pour permettre à nos Olympiennes d’atteindre le meilleur niveau de préparation pour les Championnats du monde et les Jeux olympiques, tout en gardant les meilleures de la prochaine génération pour qu’elles puissent éventuellement remplacer les joueuses de l’équipe nationale et éventuellement jouer pour une équipe professionnelle, explique-t-elle.

Le centre peut accueillir jusqu’à 40 hockeyeuses et leur fournir un encadrement professionnel.

Comme partout, la COVID-19 a compliqué les choses. À terme, les joueuses pourront avoir à tous les services sous le même toit, un peu comme les joueurs du Canadien à leur centre d’entraînement de Brossard.

Pour le moment, le gymnase n’est pas encore aménagé et les joueuses doivent traverser la ville pour profiter des services de l’Institut national du sport au stade olympique.

Les hockeyeuses ont l'habitude. À leur dernière saison, les Canadiennes ont disputé des matchs à la Place Bell de Laval, au Complexe Bell de Brossard et à l’aréna Michel-Normandin à Montréal.

Pouvoir s’entraîner jour après jour sur la même patinoire est un luxe pour des joueuses comme Ann-Sophie Bettez, une nomade du hockey féminin depuis sa sortie de l’Université McGill en 2012.

La première des choses : c’est l’fun de laisser notre équipement ici, lance-t-elle. C’est de base, mais auparavant, on allait d’un aréna à un autre, les heures changeaient… D’avoir ici une structure en place, c’est déjà quelque chose de bien pour le hockey féminin.

Combler le vide postuniversitaire

Ann-Sophie Bettez est un exemple parfait de la nécessité d’avoir un centre de haute performance pour faire le pont entre l’université et l’équipe nationale.

Joueuse par excellence du circuit universitaire québécois en 2012, elle s'est jointe aux Stars de Montréal de la Ligue canadienne la saison suivante et a été nommée recrue de l’année en terminant au premier rang des buteuses du circuit.

Elle patine avec la rondelle.

Ann-Sophie Bettez durant un entraînement des Canadiennes de Montréal.

Photo : Crédit : Louis-Charles Dumais LCHF

Année après année, elle a été l'une des meilleures joueuses du circuit, même si elle devait conjuguer sa vie de hockeyeuse avec un emploi.

Ce n’est que sept ans après sa carrière universitaire qu’elle a enfin eu sa chance avec l’équipe nationale.

Il est permis de croire que si elle avait pu s’entraîner à temps plein avec les Marie-Philip Poulin, Caroline Ouellet et autres, elle aurait pu progresser et attirer l’attention des dirigeants de l’équipe canadienne beaucoup plus tôt.

Karell Émard fait partie de la même génération que Bettez. Après l’université, elle a privilégié le marché du travail plutôt que le hockey.

De continuer à jouer au hockey dans ce temps-là n’était pas ce qui était le plus valorisant, et ce n’était pas nécessairement la meilleure décision à prendre, dit-elle.

Un peu comme Bettez, Émard n’a pu convaincre les dirigeants de Hockey Canada dès sa sortie de l’université. Qui sait ce qui serait arrivé si elle avait pu se consacrer au hockey pendant un an ou deux avant d’opter pour le marché du travail.

Trois ans après son séjour à l’Université St. Lawrence, elle est revenue au jeu avec les Canadiennes et elle y était toujours quand la ligue a cessé ses activités en mai 2019.

Si je continue à jouer, c’est pour que les prochaines générations n’aient pas à faire ce choix.

Au Canada, seulement un petit groupe de joueuses est appuyé financièrement par le programme d’aide aux athlètes.

Avec Hockey Canada, nous étions bien traitées. Mais il y a un groupe juste en dessous qui aurait mérité d’être aussi bien appuyé, lance Karell Émard.

D’avoir un centre comme ici, ça change tout. Ça change le support, ça change les opportunités et ça va augmenter le niveau du hockey féminin.

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