•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ce Montréalais entraîne des vedettes mondiales du soccer à Dubaï

Un homme pose dans un gymnase d'entraînement.

Nicolas St-Maurice

Photo : Gracieuseté de Nicolas St-Maurice

Christine Roger

Lorsque Nicolas St-Maurice a quitté Montréal pour Dubaï en 2012, jamais il n'aurait pu imaginer ce qui l’attendait. Un peu plus de huit ans plus tard, le Québécois est aujourd’hui l’entraîneur privé de certains des plus grands joueurs de soccer de la planète comme Karim Benzema et Trent Alexander-Arnold.

Celui qui a grandi sur la Rive-Sud a toujours eu un intérêt marqué pour le sport. Il a joué au soccer, au football, a fait de l’athlétisme et s’est finalement inscrit en kinésiologie à l’Université McGill.

Après sa première année au baccalauréat, il a rapidement décroché un emploi au club sportif MAA à Montréal. Puis, il a brièvement travaillé pour les Alouettes.

Quitter le Québec ne faisait pas partie de ses plans. L’appel d’un ami avec qui il avait étudié a tout changé.

Il voulait me convaincre de démarrer un gym à Dubaï. Pour être honnête, je suis allé voir sur la carte où c’était situé. Je n’en avais aucune idée, se souvient-il.

Il n’y avait pas de centre de haute performance là-bas. J'essayais de partir ma compagnie à Montréal. Et en Amérique du Nord, le marché est beaucoup plus saturé. J’avais 25 ans, aucune attache et j'ai donc décidé de plonger dans l’aventure.

Il est donc parti à l’été 2012. Son plan était clair : passer deux ou trois ans aux Émirats arabes unis afin d’amasser un peu d'argent avant de rentrer au Québec. Du moins, c’est ce qu’il croyait à l’époque.

Après trois ans à travailler avec son ami, il a choisi de démissionner afin de démarrer sa propre entreprise. Il savait qu’il voulait entraîner des athlètes, mais l’objectif paraissait parfois difficile à atteindre, surtout à 10 000 kilomètres de chez lui.

Pendant quelques années, pour parvenir à payer ses factures, il entraînait Monsieur et Madame Tout-le-Monde et est devenu un influenceur du fitness. Il a notamment fait la page couverture du magazine Men’s Health et a obtenu des commandites d’envergure.

C'était bien beau, mais ce n’était pas ça mon rêve. J'ai alors remarqué qu'il n’y a pas beaucoup d'athlètes de haut niveau qui habitent à Dubaï, mais il y a énormément de touristes. Beaucoup d’athlètes, principalement des joueurs de soccer évoluant en Europe, viennent passer leurs vacances ici, explique-t-il.

J’avais l’impression qu’il y avait un besoin de ce côté et il n’y avait jamais personne qui avait réellement capitalisé là-dessus, ajoute-t-il.

Il a alors dressé une liste d’une quinzaine de personnes qu’il connaissait à Dubaï et qui avaient possiblement des contacts avec des joueurs professionnels de soccer. Il espérait que quelqu'un ose lui donner sa chance.

Nicolas St-Maurice et Karim Benzema, joueur du Real Madrid

Nicolas St-Maurice et Karim Benzema, joueur du Real Madrid

Photo : Gracieuseté de Nicolas St-Maurice

C’est finalement par pur hasard que tout a commencé. Il y a environ quatre ans, une connaissance s’entraînant à son gymnase lui a demandé une référence en massothérapie pour Karim Benzema, le joueur du Real Madrid. Le Québécois a profité de l’occasion pour lui offrir ses services comme entraîneur.

À 2 h du matin, je reçois un message comme quoi Karim Benzema veut s’entraîner avec moi le lendemain matin. Quand je l’ai rencontré, ç’a cliqué. Le fait que je parle français a sans doute aidé.

C’est fou. Avant d’arriver à Dubaï, le Real Madrid était l’équipe que je suivais. Jamais je n’aurais pensé que le gars que je voyais à la télévision serait éventuellement mon client et même, mon ami.

Nicolas St-Maurice, entraîneur privé

Puis, peu de temps après, un concierge l’a mis en contact avec un joueur qui était alors dans l’académie de Chelsea, Fankaty Dabo. Il l’a entraîné gratuitement dans sa chambre d’hôtel. Le lendemain, le joueur était dans le gymnase de Nicolas St-Maurice. Le jour suivant, Dabo venait accompagné de son ami qui joue aujourd’hui pour le club de Nice, Jeff Reine-Adélaïde. Les joueurs ont commencé à parler de l’entraîneur sur les réseaux sociaux, à leurs coéquipiers et à leurs amis.

De fil en aiguille, Nicolas St-Maurice s’est bâti une réputation. Aujourd’hui, il compte parmi ses clients certains des meilleurs joueurs de soccer d'Europe. En plus de joueurs mentionnés précédemment, il travaille notamment avec Antonio Rudiger (Chelsea), Trent Alexander-Arnold (Liverpool), Benjamin Mendy (Manchester City), Dele Alli (Tottenham) et Aaron Wan-Bissaka (Manchester United).

Si plus de 80 % de sa clientèle provient aujourd’hui du monde du soccer, il a aussi entraîné plusieurs combattants de l'UFC, dont Alistair Overeem, l’athlète le plus impressionnant qu’il a pu côtoyer.

Ce gars-là, c'est un monstre. Ça fait 20 ans qu'il est combattant professionnel et ce n'est pas pour rien. Il mesure 6 pieds et 4 pouces, il pèse 260 livres et il est capable de faire n’importe quoi. Il peut sauter sur des boîtes de 54 pouces et faire 150 chin ups. C’est fou!

Ils montrent leur biceps gauche.

Alistair Overeem et Nicolas St-Maurice

Photo : Gracieuseté de Nicolas St-Maurice

L’industrie de l’entraînement semble avoir explosé à Dubaï ces 10 dernières années, mais Nicolas St-Maurice croit que la qualité n’est pas toujours au rendez-vous.

Le simple fait que j’ai un baccalauréat universitaire fait en sorte que je suis plus qualifié que 90 à 95 % des gens qui se disent entraîneurs ici. Tout ce que je fais est basé sur la science, affirme-t-il.

L’entraînement en force et en puissance fait partie du quotidien de tous les athlètes professionnels en Amérique du Nord, mais ce n'est pas le cas partout. Le Québécois remarque qu’au soccer, particulièrement en Europe, l’entraînement est avant tout axé sur l’endurance.

J'apporte une touche qu'ils ne connaissent pas trop. Les joueurs de soccer réalisent de plus en plus qu’ils ont besoin d’être plus explosifs, souligne-t-il.

C’est la fraction de seconde qui fait que tu arrives en premier au ballon, que tu changes de direction plus rapidement ou que tu sautes un peu plus haut pour faire la tête. Ce sont ces petites choses qui vont faire la différence, qui vont permettre de gagner un match, ajoute-t-il.

Nicolas St-Maurice prévoyait depuis longtemps d'offrir une partie de ses activités professionnelles en ligne. La pandémie de COVID-19 est finalement venue accélérer le processus. Cette nouvelle façon de travailler lui permet de collaborer avec de jeunes joueurs de soccer habitant en Europe, en Amérique du Sud et en Asie.

Parce que son projet, c’est aussi et surtout d’aider les jeunes joueurs de soccer. S’il est passionné par son travail, il avoue que le fait d’entraîner des célébrités est aussi pour lui un outil de marketing afin de toucher un plus grand nombre de jeunes athlètes qui seront les vedettes de demain.

Un gars de 16 ou 17 ans est prêt à tout faire pour réaliser son rêve. Il ne pense qu’au soccer, mais ne sait pas comment s’entraîner. Alors, je lui donne des outils, je le guide. Et là, tout d'un coup, il court plus vite que tout le monde, il a l’avantage et il signe un contrat professionnel.

Ça fait une différence dans leur vie et dans leur carrière et c'est ça qui me rend le plus heureux. C'est valorisant, reconnaît-il.

Celui qui deviendra papa pour la première fois cet été prévoit de rester encore quelques années aux Émirats arabes unis. Il a plusieurs projets en branle et est notamment sur le point d’accepter un lucratif contrat afin de travailler avec une équipe professionnelle basée à Dubaï.

Ça fait huit ans que ma mère me demande quand je vais revenir. Quitter le Québec pour Dubaï a sans doute été la chose la plus épeurante que j’ai faite. J’ai eu des moments difficiles, mais si je suis venu à l’autre bout du monde, loin de ma famille et de mes amis, c'est pour avoir quelque chose de substantiel à ramener au Québec, affirme-t-il.

Je veux que mon enfant aille à l’école au Québec, qu’il côtoie ses cousins, ses grands-parents. Mon rêve a toujours été de revenir au Québec et c’est certain que je vais le faire.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !