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Déplacer les Jeux de 2022 n'est pas réaliste, disent des organisateurs canadiens

Trois jeunes manifestants opposée à la tenue des Jeux à Pékin en 2022 manifestent devant les bureaux du Comité international olympique.

La tenue des Jeux olympiques à Pékin en 2022 dérange de nombreux militants pour les droits de la personne.

Photo : AFP / Fabrice Coffrini

Radio-Canada

Il est absurde d’envisager de retirer les Jeux olympiques de 2022 à Pékin pour les organiser ailleurs, prévient Dick Pound, l’un des trois membres canadiens du Comité international olympique (CIO).

Le chef du Parti conservateur, Erin O'Toole, et d'autres politiciens, dont la cheffe du Parti vert, Annamie Paul, et le chef du NPD, Jagmeet Singh, ont demandé le déplacement des Jeux d'hiver pour protester contre la manière dont le gouvernement chinois traite sa minorité musulmane ouïgoure.

Des inquiétudes ont également été soulevées concernant la répression par la Chine d’un mouvement prodémocratie à Hong Kong et la détention des citoyens canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor.

Ce que font les politiciens avec ce genre de demande de déplacer les Jeux à moins d'un an de la date prévue est ridicule, estime M. Pound, qui est aussi un ancien président du Comité olympique canadien. S'ils y réfléchissent pendant 30 secondes, ils savent que ce n'est pas possible.

Deux ouvriers sur un chantier

La préparation d'installations olympiques nécessite d'importantes mises en chantier.

Photo : Getty Images / Kevin Frayer

Deux des participants à l'organisation des Jeux d'hiver de 2010 s'entendent aussi pour dire que l'ampleur du processus logistique pour la tenue des Jeux rend un déménagement impossible.

Si un pays veut intervenir si tard, ce sera contre vents et marées, lance John Furlong, qui était à la tête du comité organisateur des Jeux olympiques et paralympiques à Vancouver.

Ça fait de beaux titres et de beaux débats, mais la vérité est que c'est beaucoup trop tard pour l'envisager.

Dave Cobb, qui était son directeur général adjoint, observe lui aussi qu'il faut des années pour préparer un tel événement.

C'est un projet tellement énorme que nous avons pris sept ans et nous avons eu besoin de chaque semaine de ces sept années pour être prêts.

Dave Cobb

L'ouverture des Jeux d'hiver de 2022 est prévue pour le 4 février, soit dans moins d’un an.

Des enjeux politiques, économiques et sanitaires

Un groupe non partisan de 13 députés a récemment publié une lettre ouverte appelant à la délocalisation des Jeux olympiques. Jean-Luc Brassard, médaillé d'or aux Jeux de Lillehammer en 1994, a signé la lettre, tout comme quelques ONG canadiennes.

Certaines voix, dont celle de la cheffe du Parti vert, se sont même élevées pour proposer de tenir ces Jeux au Canada. Mais les délais sont beaucoup trop courts, estime Dave Cobb. Dick Pound est du même avis.

Nous n'en avons certainement pas discuté et n'avons pas l'intention d'en discuter, a-t-il dit de façon catégorique lorsqu’interrogé à ce propos.

David Shoemaker, le chef de la direction du Comité olympique canadien, a également indiqué dans une déclaration que déplacer les Jeux maintenant serait presque impossible.

Vous pouvez certainement rêver et dire que vous pouvez le faire, mais personne ne pourrait raisonnablement dire "je pense que nous pouvons y arriver" et penser sincèrement pouvoir offrir une expérience digne du standard olympique.

David Shoemaker

Les coûts sont aussi un enjeu. Le budget estimé pour les Jeux de Pékin est de 4,9 milliards de dollars. Et l'argent que le CIO s'est engagé à verser à Pékin a déjà été dépensé, observe M. Furlong. Le pays hôte devrait donc faire des pieds et des mains pour trouver l'argent nécessaire au financement de l'événement.

Et tout ça, c’est sans compter la COVID-19 qui complique les calculs.

Combien de pays seraient prêts à accueillir tout le monde : les employés, les médias et tous les visiteurs, demande Dave Cobb.

Une rue du village olympique de Sotchi avec un stade en arrière-plan.

Certains proposent de réutiliser des installations olympiques comme celles de Sotchi, mais la plupart n'ont pas été suffisamment entretenues ou ne sont plus disponibles.

Photo : AFP

Retirer les Jeux à la Chine pourrait également avoir des implications juridiques et politiques.

Moshe Lander, maître de conférences en économie des sports, des jeux et des paris à l'Université Concordia, explique que cela serait considéré comme l'affront ultime par le gouvernement chinois.

C'est une sorte d'humiliation totale. Ils ne vont pas le prendre trop gentiment, croit-il.

John Furlong estime par ailleurs que cela risquerait de décourager des villes à se porter candidates pour recevoir les Jeux. Cela ferait sentir aux pays qu'ils sont vulnérables, que vous pouvez [déplacer les Jeux] à tout moment.

(D'après un texte de Jim Morris, de CBC Sports)

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