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Chronique

Il faut assouplir la quarantaine pour les athlètes canadiens

Plusieurs membres de la délégation canadienne à la cérémonie d'ouverture des Jeux de Rio en 2016.

Les athlètes canadiens voyagent partout dans le monde pour des compétitions à quelques mois des Jeux de Tokyo.

Photo : Getty Images / Dean Mouhtaropoulos

En début d’année, lorsque Dick Pound a dit que les athlètes devraient être vaccinés dès que possible pour assurer la tenue des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo, il y a eu un déferlement de haine sur les réseaux sociaux. À un point tel que David Shoemaker, le chef de la direction du Comité olympique canadien (COC), a vite fait une annonce officielle pour préciser que le Canada n’avait aucune intention d’exiger un quelconque passe-droit pour les athlètes.

C’était la bonne chose à faire dans les circonstances.

L’intention réelle de M. Pound a été clarifiée par la suite, mais le mal était fait. Ce qu’il avait omis de préciser était que cette priorisation devrait être considérée après la vaccination des travailleurs de la santé et des personnes âgées et vulnérables. Voilà une option plus raisonnable, mais stratégiquement, il vaut mieux mettre cela dans un tiroir jusqu’au moment où ces vaccins prioritaires auront tous été distribués, on l’espère, quelques mois avant le début des Jeux.

La raison pour laquelle je parle de cette histoire, c’est parce que nous vivons une autre situation chaude du genre. Par contre, dans ce cas-ci, je pense que le monde olympique et paralympique a un point qui se défend très bien sur la place publique. Il s’agit de la quarantaine imposée à tout athlète revenant d’une compétition à l’étranger. Cette quarantaine est en train de causer des maux de tête extraordinaires à ceux qui tentent de se préparer ou même de se qualifier pour bien représenter notre pays à Tokyo.

Pensez-y, près de 40 % des athlètes doivent encore se qualifier pour ensuite espérer être sélectionnés. Pour ajouter à ce stress, il ne reste que 100 jours exactement avant la date butoir de qualification internationale. Ils doivent donc voyager à l’extérieur du pays afin de participer à des compétitions critiques pour être admissibles aux Jeux.

Ils peuvent se rendre à peu près n’importe où, cela n’est pas le problème. Le problème, c’est qu’à leur retour au Canada, ils doivent s’isoler dans un hôtel pour quelques jours et ensuite faire une quarantaine comme quiconque revenant d’un voyage de plaisance. Je comprends que les camionneurs qui transportent nos bananes sont plus importants, mais quand je vois des agents de bord arriver avec leurs skis à l’aéroport de Vancouver pour aller à Whistler entre deux vols, pas besoin de vous dire ce que je pense…

À quelques mois de leur rêve olympique, croyez-moi, on peut être sûr que ces athlètes font absolument tout ce qu’ils peuvent pour éviter d’être infectés par le coronavirus. Le temps commence à jouer contre eux. Deux semaines dans une chambre, c'est dévastateur dans la dernière portion d’un plan d’entraînement olympique.

Je vais peut-être me faire lapider, mais je ne peux pas croire que, dans notre pays de 38 millions d’habitants, nous n’accepterions pas de permettre à quelques centaines d’athlètes, tout au plus, de suivre une quarantaine moins longue, selon certaines conditions.

À ceux qui vont me sortir des exemples d’autres domaines, S. V. P., les Olympiques, ça n’arrive qu’aux quatre ans, et un athlète qui ne bouge pas dans une chambre ou sa maison pendant deux semaines, il perd de son talent. Il n’y a pas vraiment d’autre domaine où l’on perd nos capacités si on est isolé quelques semaines dans une chambre.

Pour moi, ce serait simple : l’athlète doit présenter un test négatif avant de prendre son vol de retour et un autre test négatif à son retour pendant un isolement de sept jours au maximum. La science le prouve : après ces étapes, les risques sont presque nuls. Cela semble un compromis acceptable, non? Bien sûr, si j’étais un décideur, je proposerais une période encore plus courte. Mais comme dans le sport, il faut se donner des objectifs réalistes.

Si le gouvernement a encore peur de l’opinion populaire dans ce cas, j’aurais une autre solution à proposer. En fait, ce n’est pas mon idée, c’est celle de l’entraîneur d’une athlète très connue qui explorait des solutions avec moi, car cette situation est absolument catastrophique pour eux. Pourquoi ne pas se servir de certaines universités vides un peu partout au Canada pour offrir un lieu de quarantaine où ces athlètes pourraient au moins s’entraîner dans des conditions raisonnables tout en évitant les contacts avec la population?

Je pense qu’il faut évaluer toutes les solutions possibles afin d’aider nos athlètes qui doivent absolument voyager à l’extérieur du pays quelques fois d’ici l’ouverture des Jeux.

Je sens que nos politiciens hésitent toujours lorsque vient le temps de favoriser notre élite sportive. Pourtant, ils sont toujours fiers de prendre des photos avec eux lors de la visite parlementaire après les JO.

S’ils désirent avoir quelques médailles sur leurs photos et entendre l’Ô Canada cet été, je leur suggère de prendre rapidement la décision simple et abordable de raccourcir d’au moins de moitié la quarantaine pour tous ces porte-étendard de l’unifolié. Je vous en prie!

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