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Bjorn Johnsen au CF Montréal avec une envie de stabilité

Il lève les poings pour célébrer un but.

Bjorn Johnsen a récemment gagné la Ligue des champions d'Asie avec Ulsan Hyundai.

Photo : Getty Images / AFP

Olivier Tremblay

Dans d’autres circonstances, on serait jaloux de Bjorn Johnsen, de sa maison à Alicante et du ciel bleu d’azur en arrière-plan. Mais le nouvel attaquant du CF Montréal est un cadeau dudit ciel bleu d’azur pour les journalistes.

Vendredi, pendant près d’une demi-heure, grâce à sa volubilité et un peu à cause de son wi-fi fragile, le Norvégien d’origine américaine a fait le point sur les raisons qui l’amènent à Montréal, son 12e club depuis 2011, une tournée mondiale qui ne lui fait entretenir aucun regret.

Cela dit, à 29 ans, ce futur papa a, comme devrait l'avoir sa connexion Internet, un petit goût de stabilité. Pour certains, c’est l’occasion de pouvoir se coucher à 22 h tous les soirs. Pour Johnsen, c’est l’occasion de signer un contrat de deux ans et une année d’option dans une ligue qu’il connaît somme toute assez bien, comme il est né à New York et a grandi en Caroline du Nord.

C’est son père qui a donné à Johnsen l’idée de tenter sa chance en Europe, quitte à revenir étudier à l’université plus tard. Il a commencé par le pays du paternel, la Norvège. Puis l’Espagne et le Portugal, où il a fait des salaires de m**** avant un contrat lucratif en Bulgarie et un passage en Écosse.

Le filon montréalais tire ses origines de la suite : c’est lorsqu’il était aux Pays-Bas, pendant la saison 2017-2018, qu’un certain Olivier Renard, directeur sportif du Standard de Liège, l’a remarqué.

Olivier est la raison pour laquelle je suis à Montréal, a indiqué Johnsen. Il a commencé à me suivre quand j’étais à l’ADO La Haye. J’ai eu de bonnes conversations avec lui dans l’optique de signer à Liège. Je voulais y aller, mais j’ai eu l’offre d’AZ Alkmaar, et j’ai cru que c’était la meilleure option, parce que je restais dans le soccer néerlandais que je connaissais bien.

Après deux autres détours, c’est-à-dire un prêt en Norvège et une saison en Corée du Sud, où il a gagné la Ligue des champions d’Asie en décembre dernier, Johnsen a finalement accepté la proposition de Renard : celle d’un nouveau départ.

L’occasion d’apprendre de Thierry Henry, ça ne se refuse pas, a soutenu Johnsen. Le plus important pour moi, c’est d’aller au camp et de gagner ma place. Olivier m’a amené au club, et Henry veut certains types de joueurs. Si je ne cadre pas dans ses idées, je dois le convaincre moi-même. Je viens gagner ma place.

J’ai 29 ans, je ne suis pas vieux, mais je ne suis pas jeune non plus. J’apporte ici certaines expériences.

Une citation de :Bjorn Johnsen

S’il n’a pas encore eu l’occasion de discuter avec l’entraîneur-chef du CF Montréal, Johnsen a visiblement fait ses devoirs. En Corée du Sud, il a croisé l’ancien des Sounders de Seattle Kim Kee-hee, qui lui a souligné combien les équipes s’améliorent non seulement sur le plan du jeu, mais également en ce qui a trait au recrutement. Ce n’est pas Johnsen qui le contredira sur ce dernier point, évidemment.

Le Norvégien a bien étudié la culture locale aussi, semblerait-il. Une mention d’Ignacio Piatti, qui n’est pas nécessairement un gros nom dans le soccer mondial, s’ajoutait à une remarque sur un ancien joueur devenu entraîneur qui l’aidera à mieux comprendre le club, la ville et le Canada. Pas de pression, Patrice Bernier.

La pression, d’ailleurs, Johnsen dit l’accueillir favorablement. Les journalistes auront pris des notes quand le nouveau venu a soutenu qu’il n’était pas du genre à se défiler devant les questions après les matchs.

J’ai vu le nouveau logo, le nouveau régime, le nouvel entraîneur depuis un an, a-t-il ajouté. Il y a beaucoup de nouveau […] C’est important de montrer au joueur qu’on a confiance en lui, qu’on voulait un profil comme le sien. Peut-être es-tu le 2e ou le 3e choix, mais tu n’es pas le 10e. Tu es l’une de leurs meilleures possibilités. Je suis content d’en faire partie et j’en suis fier.

Sur le plan du jeu, comme l’expliquait Olivier Renard plus tôt cette semaine, Johnsen offre à Henry une option qu’il n’avait pas auparavant : un attaquant de 1,96 m (6 pi 5 po), pas nécessairement très gros à 80 kg (175 lb), mais qui maîtrise à la perfection l’aspect aérien du soccer, selon ses propres dires.

Johnsen est prêt à tout : à jouer seul en pointe, comme Romell Quioto l’a souvent brillamment fait la saison dernière, ou encore à deux devant. Ces deux joueurs seraient-ils complémentaires? Ils ne sont certainement pas pareils, en tout cas.

Selon l’échantillon fourni par le site spécialisé FBRef, depuis 2017, Johnsen et Quioto sont à peu près sur un pied d’égalité pour ce qui est des buts et des passes décisives par 90 minutes de jeu (0,73 contre 0,65, dans l’ordre). Mais ce chiffre, pour Johnsen, vient presque exclusivement des buts marqués, tandis que Quioto donnait 0,29 passe décisive toutes les 90 minutes.

Peut-être qu’on me demandera de faire quelque chose de nouveau, a reconnu Johnsen. Mais pour avoir un jeu complet, la meilleure personne de laquelle on peut apprendre, c’est bien le joueur qui était incroyable avec ses pieds. Avoir Henry comme entraîneur, c’est peut-être la meilleure chose qui pouvait m’arriver pour franchir un palier pour l’année de mes 30 ans.

Henry, comme l’ancien montréalais Didier Drogba et l’ancien du Galaxy Zlatan Ibrahimovic, fait justement partie des idoles dont Johnsen regarde encore les meilleurs moments sur YouTube.

Heureusement pour lui, le wi-fi du Centre Nutrilait, contrairement au sien, est plutôt stable.

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