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Au coeur de la préparation mentale de Marie-Eve Dicaire

Une femme couchée sur un fauteuil regarde une télévision.

Marie-Eve Dicaire regarde attentivement la télévision.

Photo : Radio-Canada / Martin Labbé

Jean-François Chabot

Marie-Eve Dicaire ne laisse rien au hasard dans la préparation mentale de son duel du 5 mars contre l'Américaine Claressa Shields pour unir les ceintures de l'IBF, de la WBA super championne, du WBC et de la WBO des super-mi-moyennes (154 lb).

Absente du ring depuis plus de 15 mois, essentiellement en raison de la pandémie de COVID-19, la boxeuse de 34 ans originaire de Saint-Eustache n'a jamais cessé de s'entraîner malgré les nombreux reports et annulations de ce qui constituera le plus important rendez-vous de sa carrière.

Celle qui a déjà défendu son titre de l'IBF à trois reprises a vécu toute l'année 2020 en camp. Sa préparation comprend un volet mental qui pourrait lui ouvrir la voie vers de nouveaux sommets. Elle en a discuté avec Radio-Canada Sports.


Q. Peux-tu nous parler de ta préparation mentale en vue de ton combat du 5 mars?

R. C’est vraiment un aspect important et qui n’est pas à négliger dans ma préparation. On y accorde beaucoup d’importance parce que, dans le passé, c’est ce qui m’a fait gagner des combats. C’est cette force mentale qui me permet justement de me démarquer des autres.

Je travaille très fort avec mon préparateur mental, Jean-François Ménard, pour bien préparer ce combat. C’est un combat particulier parce que les enjeux sont très gros, mais c’est aussi l’adversaire la plus coriace que j’aurai à affronter depuis le début de ma carrière.


Q. Est-ce que l’aspect de la préparation mentale se fait différemment cette fois-ci, compte tenu de l’ampleur du défi et du rendez-vous?

R. Chacun des combats va être préparé de façon différente parce que chacun a son lot de problèmes. Chaque combat est particulier parce qu’il est adapté à ce que l’on aura besoin de faire.

Dans ce cas-ci, ce n’est pas plus différent des autres fois. C’est juste qu’on aborde les choses en fonction de l’adversaire qui est devant nous et des choses qu’il faudra travailler durant le combat.


Q. Pour les amateurs qui ne sont pas familiers avec le processus, peux-tu nous amener sur le comment, la technique? Qu’est-ce que tu fais exactement comme exercice mental ou de concentration?

R. Il y a toujours mes rencontres hebdomadaires avec mon préparateur mental qui, de son côté, va travailler beaucoup avec mes entraîneurs pour savoir quels sont les objectifs à accomplir, ce qu’on attend de moi, ce qu’on aura besoin de faire pour ce combat. Sinon, je fais beaucoup de coping imagery, une façon de voir des situations qui pourraient se produire dans le combat.

J’imagine ces situations, et je m’imagine en sortir gagnante, donc prendre les moyens nécessaires pour les surmonter et passer à un autre appel.

Ce qu’on veut, c’est de créer un lien neurologique entre mon corps et mon cerveau pour qu’au moment où je serai confrontée à la situation, mon cerveau ait une impression de déjà-vu. Donc, je ne serai pas surprise, mon cerveau l’aura déjà vue et je saurai ce que j’ai besoin de faire au lieu d’être prise au dépourvu et de paniquer.


Q. Comment peux-tu visualiser et imaginer une situation face à une adversaire que tu n’as jamais affrontée?

R. On a recours aux séances vidéo. Ça nous permet d’avoir une image concrète. C’est comme le reste, ça se travaille, ça se développe.

Quand on a commencé à travailler de cette façon-là, les images étaient moins claires. Je pense que l’efficacité de la technique était moins claire. De plus en plus, mon cerveau est en mesure de prendre des images qu’on va voir dans les vidéos et les reproduire comme si j’étais dans le combat.


Q. Est-ce que cette façon de faire, à laquelle tu es maintenant habituée, est plus complexe à mettre de l’avant en ce moment, en pleine période de pandémie où il n’y a rien d’ordinaire dans la vie autour de nous?

R. Non, au contraire. Pas que ce soit devenu plus facile, mais le fait que l’on n’avait pas recours aux mêmes entraînements et aux mêmes procédés qu’à l’habitude, on dirait que je me suis dit que j’allais compenser avec ça. Je suis devenue un peu plus assidue. Je suis devenue plus préoccupée sur la qualité de ces séances-là. Donc, je dirais qu’au contraire, c’est devenu un peu plus facile.


Q. Est-ce qu’il y a des moments où tu ne réussis pas, où tu rouvres les yeux et tu n’es pas parvenue à sortir gagnante de la situation que tu visualisais?

R. Ça ne peut pas arriver dans le sens où le but de ce procédé est d’en sortir gagnante. C’est sûr que c’est parfois moins efficace dans la précision de ce que je veux faire. Je vais peut-être moins bien voir les images (dans ma tête). Au final, le but c’est de sortir gagnante de la situation.

Donc, je n’arrête pas tant que je ne l’ai pas accompli. Comme dans les entraînements physiques, pour moi, le fait de donner mon 100 %, d’accomplir les choses, de réussir les choses, c’est un devoir.


Q. Tu n’as jamais été aussi proche de la présentation de ce combat. Jusqu’à quel moment avant le combat vas-tu mettre en pratique ce genre de visualisation?

R. En fait, jusqu’à quelques minutes avant le combat, parce que quand je suis dans le vestiaire avant la période d’échauffement avec mon entraîneur, où j’ai mes gants de boxe et où on se prépare physiquement, je fais une dernière vérification de tous ces moments-là.

C’est un peu le même principe que lorsqu’on étudie pour un examen. On fait le gros du travail à la maison puis, quelques minutes avant l’examen, on révise nos notes pour s’assurer qu’on maîtrise toute la matière. C’est un peu ce que je fais avec cette technique-là aussi.


Q. Avez-vous fixé la date du départ pour le Michigan?

R. Je sais que mes entraîneurs sont en train de discuter avec mon préparateur mental par rapport à ça. Je ne peux pas encore confirmer la date où on va se rendre là-bas. On va essayer le plus possible d'y passer le moins de temps possible. On ne cachera pas que Flint n’est pas une ville où tu veux arriver trois semaines à l’avance!

On va s’assurer de rester ici dans nos choses le plus confortablement possible avec les spécialistes dont j’ai besoin, les thérapeutes pour maximiser la récupération. On va s’assurer d’arriver là probablement la veille de la conférence de presse [qui se tient habituellement le mercredi avant le combat, NDLR].

Là-bas, il n’y a pas de quarantaine à observer. On doit par contre fournir des tests négatifs (à la COVID-19) avant de partir. On est testé à nouveau quand on arrive là-bas. C’est un peu le même protocole pour tous les galas de boxe. La quarantaine va s’effectuer au retour au Québec.

Une boxeuse s'entraîne sur un appareil elliptique.

Marie-Eve Dicaire pousse la machine à fond.

Photo : Courtoisie Facebook Marie-Eve Dicaire


Q. Yvon Michel recommence à présenter des galas. Il y en aura un le 16 mars à Québec. La perspective de boxer à nouveau, ici, avec en ta possession toutes les ceintures de ta catégorie, c’est une image qui te plaît?

R. Clairement! C’est vraiment ce qu’on a en tête. Encore là, la logistique va dépendre de la situation au niveau pandémique, au niveau des spectateurs pour être en mesure de remplir des salles. Mais ce n’est pas quelque chose qui m’appartient.

Je sais qu’une fois rendu à cette étape-là, Yvon va être en mesure de bien tirer les ficelles et d’organiser quelque chose de bien. Pour le moment, mon focus est vraiment sur le combat du 5 mars. Pour la suite, je ne suis pas inquiète de l’avenir.

Au calendrier

Après le Groupe Yvon Michel, c’est au tour d’Eye of the Tiger Management d'annoncer la tenue d'un gala de boxe à Québec, le 17 avril prochain. L'événement se déroulera à huis clos, au Centre Vidéotron.

L’ex-champion du monde des poids moyens David Lemieux (42-4, 35 K.-O.) y affrontera le Polonais Robert Talarek (24-13-3, 16 K.-O.), tandis que le poids lourd Simon Kean (19-1, 18 K.-O.) se battra face à Stan Sumacz (12-1, 7 K.-O.). On assistera aussi au combat revanche entre l'Ontarien Steve Claggett (29-6-2, 19 K.-O.) et Mathieu Germain (18-2-1, 8 K.-O.).

Pendant ce temps, le patron d’EOTTM, Camille Estephan, se fait un peu de mauvais sang dans sa quête pour un adversaire pour le géant Arslanbek Makhmudov (11-0, 11 K.-O.). Le dernier candidat en lice, l’Américain Alonzo Butler (33-3-2, 25 K.-O.), s’est désisté juste avant de signer le contrat pour le duel prévu le 20 mars.


Q. As-tu eu le temps de devenir l’amie Facebook de Claressa Shields?

R. (Rires) Non, je sais qu’elle m’a souhaité bonne fête l’été passé. Je lui ai envoyé un beau sourire digne de moi-même. Je sais qu’elle essaie de piquer un peu. Mais de mon côté, je reste concentrée sur ce que j’ai à faire. C’est quelque chose qui est récurent dans son cas que d’aller piquer sur les réseaux sociaux, mais je n’ai pas de temps à perdre avec ça.

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