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L'espoir des fédérations pour la relance du sport au Québec

Elles forment un triangle.

Trois balles de tennis sont disposées sur un terrain.

Photo : Getty Images / Michael Reaves

Jean-François Chabot

Au moment d’une reprise dans certains domaines d’activité après un resserrement des mesures de confinement, les fédérations sportives et leurs adeptes attendent le signal qui donnera un élan pour de la pratique de leur discipline préférée.

À Sports Québec, entité qui regroupe et représente 67 fédérations, on se prépare à une importante rencontre qui aura lieu vendredi après-midi avec les représentants de la santé publique.

Sa présidente, Julie Gosselin, ne cache pas ses attentes élevées à l’approche de cette réunion qui se déroulera par visioconférence.

On a maintenu des échanges constants, a-t-elle confié. Cette semaine, on veut vraiment avoir des réponses et un plan de match clairs. On travaille avec différents paliers gouvernementaux. On leur parle tous les jours. Notre objectif est de convaincre la santé publique du bien que les fédérations sportives peuvent avoir dans les conditions actuelles.

Mme Gosselin affirme que le regroupement qu’elle dirige est au fait des inquiétudes et des priorités gouvernementales face à la pandémie, à l’arrivée de nouveaux variants et à la nécessité de protéger le système de santé.

On est convaincus qu’on a une boîte à outils qui nous permettrait de contrôler ce qui se passe du côté des hospitalisations et de permettre aux jeunes de retourner tranquillement à leur sport de façon organisée et encadrée, de manière saine en respectant les consignes sanitaires.

Une citation de :Julie Gosselin, présidente de Sports Québec
Une femme sourit devant un fond noir.

Julie Gosselin, présidente de Sports Québec

Photo : SportsQuébec

Tir groupé

Sports Québec regroupe et représente des fédérations sportives en plus des unités régionales de loisir et de sports (URLS). De par le nombre de leurs membres, certaines de ces fédérations possèdent un poids politique indéniable.

Pas étonnant dans ces conditions qu’elles fassent jouer leurs propres entrées et leurs contacts haut placés pour faire avancer leur dossier.

C’est déjà le cas de Hockey Québec. La porte-parole Marie-Joël Desaulniers a indiqué à Radio-Canada Sports que cette importante fédération s’adressait directement au ministère de l'Éducation, à la Direction du sport et à la santé publique.

En ce qui concerne les sports de combat (boxe, judo, karaté, kick-boxing, lutte, taekwondo), on se dirige vers une incorporation des six fédérations dans le but avoué d’organiser une campagne coordonnée visant spécifiquement ces disciplines.

Le président de Judo Québec, Patrick Kearney, estime qu’il est important que celles-ci ne soient pas laissées pour compte ni être les dernières à rouvrir leurs divers clubs et centres d’entraînement.

J’ai déjà indiqué à Julie [Gosselin] qu’on allait commencer à écrire à nos députés. Ce sont les jeunes qui vont écrire pour demander de recommencer leur sport. Pas pour les blâmer, mais juste pour les interpeller, a expliqué Kearney.

J’ai parfois l’impression que l’on choisit l’économie avant le sport. Mais si on reste tranquille, rien n’arrivera. On va débuter cette pression intelligente et constructive. Si tous les membres de la fédération de soccer commencent à envoyer des courriels (à leurs députés), ça va virer par en dessous, c’est sûr.

Une citation de :Patrick Kearney, président de Judo Québec
Une piscine intérieure vide avec des cônes pour empêcher l'utilisation des tremplins.

Une piscine vide

Photo : Radio-Canada

À l’inverse, le degré de satisfaction pour ce qui est de la natation, de la gymnastique ou du soccer est total face à la manière dont Sports Québec mène les choses en ces temps difficiles.

La directrice générale de Natation Québec, Isabelle Ducharme, aimerait qu’un accès plus large soit permis dans les piscines et bassins intérieurs. En sachant que ceux-ci sont souvent gérés par les municipalités, la situation ne permet que des séances de cours privées (un entraîneur et un nageur), alors qu’en temps normal, on pourrait aisément regrouper une quinzaine de nageurs.

Mme Ducharme a aussi indiqué ne pas avoir eu connaissance de situations signalées à Radio-Canada Sports voulant que des dirigeants de clubs de natation aient tenté d’obtenir des dérogations auprès des autorités de santé publique de leur région.

À Soccer Québec, le président Mathieu Chamberland a rappelé qu'aucune éclosion n'avait été observée l'été dernier, malgré la participation de 105 000 jeunes joueurs partout sur les terrains du Québec.

Même si cette fédération a aussi ses entrées auprès des personnalités influentes du gouvernement, Soccer Québec demeure solidement rangée sous le parapluie de Sports Québec dans cette période où les attentes n'ont d'égales que le niveau élevé de l'incertitude face à une pandémie qui refuse de lâcher prise.

Nous n'avons pas de démarches directes avec la santé publique. On parle avec nos conseillers en sport au ministère. Les voies de communication avec Sports Québec sont ouvertes. On fait confiance aux instances qui nous représentent, a d'abord dit M. Chamberland.

Je ne sais pas à quel genre de réponse on peut s'attendre de la santé publique. On vit dans une crise. Il est difficile de prévoir quelle sera la priorité du côté de la santé face à l'équilibre entre la santé physique et la santé mentale de nos jeunes et moins jeunes qui passe par une activité physique régulière, des sports d'équipe et la possibilité de socialiser, de se dépasser. J'espère qu'il va y avoir cette ouverture pour prendre tous ces aspects en considération.

Une citation de :Mathieu Chamberland, président de Soccer Québec.

Rallier les troupes

Consciente de cette réalité, Julie Gosselin ne s’oppose pas aux démarches qui, au bout du compte, pourraient avoir un effet positif sur l’objectif ultime de redonner aux membres des fédérations et à la population en général l’accès à la pratique du sport.

Ce n’est pas 100 % des fédérations qui, à la fin, peuvent être d’accord avec la décision qui est prise. C’est normal dans un grand groupe. C’est normal de vouloir dire qu’elles essaieraient quelque chose de différent. Ce qu’on veut dire, c’est que la force du nombre est importante pour ces négociations-là, a soutenu la présidente du regroupement.

Une source proche du dossier a également laissé entendre que la santé publique aurait, au cours des dernières semaines, servi une mise en garde à Sports Québec pour que le regroupement évite de faire trop de vagues sous peine d’un confinement qui pourrait perdurer dans le temps, ce que Julie Gosselin n’a pas reconnu.

Enfin, quand on lui a demandé ce qu’elle craignait le plus à ce moment-ci, la présidente de Sports Québec n’a pu retenir l’intense émotion qui l'envahissait.

Ce qui m’habite, a-t-elle dit la gorge nouée et les larmes aux yeux, c’est la santé des jeunes. Je veux que les jeunes soient bien. Les histoires [de décrochage ou de découragement] qu’on nous raconte sont émouvantes. Notre priorité est de relancer le sport pour nos jeunes, pour qu’ils puissent bouger, briser l’isolement, se sentir en forme, retrouver confiance en eux, retrouver un peu du quotidien [normal], et qu’ils puissent garder leur passion, leur motivation à aimer leur sport et à continuer là-dedans. On le voit. Les leaders de demain sont aussi les sportifs d’aujourd’hui, a-t-elle conclu.

Au moment d’écrire ces lignes, une demande d’entretien de Radio-Canada Sports auprès de Martine Pageau à la Direction générale de la santé publique du Québec était demeurée lettre morte.

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