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L’aplomb d’un jeune, la force tranquille d’un vétéran

Nick Suzuki pendant un match du Canadien de Montréal.

Nick Suzuki bataille pour la rondelle devant le filet de Matt Murray.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

OTTAWA - Ça n’avait rien d’un Picasso, samedi après-midi à Ottawa, sauf peut-être la fois où le peintre a trébuché dans l’escalier avec sa palette de couleurs. Le Canadien a cependant assuré l’essentiel et quitte Kanata avec un court gain de 2-1 contre la pire formation de la ligue.

Voilà la belle affaire.

L’attaque du CH tournait à pleine vapeur avec 44 buts lors des 10 premiers matchs, puis elle s’est assagie au cours de la série aller-retour contre les Sénateurs, qui ont pourtant la pire défense de la LNH.

On aurait pu croire que le Tricolore était prêt à piétiner cette équipe en déroute, mais il s’est d’abord incliné jeudi soir, avant de rebondir avec cette victoire à l’arraché.

À leur décharge, les Sénateurs ont servi sa propre médecine au Canadien en limitant temps et espace. Un groupe sur le point de tourner le coin , a estimé Claude Julien après la rencontre, en dépit de sa séquence de neuf revers d’affilée avant d’affronter le CH.

Ils travaillent fort, ils gagnent en confiance. Ils ne sont pas faciles à affronter. C’est bon d’avoir ces défis-là. Il faut apprendre à jouer ce genre de match aussi, a renchéri l’entraîneur-chef.

Vrai que le système à haute intensité du Tricolore lui offre de nombreuses chances de marquer en poussant l’adversaire à l’erreur, mais il fallait s’attendre à voir le jeu se resserrer un peu dans la ligue. C’est peut-être simplement arrivé contre un rival inattendu.

Les games comme ça, on va en avoir à la tonne. On ne peut pas scorer six ou sept buts par game. Ce n'est pas toujours ouvert comme ça. Ça arrive souvent dans les débuts de saison, mais plus on va avancer, plus ça va être serré. Ça va nous aider à aller chercher ces gros points dans ces matchs-là, a ajouté Phillip Danault.

Ces matchs soporifiques, comme les autres, il faut bien les gagner.

Impeccable Jake Allen

Mission accomplie, même si le Canadien a été complètement dominé en deuxième période, plombé par trois punitions mineures et un avantage numérique ottavien agaçant.

Il a été incapable de diriger le moindre tir sur Matt Murray durant plus de 13 minutes.

Jake Allen à l'entraînement

Jake Allen à l'entraînement

Photo : Getty Images / Claus Andersen

Pendant une punition à Jake Evans, Jake Allen s’est débattu pour repousser une violente frappe d’Alex Galcheynuk (vous l’aviez oublié, n’est-ce pas?) et le retour donné à Derek Stepan.

Précédemment, toujours en désavantage, le CH a tenu bon lors d’une séquence particulièrement décousue qu’Evans a disputée en majeure partie sans bâton. À la suite d’un mauvais changement après la punition, Thomas Chabot a obtenu une chance magnifique directement dans le haut de l’enclave et s’est buté de nouveau au gardien auxiliaire.

Ils envoyaient leurs gros joueurs devant le filet, comme Brady Tkachuk et Nick Paul. Ils plaçaient la rondelle au filet. À un moment donné, j’ai perdu mon bâton. C’était vraiment une bataille. J’essayais juste de voir la rondelle, a expliqué le portier du Nouveau-Brunswick.

En cinq départs, Allen a enregistré quatre victoires, soit autant que les trois gardiens suppléants (Keith Kinkaid, Charlie Lindgren et Cayden Primeau) durant toute la saison dernière. Son impact sur l’excellent départ de l'équipe est majeur.

Le vétéran vient pour offrir du répit à Price, gardien le plus utilisé ces deux dernières années, qu’on ne s’y trompe pas. De là à croire qu’il aurait disputé 5 des 12 premiers matchs (et probablement 6 des 14 premiers puisque le CH joue 2 matchs en 24 heures mercredi et jeudi), il y avait un pas que peu auraient franchi avant le début de la saison.

Voilà où le CH en est. La présence rassurante du vétéran donne confiance aux joueurs, foi de Danault. La qualité (ou non) d’un bon deuxième gardien peut faire la différence entre une participation aux séries éliminatoires ou un congé précoce. Le Bleu-blanc-rouge est bien placé pour le savoir.

L’homme à tout faire

Nick Suzuki n’avait pas mâché ses mots jeudi pour décrire sa performance, sa pire de l’année, alors qu’il se sentait un peu perdu dans son territoire.

Il avait promis de rebondir. Il a tenu parole.

Suzuki a montré l’aplomb d’un vieux routier pour aider son équipe à se tirer d’un mauvais pas et à pousser un soupir de soulagement au terme d’un duel qui aurait facilement pu lui glisser entre les doigts.

C’est davantage par des petites subtilités que par des jeux spectaculaires que Suzuki s’est démarqué.

Les joueurs de centre du Tricolore ont tenu une petite réunion au sommet vendredi, présidée par Danault, d'après ce que l’on comprend, pour parler de leurs responsabilités en tant que pivots et de l’importance des mises au jeu. De la façon de les gagner surtout, la perte de deux d’entre elles ayant mené à des buts de l’adversaire dans les secondes subséquentes jeudi soir.

Suzuki a terminé à seulement 35 % d’efficacité dans le cercle, mais il a remporté de façon franche les deux dernières mises au jeu dans sa zone en toute fin de match tandis que sa bande protégeait tant bien que mal une avance d’un but.

Danault était aussi sur la glace à ce moment-là.

Je lui ai dit de les prendre. J’ai voulu le piquer un peu, a lancé le Québécois, l’œil malicieux.

Visiblement, le numéro 14 carbure au défi. Certes, il a obtenu une passe sur le but gagnant, mais c’est surtout son intelligence en désavantage numérique et son calme à cinq contre cinq qui ont eu un impact majeur. Quand Ottawa a attaqué avec un homme en plus avec quatre minutes à jouer à la rencontre, il a forcé Thomas Chabot à l’accrocher grâce à une approche au porteur digne de Joséphine Baker.

Encore une fois l’attaquant le plus utilisé par Julien (19 min 57 s ), il a passé plus de 3 minutes en désavantage et plus de 2 en supériorité.

L’an dernier, Danault l’avait qualifié de petit magicien. Samedi, il a offert un tour de magie sans paillettes, mais tout aussi épatant.

En rafale

Jake Evans a été durement mis en échec par le costaud Erik Gudbrandson au deuxième engagement. Le défenseur a en partie atteint le centre recrue à la tête avec son coup d’épaule. Gudbrandson n’a pas été puni sur la séquence. Danault comme Julien ont maintenu qu’ils avaient vu sur ce jeu un coup à la tête, mais se sont gardés de commenter le travail des arbitres ou de prêter des intentions au service de la sécurité des joueurs, qui reverra peut-être la séquence dimanche.

Rappelons que le Canadien a perdu les services de Joel Armia à Vancouver après une charge de Tyler Myers. Jesperi Kotkaniemi a aussi encaissé une mise en échec à la tête de Dillon Dubé des Flames. Dans les deux cas, l’agresseur avait été blanchi par la ligue.

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