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La nouvelle réalité de Phillip Danault

Philippe Danault

Philippe Danault

Photo : Courtoise Canadiens.com

Les responsabilités de Phillip Danault ont diminué cette saison. Bien que ce soit en raison de la qualité de la formation du Canadien, une bonne nouvelle d’un point de vue collectif, ça tombe plutôt mal pour le centre.

Entendons-nous, ce n’est jamais agréable pour un hockeyeur de devoir céder du temps de jeu à ses jeunes comparses, surtout lorsque le joueur en question n’a que 27 ans et s’estime au sommet de son art. Mais c'est drôlement plus embêtant lorsqu’il s’agit de la dernière année de son contrat.

C’est pire encore si vos négociations privées avec l’équipe ont été étalées au grand jour et que le public sait que vous avez peut-être refusé une généreuse prolongation de contrat.

Si ces rapports sont vrais, Danault a fait le pari de miser sur lui-même. Difficile de critiquer semblable décision. Il est possible, toutefois, qu’elle pèse sur ses épaules actuellement.

Car, à l’automne dernier, après l’expérience dans la bulle et la conclusion que le Québécois en avait tirée, Danault avait clairement marqué son territoire lors d’une vidéoconférence pour dresser le bilan des éliminatoires.

Il disait avoir vu son rôle changer à Toronto. Pourtant, ce sont ses ailiers qui avaient changé. De Tomas Tatar et Brendan Gallagher, le pivot était passé à Artturi Lehkonen et Paul Byron pendant la série contre les Penguins. Or, son temps de jeu était resté le même, il avait même augmenté d’une trentaine de secondes passant de 18 min 51 s en saison à 19:34 dans les séries.

Phillip Danault (24) et Tomas Tatar (90) célèbrent le but gagnant de Brendan Gallagher (11).

Phillip Danault (24) et Tomas Tatar (90) célèbrent le but gagnant de Brendan Gallagher (11).

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

On lui confiait un peu plus de missions défensives, mais la différence n’était pas si significative. Danault s’était senti menacé malgré tout. Il avait clairement indiqué aux médias ce jour-là que son rôle, à Montréal, avait-il pris soin de préciser, ne devrait pas changer. Qu’il ne souhaitait pas se cantonner à un rôle de centre défensif.

Sa production de 0,66 point par match dans les deux dernières saisons lui permettait d’envisager l’avenir avec optimisme.

Voilà qu’en peu de temps, Nick Suzuki est devenu l’homme de confiance par excellence de Claude Julien. Danault a retrouvé Tatar et Gallagher, mais son temps de glace a diminué. Simplement parce qu’au lieu d’avoir à en donner à Nick Cousins, Jordan Weal, Max Domi ou Nate Thompson, Julien doit maintenant partager la tarte avec Josh Anderson, Tyler Toffoli et Jake Evans, ce dernier progressant à une vitesse impressionnante.

Avec ses déclarations et cette prolongation de contrat apparemment refusée, Danault s’est ajouté un fardeau : celui de produire. Et comme ça ne fonctionnait pas en début de saison, on a senti le centre se crisper.

C'était une petite adaptation. Tout arrivait en même temps. Le temps de jeu, le désavantage numérique. C’est sûr que c’est une adaptation, mais ce n’est pas dur à digérer. J’ai encore mes partenaires de trio. Chaque soir, on essaie de donner notre maximum. Peu importe ce qu’il faut faire pour gagner, je vais le faire, a-t-il admis.

C’était frustrant un peu au début. C’était une adaptation, mais l’équipe gagnait.

Une citation de :Phillip Danault, centre du Canadien de Montréal

Les signes de frustration avaient commencé à se manifester récemment. Mardi, contre Vancouver, Danault a obtenu deux occasions de marquer franches, les deux premières depuis son échappée en prolongation du premier match de la saison à Toronto. Lorsqu’il a raté la deuxième, on l’a vu cogner son bâton sur la glace et psalmodier toutes sortes d’incantations à faire trembler les chastes oreilles.

Jeudi matin, Julien s’était entretenu avec lui lors de l’entraînement matinal.

Claude sait comment me prendre, quand me piquer ou m’aider. Il fait vraiment bien les choses […] Il m’aide énormément depuis qu’il est à Montréal. Ç’a été un coach extraordinaire pour moi. Il a coaché d’excellents joueurs de centre. Il m’apporte son expérience, a expliqué Danault.

Le soir même, le Québécois avait répondu avec sa prestation la plus inspirée des deux dernières semaines. Son trio a été le plus menaçant pendant la soirée et l’on semblait avoir revu un peu de sa chimie, avait laissé tomber Julien, magnanime, après le match.

Le fabricant de jeux de Victoriaville a de la pression cette année. Il s’en est lui-même créée, d’une certaine façon. Outre le fait qu’il n’ait pas encore marqué, ses 5 points en 11 matchs sont loin d’être une catastrophe. C’est un peu en deçà de son rythme habituel, mais c’est une correction statistique qui pourrait se faire en l’espace d’une ou deux bonnes soirées.

Dans le contexte actuel, par contre, la saga prend plus d’ampleur et pèse sur les épaules du joueur qui a avoué ne pas avoir été en pleine confiance en début de campagne.

J’étais plus passif. C’était des hésitations. Quand je pense trop, je ne suis pas à mon mieux. Je pensais trop. Dans les cinq derniers matchs, je faisais bien mon travail. J’ai retrouvé mon assurance, ma confiance. En tant que trio, c’est important d’avoir plusieurs occasions pour remettre la confiance dans le top. On est sur le bon chemin.

Une citation de :Phillip Danault, centre du Canadien de Montréal

Malgré tout, depuis le 20 janvier, Phillip Danault n’a jamais joué 16 minutes ou plus dans un match, avec un plancher de 11:28 un soir où, de son propre avis, son jeu n’était pas à point. Loin des 19 minutes auxquelles il était habitué.

En raison du style de jeu de cette équipe et de sa profondeur, ce pourrait bien être sa nouvelle réalité. Pour obtenir le lucratif contrat qu’il recherche, il devra produire malgré tout. Faire plus avec moins. D’autres en sont capables avec le CH jusqu’à présent. Danault a les cartes en main.

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