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Des médecins québécois dénoncent le manque d’ouverture pour les activités sportives

Des jeunes et des entraîneurs du Club alpin du Mont-Comi, au pied de la montagne.

Des jeunes et des entraîneurs du Club alpin du Mont-Comi.

Photo : Club alpin du Mont-Comi

Le gouvernement Legault a annoncé quelques assouplissements dans les mesures sanitaires, en point de presse, mardi. S’il y a une petite lueur d’espoir pour les activités sportives, l’Association québécoise des médecins du sport et de l’exercice (AQMSE) s’inquiète encore pour la santé globale des Québécois.

Luc De Garie préside l’association qui regroupe 200 professionnels de la santé. En novembre, il sonnait l’alarme. Trois mois plus tard, la situation est pire.

Dans sa pratique en médecine familiale, à Laval, il prescrit de deux à trois arrêts de travail par jour. C’est beaucoup plus qu’en temps normal.

Je suis très inquiet parce que la santé de la population commence à décliner de façon sérieuse autant au plan mental que physique, explique-t-il. On croit que l’activité physique est vraiment une porte de sortie qui est primordiale pour la santé générale des Québécois.

Pour le Dr De Garie et ses collègues, il ne fait aucun doute que l’activité physique est à la fois un remède et une mesure préventive essentielle pour la santé physique et mentale. La littérature scientifique, selon lui, l’a maintes fois démontré.

S’il est encouragé par le fait que les loisirs extérieurs seront permis à compter du 8 février pour les groupes de quatre personnes, qui peuvent également être supervisées par un entraîneur, il estime qu’on pourrait en permettre plus.

C’est encourageant parce que ça permet, notamment, les cours de ski en petits groupes ou encore les cours de cardio plein air ou de cardio poussette. Les gens ont besoin de bouger et de socialiser, même si c’est à deux mètres de distance. Dans un contexte structuré, il a été démontré que les gens participent beaucoup plus dans ces situations-là.

Un homme et un enfant se passent la rondelle sur une patinoire.

Certains jeunes sont déçus de ne plus pouvoir jouer au hockey en équipe.

Photo : Radio-Canada

Le Dr De Garie reconnaît qu’il serait difficile en ce moment de relancer le hockey mineur ou encore d’ouvrir les salles d’entraînement, notamment en raison de la quantité d’aérosols produits par les gens qui utilisent les tapis roulants ou encore les vélos stationnaires.

Il estime toutefois que permettre des entraînements supervisés en musculation serait déjà moins risqué.

Je me demande aussi pourquoi les [terrains de] tennis intérieurs et les piscines, deux lieux où la distanciation est facile, sont fermés au public? En piscine, dans un environnement de chlore, faire des longueurs me semble très peu risqué pour de grands bénéfices. Malheureusement, je n’ai pas les données dont se sert la santé publique pour décider.

Une citation de :Luc De Garie, président de l'AQMSE

Une main tendue ignorée par la santé publique

L’Association québécoise des médecins du sport et l’exercice essaie depuis plusieurs mois de collaborer avec la santé publique et avec le ministère de la Santé, mais sans succès. La situation irrite Luc De Garie puisqu’il estime que ses collègues sont essentiels dans l’établissement d’un cadre sécuritaire et contrôlé pour la pratique du sport.

C’est décevant parce que notre association est surtout formée de médecins de famille, et nous ne travaillons pas uniquement avec les athlètes de haut niveau, affirme-t-il. On est convaincus que notre expertise pourrait être fort utile dans la reprise des sports parce que, justement, on comprend bien la réalité et les environnements d’activité.

Un homme portant la barbe et des lunettes prend la pose devant un mur bleu.

Le médecin Luc De Garie

Photo : Courtoisie : Luc De Garie

On aimerait être invités à la table des discussions pour pouvoir comprendre les données avec lesquelles les décisions sont prises, ajoute le médecin. Si l'on m’expliquait, probablement que ce serait plus facile pour moi de tenir un discours plus clair.

Il rappelle que l'objectif de son association est d’améliorer la santé globale des gens et de prévenir une détérioration significative de leur état. Elle ne milite pas seulement pour le retour du sport organisé.

On ne veut pas mettre le monde à risque non plus, précise-t-il. On fait aussi de la médecine familiale et de l’urgence, alors on ne veut pas que le monde soit plus malade. L’objectif, c’est d’améliorer la santé des Québécois par l'activité physique.

Luc De Garie souhaite aussi que le gouvernement soit plus proactif en encourageant les Québécois à bouger, en allant même jusqu’à leur suggérer des options.

Présentement, il y a très très peu de mesures qui sont mises de l’avant pour assurer un retour sécuritaire et progressif des sports. Ça envoie le message que le sport, ce n’est pas important. Je pense que c’est dangereux et que l’inaction se traduira par des risques plus grands pour la santé de la population en général pour les mois et les années à venir. Il y aura un coût important à tout ça.

Une citation de :Luc De Garie, président de l'AQMSE

Le président de l’AQMSE souligne aussi que la pandémie entraîne une sous-consultation pour des maladies chroniques qui sont généralement suivies sur une base plus régulière.

À moyen et long termes, il décrit ces maladies, telles que le diabète, l’hypertension et les maladies cardiovasculaires, comme des tueurs silencieux.

Encore plus quand les yeux du public sont rivés sur le virus responsable de la pandémie.

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