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Chronique

À quoi ressemblera l’équipe canadienne féminine à Pékin?

Deux joueuses tentent de déjouer la gardienne de but des États-Unis.

Mélodie Daoust et Marie-Philip Poulin pendant les Jeux olympiques de 2018

Photo : Getty Images / Jamie Squire

À un an des Jeux olympiques de Pékin, le défi des dirigeants de l’équipe canadienne de hockey féminin ne consiste pas seulement à concocter une formation. Ils doivent redéfinir leur philosophie et leurs valeurs.

Aux Jeux de Pyeongchang, les Canadiennes ont subi une défaite crève-coeur de 3-2 lors du sixième tir de barrage en finale face aux Américaines. En analysant la situation du Canada sous cet angle, on pourrait facilement se dire que la médaille d’or aurait pu aller d’un côté comme de l’autre.

Lorsqu’on prend un pas de recul, on se rend compte que depuis près d’une décennie, les grands honneurs reviennent presque toujours aux Américaines. Et on parle ici, faut-il le rappeler, d’un sport totalement dominé depuis 30 ans par les deux mêmes pays.

Coupe des quatre nations : depuis 2015, les quatre éditions de cette compétition ont été remportées par les Américaines.

Championnat du monde : depuis 2013, les cinq tournois ont été remportés par les Américaines. Et depuis 2008, les Américaines ont remporté l’or huit fois en neuf occasions. Lors du mondial de 2019 (la dernière fois où l’équipe canadienne a participé à une compétition majeure), le Canada a trébuché en demi-finale et a dû se contenter de la médaille de bronze.

Jeux olympiques : les Américaines ont décroché l’or à Pyeongchang, mettant ainsi fin à la séquence de quatre titres olympiques consécutifs du Canada.

Bref, depuis 2014 les Canadiennes n’ont remporté aucun titre majeur et ont été devancées chaque fois par leurs seules vraies rivales, les Américaines.


À Pyeongchang, le Canada s’était présenté avec une équipe unidimensionnelle dont le fardeau offensif reposait essentiellement sur les épaules des membres du premier trio. Cette unité était composée de Meghan Agosta, de Marie-Philip Poulin et de Mélodie Daoust.

Elles tiennent un drapeau canadien.

Marie-Philip Poulin et Mélodie Daoust ont décroché l'or olympique à Sotchi en 2014.

Photo : Mélodie Daoust

Le Canada préconisait aussi un style de jeu prudent ou classique et misait sur des arrières essentiellement défensives qui généraient peu d’attaque.

Par ailleurs, côté recrutement, Équipe Canada comptait neuf recrues qui ont eu un impact négligeable sur la production offensive de l’équipe.

À l’inverse, malgré ses succès des années précédentes, le groupe de direction américain avait donné un sérieux coup de barre à sa formation. Elle s’était présentée en Corée du Sud avec 13 recrues, et plusieurs d’entre elles avaient joué un rôle prépondérant dans la conquête de l’or. Par ailleurs, quatre des défenseuses américaines étaient âgées de 22 ans ou moins.


À travers tout cela, il est difficile de savoir où en est la formation féminine canadienne parce qu’elle n’a participé à aucune compétition en près de deux ans.

La Coupe des quatre nations de 2019 a été annulée en raison d’un conflit entre les joueuses suédoises et leur fédération. Elles tentaient d’obtenir de meilleures conditions financières afin de se consacrer à leur sport à temps complet.

Le Championnat mondial de 2020, qui devait avoir lieu à Halifax, a pour sa part été annulé en raison de la pandémie. On garde toutefois espoir de pouvoir le présenter, au même endroit, en avril prochain.

Pour avoir une idée de ce à quoi ressemblera l’équipe canadienne aux Jeux de Pékin, il faut donc se fier aux informations qui ont filtré lors des deux derniers camps d’entraînement et faire un peu de projection. Le dernier camp des Canadiennes s’est déroulé dans une bulle sanitaire en janvier dernier à Calgary. Basée en Alberta, la consoeur Hailey Salvian, du site Athlétique, a d’ailleurs assuré un bon suivi des activités de l’équipe.

Et ce qui ressort, du moins sur papier, c’est que le Canada déploie beaucoup d’efforts en ce moment pour donner plus de mordant et plus de profondeur à sa formation.


À titre d’exemple, Équipe Canada a inséré, dès 2019, deux jeunes défenseuses à caractère offensif, Micah Zandee-Hart et Jamie Bourbonnais. Ces deux arrières ont été développées à l’Université Cornell, où elles ont respectivement amassé 32 et 41 points en une trentaine de parties à leur dernière saison universitaire.

À Pékin, Zandee-Hart et Bourbonnais seront respectivement âgées de 25 et de 23 ans.

Un autre exemple : une première hockeyeuse née dans les années 2000, Sarah Fillier, est sur le point de faire ses débuts avec l’équipe nationale senior.

Cette centre porte les couleurs de l’Université Princeton, où elle a inscrit 114 points en 60 matchs au cours des deux dernières saisons. Malgré son âge, elle a déjà été en lice deux fois pour le titre de joueuse par excellence dans la NCAA. Elle pourrait fort bien mener la deuxième unité canadienne derrière Marie-Philip Poulin (et peut-être même la première!) et ainsi étendre la force de frappe offensive de la formation.

Toujours au centre, une autre jeune attaquante dynamique, Daryl Watts, se pointe. En 2018, elle a remporté le trophée Patty-Kazmaier, remis à la hockeyeuse par excellence au hockey universitaire américain. Et elle n’aura que 22 ans aux Jeux. Elle a inscrit 74 points en 36 matchs à l’Université du Wisconsin la saison dernière.

Elle patine avec la rondelle.

Elizabeth Giguère dans l'uniforme de l'Université Clarkson

Photo : Université Clarkson / Schuyler Meyer

Sur le flanc droit, on voit mal comment Élizabeth Giguère pourrait être ignorée par les décideurs canadiens. La Québécoise est un véritable phénomène. Elle a inscrit 226 points en 131 matchs dans l’uniforme de l’Université Clarkson et on lui a décerné le trophée Patty-Kazmaier l’an dernier.

Giguère, qui aura 24 ans aux Jeux, est par ailleurs reconnue pour sa capacité à élever son niveau de jeu dans les moments cruciaux. En raison de son horaire scolaire et de la fermeture de la frontière canado-américaine, elle n’a toutefois pas été en mesure de prendre part au dernier camp d’Équipe Canada.

Une autre attaquante de talent, Victoria Bach, s'amène sur le flanc droit. Cette dernière, qui sera âgée de 25 ans aux Jeux, a inscrit 116 points en 69 matchs à l’Université de Boston.

Le flanc gauche sera aussi ragaillardi par la présence de deux attaquantes capables de remplir les filets.

Tout comme Élizabeth Giguère, Loren Gable (24 ans à Pékin) a remporté le trophée Patty-Kazmaier en défendant les couleurs de l’Université Clarkson en 2019. Elle a connu des saisons de 75 et de 69 points dans les rangs universitaires, et elle a inscrit pas moins de 6 buts lors du Championnat mondial de 2019.

Jaimie Lee Rattray (29 ans à Pékin) a aussi connu un excellent mondial en 2019 (3-3-6). Elle a connu une forte carrière universitaire, aussi à Clarkson, avec 118 points à ses 77 derniers matchs.

Bref, si la tendance se maintient, le Canada misera sur trois trios à caractère offensif et sur des défenseuses capables de créer de l’attaque à Pékin. Il s’agira d’une correction majeure qui améliorera ses chances de succès.

Il sera intéressant de voir comment se comportera cette nouvelle mouture au prochain Championnat du monde.


Considérant les informations qui précèdent, voici à quoi pourrait ressembler l’équipe canadienne à Pékin. L’âge des joueuses est celui qu’elles auront au moment des Jeux. Les noms en caractère gras sont ceux des joueuses qui ont participé aux Jeux de Pyeongchang en 2018.

Gardiennes (3) : Ann-Renée Desbiens (27 ans), Geneviève Lacasse (32 ans), Emerance Maschmeyer (27 ans).

Défenseuses gauchères (4) : Jocelyne Larocque (33 ans), Micah Zandee-Hart (25 ans), Laurianne Rougeau (31 ans), Claire Thompson (24 ans).

Défenseuses droitières (4) : Renata Fast (27 ans), Jaime Bourbonnais (23 ans), Brigette Lacquette (29 ans), Erin Ambrose (27 ans).

Ailières gauches (5) : Jamie Lee Rattray (29 ans), Loren Gabel (24 ans), Sarah Nurse (27 ans), Jill Saulnier (29 ans).

Centres (5) : Marie-Philip Poulin (30 ans), Sarah Fillier (21 ans), Brianne Jenner (30 ans), Blayre Turnbull (28 ans), Daryl Watts (22 ans).

Ailières droites (5) : Élizabeth Giguère (24 ans), Mélodie Daoust (30 ans), Victoria Bach (25 ans), Natalie Spooner (31 ans), Emily Clark (26 ans).

Elles s'enlacent après un but.

Sarah Nurse et Natalie Spooner

Photo : Associated Press / Antti Aimo-Koivisto

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