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Le Canadien, d’un extrême à l’autre

Josh Anderson célèbre son but devant Thatcher Demko.

Thatcher Demko (no 35) et Josh Anderson (no 17)

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Il suffit parfois d’un ou deux ingrédients à une recette pour passer d’un fiasco culinaire à une petite trouvaille. On dirait bien que le Canadien les a trouvés.

Dans le cas du Tricolore, il en fallait plus que deux, d’accord, mais encore fallait-il dénicher les bons.

Le CH n’a pas dominé les Canucks dans sa victoire de 5-3 mardi soir. Loin de là. Il a même accordé 11 chances de marquer de qualité et en a obtenu 10. En deuxième période, toutes les statistiques (possession de rondelle, quantité et qualité des tirs) favorisaient Vancouver.

La bande à Travis Green est également parvenue à réduire l’écart à 2-1 pendant l’engagement. Puis, soudainement, l’ouragan Tyler Toffoli a balayé ces hommes venus de l’Ouest. Deux chances de marquer, deux buts.

Et encore, il n’y avait rien d’évident. Posté dans le haut de l’enclave, le numéro 73 a d’abord fait dévier un tir de la pointe de Joel Edmundson pour enfiler son premier filet du match. Il en a ajouté dans une descente à un contre un, ce qui n’est généralement pas une grande menace dans la LNH, avec une pièce d’anthologie du revers. Neuf buts en 10 rencontres, un sommet dans la ligue, dont 8 contre son ancienne équipe. Huit…

L’autre acquisition majuscule du CH, Josh Anderson, a également réussi un doublé. Et il y avait ce gardien auxiliaire, Jake Allen, qui a fermé la porte lorsque c’était le temps. Et ce défenseur, Edmundson, qui caracole en tête de la ligue avec un différentiel de +14.

On pourrait ajouter à ce lot la valeur et la qualité du jeu de Corey Perry.

Après 10 rencontres, absolument tout ce qu’a touché Midas Bergevin – Marc, pardon – s’est transformé en or. Aucun faux pas. C’est un petit échantillon, certes, mais fort prometteur.

L’an dernier, à cinq contre cinq, Montréal excellait en possession de la rondelle. Seuls les Golden Knights faisaient mieux que le Canadien. L’équipe pointait également au 2e rang pour les chances de marquer. Malgré tout, elle n’était que 13e en attaque.

La conclusion logique à tout cela : un manque de finition, un manque d’expérience et, il faut bien le dire, un manque de talent.

Cette année, le Tricolore est 3e pour les chances qu’il crée à forces égales et 3e pour les buts inscrits. Comme si le talent était enfin à la hauteur de la structure de jeu.

Est-ce la différence?

C’est assez évident, on est une meilleure équipe que par le passé, a simplement laissé tomber Claude Julien.

On a rentré des jeunes joueurs qui ont eu à grandir à un moment donné. Kotkaniemi est rentré à 18 ans, Suzuki l’an passé, Mete à 19 ans. On a appris à la dure. Avec ça, durant une saison, tu as beaucoup de jeunes, tu as des blessés, souvent des vétérans, ça affaiblit ton équipe encore plus. On a eu des défis en cours de route. Maintenant, on a plus de profondeur, plus d’expérience. C’est assez évident pour tout le monde qu’on a une meilleure équipe sur papier et sur la glace, a expliqué l’entraîneur.

Lundi, les Canucks, abattus, un peu démunis, affirmaient avec fatalité que le Canadien était devenu une équipe comme ça, c’est-à-dire une équipe qui crée ses occasions, qui profite de ses chances, qui vous prend à la gorge. Une force, quoi.

Une force consolidée autant par les acquisitions – Anderson et Toffoli ont réussi 15 des 44 buts de l’équipe jusqu’ici – que par la croissance interne. Celle de Nick Suzuki, par exemple, qui accumule les responsabilités aussi rapidement qu’un adolescent les fuit. Le jeune centre de 21 ans a joué plus de 20 minutes mardi et totalise maintenant 11 points en 10 matchs.

Suzuki est l’attaquant le plus utilisé à cinq contre cinq, le deuxième en avantage numérique et joue également 1 min 20 s par rencontre en infériorité. Autant de minutes qui échappent de plus en plus à Phillip Danault, mais ce sera pour une autre fois.

En gros, les joueurs montréalais exsudent la confiance. Elle leur sort par tous les pores de la peau et l’adversaire le sent, les craint.

C’est juste agréable sur la glace en ce moment. On joue tellement bien en équipe. On s’entend bien. En espérant que ça reste comme ça et que l’on continue à s’améliorer. On est sur la bonne voie.

Une citation de :Tyler Toffoli

Quand tu commences la saison comme ça, ça bâtit la confiance. Les gars sont intelligents. Ils savent que la confiance vient du travail dans nos entraînements et dans les matchs. Ce soir, on a eu un bon match. En troisième, Vancouver a resserré les choses et on a trouvé le moyen. On est une équipe confiante, mais on est confiant parce qu’on travaille fort, a fait valoir Julien.

Il était un temps où l’on s’interrogeait dans l’entourage de l’équipe à savoir combien de temps il faudrait aux nombreux nouveaux venus pour s’adapter à leur environnement. Disons que ces craintes ont complètement disparu.

Les nouveaux, selon Josh Anderson, ont rapidement fraternisé pendant le camp d'entraînement. Puis, ils se sont intégrés au groupe, probablement parrainés par Shea Weber dont les qualités de meneur d'hommes sont incessamment vantées par ses coéquipiers, davantage encore mardi alors que le capitaine disputait le 1000e match de sa carrière dans la Ligue nationale.

Comme annoncé, Anderson prend d’assaut le filet adverse et marque des buts en renversant tout sur son passage, Toffoli se démarque par son intelligence et sa finition, Allen gagne et offre repos aux articulations vieillissantes de Carey Price et Edmundson présente du jeu solide et permet à Jeff Petry de déployer tout son flair offensif.

Même Bergevin n’aurait pu rêver d’un tel scénario après 10 matchs. Son équipe est au sommet du classement de la LNH.

De cette petite équipe qui travaillait fort, appliquait à la lettre les instructions de son entraîneur et manquait souvent de munitions au bout du compte, a émergé, jusqu'à présent, un monstre à quatre menaçants trios qui terrorisent les défenses adverses, celles de la division canadienne à tout le moins.

Cette profondeur et la rotation qui l'accompagne ont un coût. Bien des attaquants obtiennent moins de temps de jeu que lors de leurs meilleures saisons. Sauf qu'ils produisent à un rythme supérieur.

Alors, comme l'a dit Anderson, avec notre profondeur, pourquoi pas? Je n'ai aucun problème avec ça.

Et dire que le Canadien n’a toujours pas affronté les Sénateurs qu’il rencontrera 10 fois dans les 46 derniers matchs.

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