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Viser deux JO en moins d’un an, difficile, mais pas impossible

Vincent De Haître s'élance sur l'anneau de glace.

Vincent De Haître deviendrait le 12e athlète à représenter le Canada à la fois aux JO d'hiver et d'été.

Photo : La Presse canadienne / Carina Johansen

Seuls quelques athlètes canadiens ont réussi l’exploit de se qualifier à la fois pour les Jeux olympiques d’été et ceux d’hiver. La préparation requise pour un seul sport représente habituellement un engagement à temps plein.

Clara Hughes, Hayley Wickenheiser et Bob Boucher font partie des exceptions. On pourra ajouter le nom du patineur de vitesse sur longue piste Vincent De Haître, prochainement.

Le jeune homme de 26 ans a déjà représenté son pays aux Jeux de Sotchi en 2014 et de Pyeongchang en 2018. Ce natif d’Ottawa compte aussi être au rendez-vous en 2022 à Pékin. D’ici là, il prévoit de faire escale à Tokyo.

Pour l’instant, il est occupé à donner ses derniers coups de patin de la saison à Red Deer, en Alberta. Il va ensuite remiser ses lames quelque temps pour se concentrer sur le vélo.

Le Franco-Ontarien a fait sa place cet été dans l’équipe canadienne de poursuite sur piste. Les sacrifices ont été nombreux pour y parvenir.

Le vélo et le patin, ce ne sont pas deux sports très compatibles, explique De Haître. Ce sont deux sports de jambes, deux sports cardiovasculaires, mais qui ne font pas travailler les mêmes muscles du tout.

Ils se suivent.

Hugo Barrette, Joseph Veloce et Vincent De Haître aux Jeux du Commonwealth en cyclisme sur piste en 2014

Photo : Getty Images / Adrian Dennis

L’un exige des transferts à la verticale, l’autre à l’horizontale. Ça m’a causé des blessures ces derniers mois aux genoux, à la hanche, au cou. Des blessures que je n’avais pas avant de pratiquer les deux disciplines.

Ses deux fédérations le soutiennent du mieux qu’elles peuvent dans sa double quête. Toutes les deux semaines, des responsables se parlent pour obtenir une mise à jour de mon entraînement.

J’ai le double d’entraînements, mais j’ai aussi le double d’entraîneurs qui croient en moi. Ça me donne confiance.

Une citation de :Vincent De Haître

Un programme aussi rigoureux nécessite aussi des compromis sur le plan humain. Je n’ai pas vu ma famille depuis un an et demi maintenant. Mais c’est un sacrifice que je voulais faire.

Une conciliation parfois impossible

Si tout va bien et que les Jeux de Tokyo ont lieu comme prévu, De Haître deviendra le 12e Canadien à participer aux Jeux d’été et aux Jeux d’hiver.

Dans le monde paralympique, d’autres athlètes ont réussi l’exploit. C’est le cas de Viviane Forest, médaillée d’or en goalball et en ski para-alpin.

Liam Hickey, originaire de Saint-Jean de Terre-Neuve, aimerait bien l’imiter. Il a déjà une médaille d’argent en hockey luge, gagnée en 2018. Deux ans auparavant, il avait vécu sa première expérience paralympique à Rio, avec l’équipe de basketball en fauteuil roulant.

Le jeune athlète de 22 ans avait bien l’intention de répéter l’exploit dans ce nouveau cycle. Mais le nouveau calendrier, créé par le report des Jeux de Tokyo, l’a forcé à prendre une décision déchirante.

Avec le nouvel horaire, c’était devenu trop difficile. Ce serait une situation trop épuisante que de me rendre à Tokyo, puis à Pékin l’année suivante.

Une citation de :Liam Hickey, membre des équipes canadiennes de basketball en fauteuil roulant et de hockey luge

Hickey a donc choisi de concentrer tous ses efforts sur le hockey, bien conscient que les 12 prochains mois seront très occupés pour lui.

L’équipe canadienne souhaite se venger de sa défaite en finale face aux Américains en 2018. Pour exceller à Pékin, Hickey ne pouvait imaginer un scénario dans lequel il devait d’abord transiter vers Tokyo.

Il passera donc une majeure partie de la prochaine année sur la glace, avec ses coéquipiers.

Le vrai travail commence maintenant. Nous sommes tous extrêmement motivés. On a quelques ajustements à apporter et on sera prêts à battre les Américains cette fois.

Liam Hickey déjoue un adversaire de la Suède.

Liam Hickey en action lors des JO de 2018

Photo : The Associated Press / Ng Han Guan

Le défenseur ne fait toutefois pas une croix sur le basketball. Mon but ultime est de gagner dans les deux sports.

Celui qui dit ne pas être capable de choisir un sport préféré aura donc la chance d’accomplir cet objectif en 2024 à Paris.

Mais après 2022, je vais prendre un moment pour décompresser et bien évaluer la situation avant de m’engager.

Une route sinueuse vers Tokyo et Pékin

De son côté, même avec beaucoup de volonté et de préparation, De Haître ne pouvait pas imaginer les imprévus qui se dresseraient sur son chemin. Que ce soit celui le menant à Tokyo ou bien celui le conduisant à Pékin.

D’abord, un problème mécanique sur l’anneau de glace de Calgary a grandement compliqué son entraînement de patin, qui doit se faire pour l’instant à l’extérieur.

Dans de telles circonstances, il est difficile pour lui de s’évaluer correctement.

Sur un lac gelé, je fais mon tour en 26 secondes. Mon meilleur temps à Calgary est 24 secondes. Mais ces deux secondes-là sont probablement attribuables à la qualité de la glace et au vent.

Après Tokyo, De Haître ne disposera que d’une quarantaine de jours pour améliorer son chrono. Il anticipait déjà un échéancier serré entre les deux compétitions, mais le report des Jeux de Tokyo compresse davantage son calendrier. Seuls 180 jours doivent séparer la cérémonie de fermeture de Tokyo et la cérémonie d’ouverture de Pékin.

Une courte période durant laquelle l’athlète devra refaire ses preuves pour intégrer l’équipe nationale de longue piste.

Dans un monde idéal, j’aurais voulu me qualifier avant. Mais sans compétitions au Canada cette année, sans anneau pour m’exercer, je ne pouvais pas faire mon standard de temps. L’idée de me rendre en Europe comme d’autres coureurs l'ont fait m’a donc traversé l’esprit. Mais avec les périodes de quarantaine et mes obligations avec l’équipe de vélo, c'était impossible.

De Haître n’aura donc que quatre mois pour retrouver sa touche sur la glace avant les essais olympiques.

Pour être franc, si j’avais l’intention d’être à mon mieux aux Jeux de Pékin, je ne me serais pas embarqué dans le vélo, dit De Haître. Mais mon objectif, c’est d’arriver à me classer. Je verrai ensuite pour m’améliorer. J'ai confiance que je peux y arriver.

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