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Dix mois plus tard, comme les temps ont changé

Il célèbre son but aux dépens du gardien David Rittich devant ses coéquipiers Corey Perry et Jesperi Kotkaniemi.

Brendan Gallagher a inscrit le premier but du Canadien au Centre Bell en 2021. Corey Perry Jesperi Kotkaniemi David Rittich

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

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Pas de feux d’artifice – cette édition du Canadien (CH) en a moins besoin – loin du faste habituel des rentrées montréalaises. Sourires gênés des joueurs à la cantonade; cérémonie touchante avec, au centre, les travailleurs essentiels; gradins obstinément vides : voilà ce qui a accueilli cette équipe 10 mois après qu’elle eut quitté son enceinte.

Après une défaite de 4-2 sans passion contre les Predators de Nashville le 10 mars dernier, le CH a souligné son retour au bercail avec une victoire de 4-2 sans appel face aux Flames de Calgary, cette fois.

Entre les deux : cette pandémie, évidemment, en vertu de laquelle aucune légende n’est venue saluer la foule jeudi soir, inexistante; aucune passation de flambeau, pas plus que d’ovation remplie d’espoirs pour une fois légitimes.

C’était un peu différent, a admis Shea Weber, d’un grand stoïcisme. Ç’aurait été fou si la foule avait été là.

On va attendre pour ce moment-là, a spécifié Jonathan Drouin.

C’était bizarre d’aller au centre de la glace et de lever mon bâton, a dit en souriant, un peu gêné, Jesperi Kotkaniemi.

De toute façon, lever son bâton à l’intention de qui, dans un amphithéâtre qui renvoyait l’écho de chaque crissement de patin? Une petite suggestion : à lui-même. À certains de ses collègues. Au chemin parcouru.

Retour en force

Jonathan Drouin. Jesperi Kotkaniemi. Nick Suzuki. Dans l’ordre, voilà les trois étoiles de la soirée. On pourrait en débattre, mais tous trois ont livré un match abouti.

Lors du dernier match livré au Centre Bell, le premier jouait avec un poignet rafistolé et n’était que l’ombre de lui-même. Les partisans s’inquiétaient. Le deuxième avait été renvoyé à Laval et venait de se blesser à la rate. Ça n’avait rien de drôle. Et le troisième avait frappé le mur, fatigué, usé, en approchant de la fin de sa première saison chez les professionnels.

En moins d’un an, ces trois joueurs, parmi d’autres, ont acquis de la maturité et font du CH une équipe bien plus compétitive. Le potentiel de croissance interne aperçu par Marc Bergevin l’été dernier, sur lequel il a décidé de miser, se confirme un peu plus chaque jour jusqu’à présent.

Les nombreuses acquisitions du directeur général ont changé le visage de cette équipe, mais elle est au moins autant transformée de l’intérieur.

Avec ses deux passes jeudi, Drouin, en pleine confiance, totalise maintenant 8 points en 7 rencontres. Il se plaît à distribuer la rondelle à ses deux compagnons de trio et ne se laisse pas abattre par ses bourdes. Lorsqu’il remet la rondelle à l’adversaire, comme c’est arrivé à deux reprises sur des tentatives de longues passes transversales, il courbe l’échine et redouble d’ardeur pour corriger la bévue.

Son implication en échec avant et en repli défensif est aussi décuplée; une attitude bien différente de ce qu’on a déjà vu.

Suzuki, lui, ne cesse d’impressionner les observateurs : partisans, coéquipiers, entraîneurs. Sa petite passe lobée pour lancer Tyler Toffoli en échappée en désavantage numérique, qui a inscrit son sixième but de la saison, valait le détour. Mais c’est dans l’attention aux détails que le jeu du jeune homme de 21 ans a pris le plus de hauteur, un travail déjà maintes fois salué par Claude Julien.

Et Kotkaniemi gagne en assurance. Il dirige le trafic le long de la bande à la droite du gardien au sein de la deuxième vague d’avantage numérique du Tricolore. C’est d’ailleurs de là qu’il a amorcé le jeu menant au premier but du match, celui de Brendan Gallagher, gracieuseté d'une manœuvre de haute voltige de Corey Perry devant le gardien David Rittich.

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Josh Anderson déjoue David Rittich.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Plus tard, bien servi par Drouin, Kotkaniemi a décampé dans une descente à deux contre un. Josh Anderson a sauté sur son retour de lancer pour enfiler son 4e but de la saison. Au-delà de ces éclats, c’est sa force physique et son coup de patin qui attirent l’attention. Aucun doute : le petit garçon qu’on a connu se transforme lentement en homme.

« Il a pris de la maturité. Il est beaucoup plus fort qu’à sa première saison. Il gagne ses bagarres le long des rampes. À sa première saison, il se retrouvait souvent les quatre fers en l’air. Maintenant, il est capable de tenir son bout. Il prend confiance. »

— Une citation de  Claude Julien, à propos de Jesperi Kotkaniemi

Il est habile avec la rondelle, il fait des jeux, il prend de bons lancers; beaucoup de choses lui donnent l’occasion de lui donner confiance. […] Il a vraiment grandi depuis un an, avec sa blessure et tout. Il a retrouvé son synchronisme et sa confiance, et on essaie de lui donner une chance de la garder, a renchéri Julien.

Les unités spéciales

Ces petits gains mis ensemble ont, jusqu’à présent, très bien servi le Canadien. On n’oserait pas dire que ce sont comme autant de petits flocons de neige qui forment une tempête, franchement, mais disons simplement que le tout est plus grand que la somme des parties.

Les unités spéciales, particulièrement, bénéficient de ce dynamisme des trois joueurs susmentionnés. Et de celui de Corey Perry, de Tyler Toffoli et de Josh Anderson, évidemment.

Montréal a marqué 8 buts en 26 occasions, bon pour une efficacité de 31 %. Plus surprenants encore sont les 5 filets inscrits en désavantage numérique, soit autant que lors des 71 matchs de la dernière campagne. À chaque match, l’agressivité du Tricolore à 4 contre 5 semble lui permettre d’obtenir une échappée.

L’équipe peaufine son jeu en infériorité pour prévenir les menaces adverses. Au 16e rang de la Ligue nationale de hockey (LNH) à 78 %, c’est loin d’être parfait. Elle accorde encore trop de chances de marquer dans ces circonstances, selon l’entraîneur, mais elle corrige lentement le tir, a-t-il ajouté.

La formule qui a fait le succès du Canadien à 5 contre 5 ces dernières années fonctionne encore, même si c’était moins évident dans ce match d’ouverture. Si Montréal domine autant à l'heure actuelle, c’est parce qu’elle y a ajouté la qualité du jeu sur les unités spéciales. Ça aussi, ça a changé en 10 mois.

Il faut bien que jeunesse se passe.

En rafale

Nick Suzuki a obtenu un point dans un septième match de suite. Il en a enregistré deux à égalité numérique, quatre en avantage et un en désavantage. Le voilà aussi constant que polyvalent en ce début de saison.

Le temps de glace de Phillip Danault a diminué par rapport à l’an dernier. Avec beaucoup plus de profondeur, c’était à prévoir. N’empêche : normalement homme de confiance de Julien en désavantage numérique, le Québécois a été le cinquième attaquant le plus utilisé à court d’un homme, jeudi. Julien a expliqué qu’il avait beaucoup plus d’attaquants disponibles pour écouler le temps dans cette facette du jeu cette saison. À suivre.

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Carey Price

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Julien a essayé de préserver le blanchissage de Carey Price, déjoué par une déviation de Milan Lucic à une minute et des poussières de la fin de la rencontre. L’entraîneur a contesté le but pour hors-jeu. La séquence était extrêmement serrée, mais à 4-1 pour son équipe, il pouvait se le permettre, s’est-il justifié. Il a perdu; l’équipe s’est fait décerner une punition, et les Flames en ont ajouté un autre dans les derniers instants. Il y a toujours du travail à faire.

Par ailleurs, le Canadien a accordé une prolongation de trois saisons à Martin Lapointe en tant que directeur du personnel des joueurs, en plus de le nommer directeur du recrutement amateur. Âgé de 47 ans, Lapointe est maintenant sous contrat jusqu'à la fin de la saison 2023-2024.

Jusqu’en novembre, la direction du recrutement amateur était la responsabilité de Shane Churla, qui a accepté une offre des Panthers de la Floride pour devenir le responsable du recrutement amateur.

Avec les informations de La Presse canadienne

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