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« On est tous allés chercher loin au fond de nous » - Yannick Bestaven

Il y a des feux d'artifice derrière lui.

Yannick Bestaven brandit son trophée.

Photo : vendée globe

Yannick Bestaven a franchi la ligne d’arrivée du Vendée Globe en 3e position, mais il a profité d'une bonification de 10 h 15 min pour avoir participé au sauvetage de Kevin Escoffier pour ravir la première place à Charlie Dalin, le premier à être arrivé en tête aux Sables-d’Olonne. Fatigué, mais souriant, le skipper français est revenu sur sa course avec la presse jeudi matin.

Je viens de vivre une arrivée formidable, a-t-il lancé. C’est vrai que je visais de terminer ce Vendée. Je me suis dit : "Si tu termines, tu pourrais faire dans les cinq premiers." Au fur et à mesure de la course, je me suis pris au jeu, il y a eu des abandons, il y a eu des casses. Ça fait partie du Vendée Globe, c’est un marathon.

À tous les marins qui vont franchir l’arrivée, c’est déjà une victoire de terminer un Vendée Globe!

Une citation de :Yannick Bestaven, gagnant de l'édition 2020-2021

Du premier au dernier, je pense que tout le monde a gagné, car on vit tous des hauts et des bas. Tu as beau te dire que tu as pensé à tout, que tu as tout organisé, le Vendée, c’est plein d’imprévus. Ce sont des épreuves à surmonter tous les jours. Tous ceux qui ont prétendu à la victoire ont cru aussi que tout allait s’arrêter. Alors, on est tous allés chercher loin au fond de nous!

Sacrifier des voiles pour s’offrir une préparation mentale

Une course autour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance demande une force mentale hors du commun. Avant de s'embarquer dans cette aventure, Yannick Bestaven ne voyait pas la nécessité de faire appel à un spécialiste. Quand il a pris conscience qu'un préparateur mental était important, il a dû faire un choix étonnant.

J’avoue qu’au début, la préparation mentale, je ne mettais pas cela au premier plan, a-t-il expliqué. Quand j’ai rencontré le préparateur mental qui s’occupe des équipes olympiques, je me suis dit que c’était clair qu’il y avait quelque chose à travailler pour moi. Mais c’est sûr que c’était une dépense supplémentaire. Alors, plutôt que d’acheter certaines voiles neuves, j’ai décidé de faire appel à Éric [Blondeau] le préparateur mental. J’ai appris qu'il faut beaucoup aller chercher au fond de soi-même pour surmonter les épreuves. J’ai compris que cet aspect-là était important aussi. Je l’ai fait, regardez comme cela m’a transformé, a lancé en rigolant le skipper fatigué après 80 jours de course.

Le moment le plus intense du Vendée Globe de Yannick Bestaven est le sauvetage de son ami Kevin Escoffier auquel il a participé. Il a reconnu que c'était une épreuve qu'il l'avait secoué moralement. C'est passablement ému qu'il a raconté cette nuit d'angoisse.

Kevin Escoffier quitte le bateau de Jean Le Cam après son sauvetage.

Spectaculaire sauvetage de Kevin Escoffier

Photo : vendée globe

On a passé une nuit d’enfer, a-t-il dit. Tu n’es pas dans ton bateau, tu es sur le pont en train de chercher un copain dans un radeau de survie. Moi, j’avais froid, j’avais mal sur mon bateau, mais j’imaginais Kevin dans son radeau de survie, comment il devait souffrir.

Les vagues devaient le renverser, car déjà mon bateau était chahuté de toutes parts. Plus les heures passaient et plus je pensais que c’était fini! Cela m’a remué, j’ai mis du temps à me remettre dans la course après cela.

Jean Le Cam au pied du podium

Le Français Jean Le Cam (Yes We Cam!), doyen à 61 ans du Vendée Globe, a franchi la ligne d'arrivée aux Sables-d'Olonne dans la soirée de jeudi.

Le Cam est le huitième navigateur arrivé aux Sables-d'Olonne, mais il a pris finalement la 4e place de la mythique course en solitaire avec les 16 h 15 min de compensation accordées pour le sauvetage de Kevin Escoffier.

Huit concurrents sont arrivés à bon port en moins de 24 heures, du jamais vu dans l'histoire de l'épreuve, et 17 sont encore en mer.

(Agence France-Presse)

Quand il a franchi la ligne d'arrivée, Yannick Bestaven est allé à la rencontre de Charlie Dalin qu'il venait de détrôner. Une rencontre de gentlemen, comme il l'a confié.

J'ai félicité Charlie (Dalin) pour sa belle course, il s’est bien battu. Il a coupé la ligne d’arrivée le premier et je l’ai félicité pour sa réaction quand il a vu qu’il était rétrogradé à la deuxième place, car il a réagi en grand sportif malgré toutes les polémiques qu’on a pu entendre sur le temps compensé. Je l’ai remercié de ce fair-play, de cette sportivité et je lui ai dit : "Dans quatre ans, c’est toi qui le porteras le trophée. Tu verras, il est bien lourd."

Avec les informations de Vendée Globe

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