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L’empreinte de Claude Julien

Les entraîneurs se tiennent debout et portent un masque.

Claude Julien et Kirk Muller derrière le banc des joueurs

Photo : Getty Images / Claus Andersen

Dans l’équilibre des trios, dans le style de jeu de l’équipe, dans la confiance qu’il accorde aux jeunes joueurs, Claude Julien fait du Canadien, plus que jamais, une équipe à sa main.

Tout entraîneur veut développer, engendrer une équipe à son goût, évidemment. Mais là où son empreinte n’était auparavant qu’éphémère, effacée par la première houle, les premières vagues de la saison, faute de ressources, elle pourrait, cette fois, laisser une trace durable.

Prenons la philosophie de jeu de l’équipe, taillée sur mesure pour un groupe bien équilibré. Il en a souvent été question. Du jeu rapide, autant dans l’explosion que dans la prise de décision, basé sur une pression constante de l’adversaire pour créer des revirements et sur un soutien indéfectible des attaquants aux défenseurs profondément dans leur territoire pour bondir vers l’avant le plus vite possible.

En 2018-2019, la recette, alors nouvelle, avait failli fonctionner. Le CH était resté à court de trois petits points pour obtenir la qualification aux éliminatoires la plus difficile de l’histoire de la LNH à 98 points, tandis que la moitié de l’effectif avait connu la meilleure saison de sa carrière tout en restant en santé majoritairement.

L’an dernier, rebelote pendant 19 matchs. Puis sont survenues les blessures à Jonathan Drouin et à Paul Byron. L'équipe ne s’en est jamais remis.

Claude Julien n’a toutefois pas dévié de sa voie, convaincu qu’il semble être de la justesse de celle-ci. Il a donc appliqué la même formule en ce début de campagne aux allures de sprint. Avec de flamboyants résultats après six petits matchs.

L’absence de Joel Armia samedi soir aurait difficilement pu passer plus inaperçue, sans désaveu aucun au Finlandais. Corey Perry s’est inséré dans la formation avec une déconcertante facilité et le Tricolore n’a jamais ralenti la cadence contre les Canucks.

Julien a maintenant les joueurs à sa disposition pour pratiquer son style de jeu hautement exigeant et pour tenter de ménager leurs forces en répartissant le plus possible le temps de glace. Ç’aurait toutefois pu, voire dû, être un défi de faire de ce groupe aux nombreux nouveaux visages une équipe soudée en si peu de temps. Ça n’a pas été le cas.

Le mérite en revient certainement aux meneurs, mais aussi à l’entraîneur-chef.

Il a fait un très bon travail pour garder les trios intacts. Pour donner une chance à tout le monde. Ça peut être difficile quand tu arrives si tu ne joues pas. Il nous a donné une chance de nous acclimater les uns aux autres, de nous habituer à la nouveauté. Il y a certains trucs qu’on ne fait pas bien, mais il ne se fâche pas, il enseigne. C’est facile de s’ajuster. J’ai l’impression que les autres nouveaux diraient la même chose, a laissé tomber, mardi, Tyler Toffoli, choisi première étoile dans la LNH pour ses cinq buts et huit points la semaine dernière.

C’est agréable depuis le premier jour. J’ai aimé l’attitude dès le début du camp d’entraînement. Les joueurs qui sont à Montréal depuis longtemps étaient extrêmement contents d’être de retour et les nouveaux aiment leurs coéquipiers. Ça s’est transposé dans notre jeu jusqu’à présent.

Claude Julien

Il reste 50 matchs, faut-il le préciser. Et le CH a encore bien de la place à l’amélioration, en défense particulièrement, ce qui rend d’autant plus impressionnant son début de saison sur les chapeaux de roue.

La formation que Julien a concoctée est toutefois la plus équilibrée de la Division canadienne. Moins de six minutes (5 min 40 s exactement) de temps de glace séparent l’attaquant le plus utilisé du moins utilisé, bien loin des écarts des rivaux directs, que ce soient les Maple Leafs (18:11), les Jets (15:32), les Oilers (14:08), les Flames (12:56), les Canucks (11:20) ou les Sénateurs (9:24).

La jeunesse

Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années, comme l’a dit Corneille, pas le chanteur, l’autre.

Pour une raison ou pour une autre, Julien a souvent eu la réputation d’un entraîneur de la vieille école, incapable de donner un peu d’air à ses jeunes joueurs. Un mythe qui vole en éclats cette saison.

Son attaquant le plus utilisé, Nick Suzuki, n’a que 21 ans. En défense, Alexander Romanov vient au 4e rang de la ligue pour le temps d’utilisation parmi les recrues à 19:05 en moyenne par match.

Il manie la rondelle dans le coin de la patinoire pendant un match

Nick Suzuki

Photo : Getty Images / Codie McLachlan

Et Jake Evans, un joueur de centre de 24 ans certes, mais qui en est encore à ses balbutiements dans la grande ligue, avait assuré son poste avant même le début du camp. Non pas qu’on lui fabriquait des promesses farfelues, mais parce que l’entraîneur en avait assez vu dans la bulle l’été dernier pour savoir que le jeune homme était prêt à accepter de plus grandes responsabilités.

Il est d’ailleurs rapidement devenu l’homme à qui il s’en remet le plus en désavantage numérique, après Phillip Danault et Artturi Lehkonen, avec 2 min 21 s en moyenne par match.

Lorsqu’on l’a interrogé sur cette réputation qu’il traîne depuis longtemps, Julien a tenu à démystifier le tout, sans se braquer pour autant.

Une réputation, est-ce vraiment une réputation ou c’est que les gens croyaient quelque chose? J’ai toujours eu de bonnes relations, toujours bien travaillé avec les jeunes. J’ai plusieurs exemples dans le passé. Des fois, ça paraît comme si tu ne travailles pas bien avec eux, mais je l’ai toujours fait. (Torey) Krug, (David) Pastrnak, David Krejci à sa première saison. Des exemples, j’en ai à la tonne. Brad Marchand à sa première année, il a commencé sur un quatrième trio et il a fini sur le premier. Je ne sais pas qui a voulu me donner cette réputation. Elle est fausse. Ce que tu vois avec Suzuki, Romanov, nommes-en, etc. Je l’ai toujours fait avec les jeunes.

La défense

Le jeu défensif, valeur cardinale de cet entraîneur, a été mis à mal depuis l’entame. Normal, jusqu’à un certain point, pour une équipe qui a accueilli plusieurs nouveaux joueurs, qui a tenu un court camp d’entraînement sans match préparatoire et qui a, conséquemment, soumis ses méthodes directement à l’épreuve du feu. Parfois, ça brûle.

Surnombres, jeu brouillon dans le territoire, mauvaises lectures de jeu lors des contre-attaques de l’adversaire, on a vu un peu de tout.

L’attaque a rattrapé le coup jusqu’ici. Mardi, le Canadien s’est attelé à la tâche. Voilà un joli répit de cinq jours entre le dernier duel à Vancouver et le prochain contre les Flames, qu’il compte bien mettre à profit.

À l’entraînement mardi, l’accent a justement été mis sur la stratégie défensive lors des montées adverses. Ne pas jouer l’homme, ne pas se compromettre, surtout s’il y a surnombre. Tenir le coup au milieu de la zone défensive comme il l’a spécifié à Josh Anderson, trop prompt à s’attirer la couverture d’un seul homme.

Des indications qui s’entendaient jusque sur la galerie de presse dans un amphithéâtre désespérément vide.

S’il fallait que l’empreinte de Julien finisse aussi par être visible dans cette facette…

En rafale

Le Canadien a tenu son premier entraînement de la saison au Centre Bell. Il s’agissait de se familiariser avec les installations, la nouvelle façon de faire, la disposition des casiers dans le vestiaire, l’environnement sur la glace avec ses immenses bâches bleues et rouges qui recouvrent les premières rangées de gradins.

Joel Armia a sauté sur la glace en compagnie d’un thérapeute de l’équipe après l’entraînement de ses coéquipiers. Le Finlandais a subi une commotion cérébrale après la mise en échec de Tyler Myers jeudi dernier. Julien s’est dit encouragé, mais demeurait prudent dans l’évaluation de son joueur.

Souvent, les choses vont bien, il faut être encouragé. Mais parfois, avec les commotions, il y a des reculs. On est prudents dans notre optimisme. On aime ce qu’on voit, on espère que ça va continuer, a-t-il indiqué.

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