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Chronique

Attendons avant de décider du sort des Jeux de Tokyo

Un homme portant un masque marche devant les anneaux. olympiques à Tokyo.

Les anneaux olympiques

Photo : Getty Images / Behrouz Mehri

Depuis quelques jours, la machine à rumeurs olympiques est en branle. Nos athlètes avaient finalement accepté de vivre avec une dose d’insécurité quant à l’avenir des Jeux de Tokyo, mais là, si on commence à jouer au yoyo avec leurs émotions, ça deviendra insoutenable.

Aucun athlète n’osera se plaindre, sachant très bien que des milliers de personnes ont perdu leur emploi pendant la pandémie ou, pire encore, un de leurs proches. Dans cette perspective, les Olympiques deviennent bien sûr moins pertinents dans l’opinion publique.

Par contre, lorsque j’entends que c’est juste du sport, là, je sursaute. Ce n’est pas JUSTE du sport, c’est un métier, un métier rarement profitable et pour lequel l’athlète a normalement une seule chance de performer au plus haut niveau.

Si les JO de Tokyo sont annulés, cela voudra dire qu’il y aura huit années complètes entre deux Jeux d’été, de 2016 à 2024. Imaginez ce que cela veut dire quand, une semaine avant les Jeux de Rio, personne ne connaissait le nom de Penny Oleksiak. Huit ans, c’est la moitié de l'âge qu'elle avait au moment où elle a gagné quatre médailles pour le Canada.

Une nageuse dans son couloir après sa course

Penny Oleksiak

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Imaginez ce que cela veut dire lorsqu’un athlète comme Antoine Valois-Fortier décide de continuer après les Jeux de Rio pour tenter une fois de plus de monter sur le podium comme il l’a fait à Londres en 2012.

C'est un peu la même chose pour les plongeuses Jennifer Abel et Meaghan Benfeito. Elles ont décidé de continuer leur carrière après Rio.

Imaginez ce que cela veut dire pour ces athlètes que vous ne connaissez pas et qui s’endettent de plusieurs milliers de dollars par année dans l’espoir de représenter notre pays aux Olympiques et que, finalement, ils n’auront pas cette chance et devront se trouver un autre emploi pour payer leurs dettes.

Une plongeuse en action

Meaghan Benfeito

Photo : AFP / Fabrice Coffrini

Une génération d’athlètes s’en trouverait gravement affectée. Huit ans, c’est plus que la durée moyenne d’une carrière athlétique au niveau international. Ce serait donc absolument catastrophique si les Jeux de Tokyo étaient officiellement annulés.

Nos athlètes sont des experts pour rester concentrés sur la tâche à accomplir et bloquer les distractions. Des spécialistes travaillent avec eux pour développer des techniques psychologiques qui leur permettent de performer sous la pression olympique. Par contre, je crois que cette fois, c’est trop fort. J’ai peur que plusieurs commencent à douter ou même à abandonner, voyant que l’étau se ferme sur Tokyo, sur leur rêve.

Au mois de mars dernier, je menais une campagne avec plusieurs autres anciens athlètes olympiques demandant au Comité international olympique d’annoncer le plus vite possible que, de toute évidence, les Jeux de Tokyo ne pourront pas commencer comme prévu le 24 juillet 2020.

Maintenant, la situation est bien différente. Il n’y a plus de deuxième chance, et il y a déjà des coûts engendrés par le report. Voilà pourquoi j’espère que nous attendrons jusqu’à la dernière minute pour prendre une décision sur la tenue des Jeux ou pas.

La situation mondiale change d’une semaine à l’autre, donc nous devrions attendre jusqu’à trois mois avant la cérémonie d’ouverture pour officialiser la décision.

Je sais, ce n’est pas si simple que d’organiser des Jeux. Et au-delà de l’organisation sur place, il y a des milliers de conteneurs de matériel venant de plus de 200 pays qui doivent être acheminés vers le port de Tokyo.

De toute façon, il est clair que nos athlètes ne s’attendent pas à l’expérience olympique complète. Tout ce qu’ils espèrent, c’est de pouvoir au moins entendre le coup de départ.

Nous pouvons donc y aller de nos prédictions et même débattre sur ce qui devrait être fait ou pas, mais S. V. P., attendons jusqu’à la dernière minute.

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