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Chronique

Prendre le dessert avec Hank Aaron

Balle de baseball déposée parmi des roses pour honorer Hank Aaron.

Mémorial consacré à Hank Aaron

Photo : AP / John Bazemore

C’était au début des années 1990. Les Expos vivaient encore et ils partageaient leur site d’entraînement avec les Braves d’Atlanta à West Palm Beach.

Un soir, j’ai l'occasion d’aller souper avec Claude Raymond. Comme il avait terminé ses tournages pour Radio-Canada assez tard, ce n’est que vers 20 h 30 qu’on se retrouve au restaurant.

Les tables se vident peu à peu et, quand on arrive au dessert, il ne reste plus tellement de clients.

De l’autre bout de la salle, on entend alors : Hey Frenchie, how aaaaarrre you?

Claude s’empresse de répondre : Hammer, come sit with us!

Claude Raymond qui invite un des plus grands joueurs de l’histoire du baseball à se joindre à nous pour le digestif. Et voilà Hank Aaron qui s’amène.

Il prend la peine de me demander si ça me dérange… Le jeune journaliste et vieil amateur de baseball que j’étais en était resté un peu sonné.

À partir de ce moment, Claude et son ancien coéquipier se sont mis à échanger de vieux souvenirs.

Visiblement, Aaron avait apprécié la présence de Raymond avec les Braves d'Atlanta. Entre autres, parce que Frenchie ne tardait jamais à venir à la défense de ses coéquipiers.

Si Aaron ou un autre joueur des Braves se faisait frôler les oreilles par un lancer, le Québécois n’hésitait pas à répliquer en faisant la barbe à un adversaire avec une balle rapide.

Les deux hommes se rappelaient les mêmes batailles et se souvenaient également de leurs coéquipiers les plus courageux, comme des plus peureux.

Ce soir-là, il a été peu question d’exploits, mais ils se sont remémoré une série de beaux moments. Claude lui a notamment rappelé qu'il lui avait une fois prédit qu’il frapperait un circuit à sa présence suivante, et il l’a fait.

Au fil des années, lorsqu'on vantait les exploits d’un jeune frappeur, Claude les comparait souvent à ceux de Hank Aaron.

Quand on s’enthousiasmait devant un joueur qui atteignait le plateau des 40-40 (40 circuits, 40 buts volés), Claude disait simplement que Aaron l’aurait réussi tous les ans, s’il avait cru que c’était important. Pour lui, voler des buts, c’était uniquement pour aider à gagner un match.

Même si le record de 755 circuits de Hank Aaron a été battu par Barry Bonds et ses stéroïdes, Claude considère encore son ancien coéquipier comme le meilleur de tous les temps.

Moi, il m’aura procuré une des plus belles soirées de toute ma carrière.

Et, permettez-moi de saluer M. Claude Raymond, et de lui offrir mes condoléances.

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