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Hank Aaron, un grand joueur au grand coeur, selon Claude Raymond

Il suit la trajectoire d'une balle qu'il vient de frapper.

Hank Aaron lors d'une présence au bâton en 1971

Photo : AP / Jack Harris

Quand Claude Raymond apprend la mort d’un de ses anciens coéquipiers, c’est comme s’il perdait « un membre de la famille ». Il s'est dit bouleversé par le décès de Hank Aaron, qu'il a côtoyé pendant six saisons dans les années 1960.

J’ai été ébranlé par la nouvelle, a-t-il confié à Radio-Canada Sports. En décembre, je l’ai vu remettre le trophée des meilleurs frappeurs dans le baseball majeur, il avait l’air en forme. Quand tu as joué avec Hank Aaron, tu as joué avec l’un des meilleurs au monde.

Claude Raymond ne peut s’avancer à dire si Hank Aaron est le meilleur frappeur de l’histoire.

J’ai pas vu jouer Ty Cobb ni Babe Ruth, c’est difficile à dire. Mais c’était tout un cogneur. Il pouvait frapper la balle à 350 pieds, 460 pieds s’il le voulait. Mais ce qu’il détestait le plus, c’était être retiré sur trois prises avec des coureurs en position de marquer. Ça vous donne une idée du genre de coéquipier qu’il était.

C’est ce que le lanceur québécois retient de Hank Aaron. Il a encore plein de records en son nom. Mais ce que je retiens de lui, c’est un gars humble, qui n’élevait jamais la voix, et qui voulait aider. Comme coéquipier, tu ne pouvais pas avoir mieux.

Celui qu’on surnommait The Hammer (le marteau) était reconnaissant du travail accompli par ses coéquipiers, et il était important pour lui de leur rendre justice. Je me souviens d’un match en 1966. Je venais de rentrer au banc, après la huitième manche. Hank était assis à côté de moi. Il m’a dit qu’il allait aller frapper un coup de circuit pour moi.

Et il l’a fait! Il a expédié la balle de Jack Baldschun des Phillies par-dessus le champ gauche!

Claude Raymond

Solidarité

Hank Aaron pouvait aussi compter sur le soutien de son équipe dans une période très difficile pour les athlètes noirs aux États-Unis. Dernier joueur issu des Ligues des Noirs à avoir joué dans les majeures, il a notamment reçu des menaces de mort au moment où il s’approchait du record de circuits de l’icône américaine par excellence à l’époque, Babe Ruth. Une marque qu’il fracassera en 1974, et qui tiendra jusqu’en 2007.

S’il accompagnait la plupart du temps le reste de l’équipe lors des sorties au cinéma ou au restaurant, Hank Aaron se voyait refuser l’accès à des hôtels dans le sud des États-Unis. Claude Raymond se souvient très bien de la réaction des joueurs à ce moment.

Quand on allait jouer à Houston ou Saint Louis, au début des années 1960, il fallait arrêter déposer Hank et les joueurs noirs dans les quartiers noirs. On ne pouvait pas les amener avec nous à l’hôtel. Des gars comme Warren Spahn ou Eddie Matthews s’interposaient dans l’autobus. Ils disaient: "Ça n’a pas de bon sens!"

Mais Aaron savait qu’il ne pourrait pas entrer dans l’hôtel avec nous. Donc, on le laissait, et on le retrouvait le lendemain au stade…

Carte de joueur de Claude Raymond dans les couleurs des Braves.

Claude Raymond a joué 181 parties avec les Braves de Milwaukee et les Braves d'Atlanta.

Photo : Braves d'Atlanta

Une fois, en Floride, Claude Raymond et ses coéquipiers ont fait preuve d’une grande solidarité afin d’empêcher le racisme de gagner.

Un nouvel hôtel venait tout juste d’être construit. La politique était encore à ce moment de refuser l’entrée à des clients noirs. On devait être logés là pour un camp d’entraînement. On a exigé que tous les joueurs puissent y être. L’hôtel a refusé, se souvient-il.

 On s’est donc tous déplacés dans une petite ville, Palmetto, là où on a loué un motel. Un plus petit motel, mais comme on avait notre Hank avec nous, on était tous contents!

Claude Raymond

Plus qu’un bon frappeur ou un bon voltigeur, Hank Aaron était l’athlète incarnant le mieux les valeurs d'honnêteté et de bonne conduite qui devraient caractériser le sport, selon Claude Raymond.

Dans mon livre à moi, c’est lui le roi du baseball. Quand on me demande quel joueur a frappé le plus de coups de circuit dans l’histoire, je réponds le numéro 44 des Braves, Hank Aaron!

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