•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le rêve américain d'une joueuse de basketball montréalaise

La joueuse de basketball montréalaise s'apprête à prendre un lancer dans un match contre Nebraska.

Kiandra Browne

Photo : Missy Minear/Indiana Hoosiers

Kiandra Browne est partie de la maison au mois d’août pour aller jouer au basketball en Indiana. Elle y est toujours.

Ce n’est pas la première fois que son sport l'a tenue loin de chez elle pour la période des Fêtes, mais c’est la première fois qu’elle devait se contenter de voir sa famille sur un écran de téléphone ou d’ordinateur.

La jeune femme de 18 ans, bientôt 19, est prête à bien des sacrifices pour atteindre ses objectifs.

Même si elle a grandi dans une famille anglophone, Kiandra Browne a choisi de terminer ses études secondaires en français à l’école de Saint-Laurent, reconnue pour son excellent programme de basketball.

À un moment donné, je me suis dit que j’allais faire quelque chose avec mon basket, m’améliorer pour aller au prochain niveau et aller aux États-Unis au niveau universitaire pour poursuivre les rêves que j’avais d’aller aux Olympiques et en WNBA, raconte-t-elle.

Si je voulais atteindre tous ces rêves et tous ces buts, il fallait que je me mette dans une ambiance et dans une école qui pouvait m’aider. J’ai vraiment trouvé ça à Saint-Laurent avec coach Dan.

Je suis vraiment contente d’avoir fait ce choix et d’être allée à Saint-Laurent. C’est vraiment un des meilleurs choix que j’ai faits de ma vie.

Elle a connu la progression souhaitée et, après des passages fructueux au sein de l’équipe du Québec lors des compétitions nationales, elle a attiré l’attention de l’équipe canadienne et de quelques universités américaines.

Aujourd’hui, elle se retrouve dans l'une des meilleures régions de basketball des États-Unis avec les Hoosiers de l’Université de l’Indiana.

Encerclée par trois joueuses du Nebraska, elle s'apprête à lancer le ballon vers le panier dans un match de basketball.

Kiandra Browne

Photo : Missy Minear/Indiana Hoosiers

Cette année, elle devait se contenter d’être red shirt, c’est-à-dire de faire partie de l’équipe, mais sans disputer de match. La pandémie a toutefois changé les données. La NCAA a décrété que les athlètes qui participeraient à la saison écourtée ne perdraient pas d’année d’admissibilité.

Kiandra Browne a donc été insérée dans la formation. Même si elle joue un peu moins de 10 minutes par match en moyenne, elle va chercher une expérience qu’elle n’aurait pu acquérir uniquement en s’entraînant avec l’équipe.

Elle a vécu une expérience particulière la semaine dernière quand les Hoosiers ont affronté leurs grandes rivales de l’Université Purdue, où joue une autre Québécoise, Tamara Farquhar.

La jeune athlète de la banlieue ouest de Montréal ne regrette pas le choix qui l’a menée dans cette région des États-Unis.

Le basket féminin en Indiana, c'est vraiment gros, dit-elle. Je me fais remarquer dans la rue, dans les boutiques. Des gens, surtout des jeunes filles, viennent me voir et me demandent si je joue pour Indiana. Il y en a qui me reconnaissent, qui me disent : "Ton nom c’est Kiandra, tu viens du Canada..." Je n’en reviens pas.

Je suis vraiment contente d'être quelque part où la différence n'est pas si grande entre le basketball féminin et le basketball masculin.

À la recherche de modèles

Contrairement aux jeunes garçons, les jeunes filles qui veulent faire une carrière sportive n’ont pas souvent la chance de voir leurs idoles à la télé.

Les athlètes féminines formaient 59 % de l’équipe olympique canadienne à Rio et elles ont remporté 73 % des médailles. L’ennui, c’est qu’on ne les voit pratiquement que tous les quatre ans.

Kiandra Browne aimerait avoir la chance de devenir un exemple pour les jeunes basketteuses du Québec.

Je veux être cette personne pour d’autres jeunes femmes, lance-t-elle. Je veux être celle que les jeunes joueuses au Québec regardent et se disent : "Kiandra a fait ça, moi aussi, je peux le faire."

Et comme bien des athlètes féminines, quand on lui demande si elle avait des idoles ou des modèles pour lui ouvrir le chemin, Kiandra Browne répond sans hésitation, avec un grand sourire : Ma mère!

Elle a tellement travaillé fort pour nous élever, ma sœur et moi. Ma grand-mère aussi. Personnellement, j’ai eu des modèles qui sont des femmes fortes qui m’ont montré que je suis capable de faire plein de choses.

Le fait d’avoir été entourée de femmes avec de l'ambition, qui avaient des rêves, qui ont accompli leur rêve, je pense que c'est ce qui m'a poussée à continuer et à montrer aux jeunes qu'on peut le faire.

En Indiana, l’entraîneuse-chef est Teri Moren.

Même si elle dit ne pas avoir de préférence, Kiandra Browne est heureuse d’être dirigée par une femme.

J'aime ça voir une femme en position de pouvoir, dit-elle. Ma coach actuelle, c'est une femme et dans son personnel, il y a plein d'entraîneurs hommes.

De la voir en train de leur dire : "Fais ci, fais ça", ça me motive et ça me montre qu'il n'y a pas que les hommes qui peuvent le faire.

La relève

L’équipe canadienne senior qualifiée pour les Jeux olympiques de Tokyo ne compte aucune athlète québécoise.

Selon les observateurs, ce n’est qu’une question de temps avant qu’on trouve de dignes héritières aux Sylvia Sweeney, Isabelle Grenier, Lizanne Murphy et autres.

Du Vermont à l’Utah, en passant par le Texas, le Kansas et l’Indiana, 21 jeunes Québécoises jouent au basketball en division 1 de la NCAA.

Les athlètes québécoises ont balayé les titres des catégories U-15 et U-17 lors des plus récents championnats canadiens.

Bref, la relève est là et Kiandra Browne en fait partie.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !