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Le jeu du Canadien tombe en place, ses joueurs, au combat

Deux joueurs sur la glace jouent du genou.

Tyler Toffoli bataille avec Tyler Motte pour la rondelle.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

C’était encore brouillon, imparfait, dissipé même, par moments. Mais l’on voit où le Canadien veut en venir et la stratégie fonctionne. Après sa victoire écrasante de 7-3 contre les Canucks, le voilà avec l’attaque la plus prolifique de la LNH.

Qui l’eût cru, honnêtement?

Jeudi soir, à Vancouver, le duel était âprement disputé jusqu’en fin de deuxième période. Puis, soudainement, le CH a explosé avec trois buts en 1 min et 34 s, dont deux en l’espace de 9 secondes. Une force de frappe insoupçonnée, en dépit des améliorations évidentes pendant l’entre-saison, qui a guidé l’équipe vers ce massacre.

Comme si les Canucks s’étaient subitement vidés de leur substance. Pour le comprendre, il faut probablement remonter à la veille. Quatre attaquants de Vancouver ont obtenu entre 20 et 24 minutes de jeu mercredi. Cruellement en manque de défenseurs, Travis Green, l’entraîneur des hommes de l’Ouest, envoyait constamment ses deux premiers défenseurs, Quinn Hughes (27:03) et Nate Schmidt (27:42) dans la mêlée.

Pendant ce temps, Claude Julien gérait jalousement le temps d’utilisation de ses ouailles à l’attaque pour que chacun d’entre eux passe entre 12 et 18 minutes sur la glace. C’est une stratégie qu’il a toujours appréciée, qui a fait ses preuves, qu’il a tentée récemment, sans grand succès, car il ne sert à rien d’étaler le talent quand vous en avez pauvrement, contrairement à la confiture.

Cette fois, par contre, du talent, il y en a, et réparti dans la formation.

Alors, quand Vancouver a tenté de démarrer en trombe dès le début du match, Julien se doutait bien qu’il pourrait reprendre le dessus si son équipe parvenait à traverser la tempête.

On en avait parlé, a expliqué l’entraîneur après la rencontre. Ils sont sortis vraiment fort en première période. Quand tu regardes leurs matchs, ils ont toujours de bons départs. Il fallait être prêt et j’ai trouvé qu’on a fait un bon travail. On a eu quelques punitions et ils ont marqué un but. Mais dès la deuxième période, on a pris notre erre d’aller.

Ç’avait commencé hier soir. Claude a réussi à répartir le temps de glace malgré les nombreux avantages et désavantages numériques. On a pu en voir les bénéfices ce soir. On était sur eux rapidement dès la deuxième. On avait les jambes plus reposées et ça se voit sur la glace.

Nick Suzuki

Ce repos jumelé à de bons instincts offensifs dans tous les trios a permis au Tricolore d’exploser à l’attaque. Jusqu’à présent, chaque match était l’affaire d’un trio qui transportait le reste de ses coéquipiers sur ses épaules.

Jeudi, exception faite de Phillip Danault et de Tomas Tatar, tous les attaquants ont amassé au moins un point. On a bien dit Danault et Tatar et non Artturi Lehkonen et Jake Evans.

D’ailleurs, Danault connaissant une mauvaise soirée, dixit Julien, l’entraîneur s’est permis de l’employer au strict minimum pour un total de 10 min et 58 s. Il a jugé qu’il pouvait se priver de celui qui était jusqu’à tout récemment son premier centre et le ménager du même coup. Un luxe que Julien n’aurait jamais pu s’offrir l’an dernier.

Adaptation fulgurante

Tyler Toffoli a repris là où il avait laissé après son tour du chapeau la veille et a inscrit deux buts, dont un en infériorité numérique, et une passe. Son partenaire Joel Armia a réussi la soirée de sa vie avec deux buts, dont un en infériorité numérique, et deux passes. C'est un premier match de quatre points dans son cas.

Une démonstration de toute puissance assombrie par le coup d’épaule qu’Armia a reçu directement à la tête, gracieuseté du géant de 2 m (6 pi 7 po) Tyler Myers, dans les toutes dernières minutes du match. Myers a écopé d’une punition majeure sur la séquence et a été chassé de la rencontre. Reste à voir si le département de la sécurité des joueurs décidera de sévir contre le défenseur des Canucks.

Paul Byron a également quitté le match en troisième période après avoir reçu un violent tir de Shea Weber sur le pied. Son état de santé sera évalué quotidiennement.

Armia a subi une commotion cérébrale, a confirmé Julien. En vertu du protocole de la LNH pour ce type de blessure, il ratera, au minimum, une semaine d’activités.

Au-delà des risques évidents pour la santé du Finlandais, la perte est significative. Le trio qu’il forme avec Toffoli et Jesperi Kotkaniemi a amassé 14 points dans les deux derniers matchs. Ils avaient obtenu 77,8 % des chances de marquer lorsqu’ils étaient sur la glace (14 contre 4), avaient dominé leurs adversaires 5-1 pour les buts à cinq contre cinq, sans compter les deux filets réussis en désavantage et l’autre en supériorité.

Bref, une domination outrageuse.

Parmi les autres nouveaux venus, Josh Anderson a aussi trouvé le fond du filet jeudi soir, Jake Allen a décroché sa deuxième victoire en deux départs et Joel Edmundson gagne ses galons auprès de son entraîneur et obtient de plus en plus de responsabilités.

Deux joueurs foncent vers le filet.

Joel Edmundson plaque Tyler Motte devant Jake Allen.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Alors, cette intégration, c’est complet?

Je ne dirais pas que c’est fait, mais on y arrive. Ça aide qu’on ait autant de gars avec de l’expérience et qui ont joué pour plusieurs équipes. Mais il y a de la place à l’amélioration, a laissé tomber le capitaine Weber.

C’est vrai qu’il y a la place à l’amélioration, surtout en défense. Et c’est bien la beauté de l’affaire pour le Tricolore.

En rafale

Le capitaine des Canucks, Bo Horvat, n’avait jamais marqué contre le CH à ses huit premiers affrontements. Il a maintenant cinq buts à ses trois derniers.

Avec une passe sur le deuxième but de la saison de Brendan Gallagher, Ben Chiarot est devenu le dernier joueur de l’édition 2020-2021 du Canadien à obtenir un point.

Montréal trône au sommet de la ligue avec 24 buts marqués en 5 matchs. Son avantage numérique tourne toujours à 30 % d’efficacité et l’équipe a inscrit 4 buts en désavantage numérique, tandis qu’aucune autre formation n’en a réussi plus qu’un jusqu’à présent. Ces valeurs ne demeureront évidemment pas aussi élevées, mais cette attaque est transformée.

Claude Julien est demeuré calme, mais semblait profondément choqué par la mise en échec dangereuse de Myers sur Armia. L’entraîneur a condamné le geste.

Je n’ai pas aimé la mise en échec de Myers. [Armia] ne l’a pas vu venir. C’est un coup d’épaule qui semblait haut. Je pense que les arbitres ont bien réagi en lui décernant un cinq minutes. Reste à savoir ce que le côté discipline de la ligue veut faire. Mais je n’ai pas aimé le coup, surtout à 2 minutes et 28 secondes [de la fin du match]. Un gros gaillard de 6 pi 7 po. Est-ce que c’était nécessaire? Surtout qu’on essaie de nettoyer ce genre de mises en échec là dans la Ligue nationale, a-t-il fait valoir.

Les deux équipes remettront ça pour une troisième fois en quatre jours samedi. Le Canadien rentrera à Montréal le lendemain.

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