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Le basketball féminin se porte bien au Canada

Regroupées devant le banc des joueuses et se tenant par les épaules, les membres de l'équipe canadienne de basketball féminin célèbrent leur qualification olympique.

Les membres de l'équipe canadienne de basketball célèbrent leur qualification olympique.

Photo : The Canadian Press / JASON FRANSON

Le basketball canadien est en plein essor. Le championnat des Raptors en 2019 et la présence de plus en plus visible des Canadiens dans la NBA contribuent à faire grandir la popularité de ce sport inventé par le Canadien James Naismith en 1891.

L’arrivée des Montréalais Luguentz Dort et Karim Mané dans le grand circuit américain témoigne de la croissance du basketball chez nous. C'est un élément d’attraction pour les jeunes qui veulent suivre leurs traces.

Mais qu’en est-il du basketball féminin? Profite-t-il de cet engouement?

Le basketball canadien se porte au moins aussi bien du côté féminin, et peut-être même mieux.

L’équipe féminine du Canada est classée au 4e rang mondial et est déjà qualifiée pour les éventuels Jeux olympiques de Tokyo, contrairement à l’équipe masculine.

Mais les joueuses n’ont pas la notoriété des joueurs de l’équipe masculine, notamment parce qu’elles ne bénéficient pas de l'exposition médiatique de leurs collègues qu’on peut voir régulièrement à la télé lors des matchs de la NBA.

De plus, on ne retrouve présentement aucune Québécoise au sein de la formation canadienne, ce qui n’aide pas à la faire connaître au Québec.

Lizanne Murphy, de Beaconsfield, a été au cœur du développement de l’équipe nationale.

Arrivée avec l’équipe canadienne en 2005, elle a participé aux Jeux olympiques de Londres et de Rio. Elle a aussi disputé deux Championnats du monde de la FIBA, y compris celui de 2014, lorsque l’équipe a terminé au 5e rang, le meilleur résultat des Canadiennes depuis 1986.

Joueuse professionnelle pendant près de 10 ans, elle a pris sa retraite après Rio et travaille maintenant au Comité olympique canadien, en plus d’être entraîneuse adjointe au Collège Dawson et d’œuvrer au sein du conseil d’administration de Basketball Québec.

Pour elle, la notoriété du basketball féminin passe par la diffusion des matchs à la télévision, mais elle estime que son sport est en meilleure santé que jamais.

Il faut d’abord regarder le volume de participation. On ne peut pas évaluer le succès uniquement en regardant les Jeux olympiques. Il n’y a que 12 joueuses qui vont aux Olympiques tous les quatre ans, fait-elle observer.

Il faut regarder le nombre de petites filles qui commencent à jouer au basket à l’âge de 5 ou 6 ans, qui jouent tout l’hiver avant de jouer au soccer ou à un autre sport durant l’été.

Il faut voir le nombre de jeunes filles qui jouent dans des équipes aux championnats provinciaux et qui continuent dans les championnats au cégep.

Il faut même penser aux ligues de garage. Si on a encore des femmes qui continuent de jouer dans ces ligues, ça nous dit que notre sport n’a jamais été aussi populaire.

Avant la pandémie, plus de 50 000 personnes jouaient au basket organisé au Québec.

La fédération ne tient pas les statistiques de genre, mais on évalue que les équipes féminines constituent un tiers des membres, ce qui veut dire que plus de 15 000 filles et femmes jouent au basket.

Si on ne retrouve aucune Québécoise au sein de l’équipe canadienne senior, il y en a quelques-unes à tous les niveaux inférieurs comme parmi les U-19 et U-18.

De plus, il y a maintenant plus d’une vingtaine de Québécoises qui jouent au basketball dans les universités américaines de la NCAA. La plupart de ces joueuses sont issues des 18 programmes sports-études qu’on retrouve maintenant dans les écoles secondaires.

Le passage « obligé » aux États-Unis

Comme dans plusieurs autres sports, plusieurs jeunes femmes choisissent de s’expatrier dans une université américaine pour continuer la pratique du basketball.

Même si le basketball universitaire canadien est d‘un niveau fort acceptable avec des entraîneurs de qualité, la NCAA offre encore bien des avantages, dont les fameuses bourses d’études complètes.

Une joueuse de qualité peut aller chercher une bourse complète, qui comprend l’hébergement et la nourriture, alors qu’au Canada, les universités ne peuvent offrir que de couvrir les frais de scolarité.

Certains estiment aussi que l’exil aux États-Unis est un passage obligé, si on veut attirer l’attention de l’équipe nationale.

Une joueuse de basketball saute au-dessus de son adversaire pour l'empêcher de lancer

Kiandra Browne est surveillée de près par deux joueuses du Wisconsin

Photo : Anna Tiplick/Indiana Athletics

Lizanne Murphy, qui est diplômée de l'Université Hofstra dans l'État de New York, ne nie pas l’avantage concurrentiel américain, même si elle considère que l’écart s’est grandement réduit depuis son époque.

Présentement, seulement une des 12 joueuses de l’équipe qui a assuré la qualification du Canada pour les Jeux de Tokyo a joué dans le circuit universitaire canadien.

Miah-Marie Langlois a joué chez elle à l’Université de Windsor, en Ontario, tandis que les 11 autres sont issues de formations universitaires de la NCAA.

Sur les 21 Québécoises qui ont choisi l’université américaine, on retrouve la plupart des joueuses qui ont déjà été identifiées par le programme d’excellence de Basketball Canada et qui pourraient éventuellement se retrouver dans l’équipe nationale.

Gagner sa vie au basketball

Le détour par les États-Unis permet aussi aux meilleures joueuses de se faire observer par les dépisteurs de la WNBA et des circuits professionnels européens.

Car si on veut gagner sa vie au basketball, on peut le faire. Mais il faut s’expatrier.

Lizanne Murphy a joué chez les pros pendant 10 ans en Finlande, en Pologne, en Slovaquie et surtout en France pendant six saisons.

Ça n’a rien à voir avec les salaires des hommes en basket. Mais tu peux bien gagner ta vie.

Quand j’ai joué en France, on avait des foules de 3000 à 5000 spectateurs. Les gradins étaient pleins. Ce sont les joueuses féminines qu’on voit sur les pancartes et qui sont les vraies vedettes dans les villes.

C’est un peu difficile à imaginer au Québec, parce qu’on n’a pas de championnat féminin pour le moment, mais en Europe, c’est courant.

Mais, il y a surtout la WNBA. On a beaucoup de joueuses canadiennes qui sont là et qui font une différence. Elles sont comme de vraies stars. Elles gagnent bien leur vie. C’est une opportunité qui existe.

Mais si le basketball féminin permet à quelques-unes de gagner leur vie, la majorité des jeunes filles qui jouent au basket le font par plaisir et c’est ce qu’il faut, selon Lizanne Murphy.

Quand j’ai commencé à jouer à 10 ans, je ne pensais pas aller aux Jeux olympiques, se souvient-elle. Je jouais au basket parce que c’était amusant avec mes amies.

Si tu continues, si tu es bonne et si tu veux travailler, tu vas pouvoir représenter le Québec aux championnats nationaux, tu vas peut-être avoir la chance de représenter le Canada aux Jeux olympiques et peut-être jouer professionnellement un jour.

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