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Un vilain défaut et des signes encourageants

Ils sourient sur la glace.

Brock Boeser célèbre son but avec Elias Pettersson (no 40) et J.T. Miller (no 9).

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Le mot discipline a beau être inscrit en lettres majuscules au crayon gras rouge dans le vestiaire avant le match, le Canadien peine à se contrôler depuis le début de la saison. Quoiqu’en dise Claude Julien, cette désobéissance a coûté un point à son équipe, mercredi, à Vancouver, dans une défaite de 6-5 en tirs de barrage contre les Canucks.

À croire que le CH cherchait par tous les moyens à relancer l’avantage numérique impotent des Canucks. Car, aussi inerte eut-il été pendant les quatre premiers matchs de l’année (0 en 15), il terrorisait les adversaires l’an dernier.

Il l’a compris à ses dépens. À six reprises, il a permis à Vancouver de jouer avec un homme en plus. Trois fois la bande à Travis Green a touché la cible, dont deux réussites de Bo Horvat dans l’enclave lors de jeux identiques.

Soudainement, le Tricolore est l’une des équipes les plus punies de la ligue. Ses 21 punitions mineures en 4 rencontres viennent au 28e rang de la LNH, tout comme ses 5,07 punitions écopées en moyenne par tranche de 60 minutes de jeu. Vilain.

Montréal aurait pu retenir la leçon après avoir donné sept occasions lundi soir à l’attaque explosive des Oilers, mais l’équipe les avait toutes écartées. Et tout le monde sait qu’on apprend davantage dans la douleur, dans l’échec.

On n’est pas fiers de notre game, c’est sûr, a laissé tomber Phillip Danault.

La discipline représentait pourtant de 30 à 50 % du plan de match, a renchéri le Québécois.

Les équipes canadiennes ont d’excellents avantages numériques, a-t-il ajouté, fort à propos. On a du vidéo, on joue souvent une game contre l’autre, les équipes s’adaptent aussi.

Les Oilers (1er), les Maple Leafs (3e) et les Canucks (6e) étaient effectivement parmi les puissances de la ligue à ce chapitre en 2019-2020. Et, comble de malchance, il s’agissait des trois premiers adversaires du Canadien.

Alors, pourquoi tant de fronde au visage des arbitres, tant de provocations?

Parce que, frondeurs, certains l’ont été. Jesperi Kotkaniemi par exemple.

Insatisfait d’une décision de l’officiel, le jeune homme de 20 ans lui a livré le fond de sa pensée. Ça passe encore si vous vous appelez Zdeno Chara. Un peu moins quand le joueur qui vous invective pourrait être votre fils. L’arbitre a donc grondé le malotru et l’a envoyé réfléchir dans le coin pour deux minutes.

Brock Boeser en a profité. Kotkaniemi s’en voulait.

Il n’a pas gagné ses plumes dans la Ligue nationale, a expliqué Claude Julien. Il faut qu’il soit plus discipliné que ça. C’est quelque chose qu’il peut apprendre aujourd’hui […] Tu espères qu’il va apprendre à respecter les arbitres. Quand tu es un jeune joueur, il faut que tu bâtisses ta réputation avant de t’en tirer avec des commentaires comme ça.

Exception faite de cet écart, Kotkaniemi a disputé son meilleur match jusqu’à présent. Il a obtenu une passe sur le premier but de Tyler Toffoli, a lui-même inscrit son premier filet de la saison, a distribué deux mises en échec et a terminé avec 78 % d’efficacité pour les mises au jeu.

Ce n’est toutefois pas ce que le Finlandais a retenu.

C’était vraiment stupide de la part d’un jeune. Ça nous a possiblement coûté la victoire ce soir.

Jesperi Kotkaniemi à propos de sa punition

Un peu dur envers lui-même. Après tout, le CH était toujours dans le coup après la punition de Kotkaniemi et a poussé la rencontre en prolongation avant de s’incliner 6-5 en tirs de barrage.

Une équipe combative

Après le pot, les fleurs. Et il y en a quelques-unes à distribuer.

Le Canadien a comblé un retard d’un but à quatre reprises. Sa plus grande tare par les années passées semble s’être transformée en force. L’équipe a le talent pour marquer des buts et peut s’en remettre à de nombreux joueurs pour ce faire.

Mercredi, c’était au tour du trio de Kotkaniemi, Toffoli et Armia de reprendre le flambeau.

Toffoli a réussi un tour du chapeau, le quatrième de sa carrière, Kotkaniemi a enfilé un but et Armia, bien qu’il n’ait récolté qu’une passe, n’a jamais été aussi engagé dans une rencontre en 2021, jamais aussi hargneux et malicieux dans les coins de patinoire pour gagner ses batailles à un contre un, département dans lequel il excelle lorsque l’envie lui prend.

Les deux joueurs du Canadien se donnent une accolade derrière le gardien des Canucks.

Tyler Toffoli et Nick Suzuki

Photo : Getty Images / Rich Lam

La chimie s’était installée à tous les étages, sauf peut-être au sein du troisième trio avant ce match contre les Canucks, le premier de trois en quatre jours à Vancouver. C’est maintenant chose faite.

C’est le meilleur hockey qu'Army [Armia] a joué depuis le début de la saison. Toffoli a marqué des gros buts pour nous, il semblait en forme. Et KK [Kotkaniemi] continue de patiner, de travailler fort, il crée des chances. Avec un peu de temps et de patience, tu espères que tous tes trios vont être capables de contribuer, a lancé Julien.

Cette polyvalence, cette répartition des responsabilités sera la clé cette saison pour le Canadien. Il faudra diminuer les surnombres aussi, nombreux dans la défaite et, évidemment, s’assagir un peu. On n’a pas parlé de Carey Price, qui n’a pas grand-chose à se reprocher, mais qui n’était pas non plus au sommet de son art.

On est loin d’être satisfaits de notre match. On est beaucoup mieux que ça. Dans une saison, tu vas avoir des hauts et des bas. Ce qu’on prend, c’est qu’en ne jouant pas notre meilleur hockey, on est allé chercher un précieux point. Tu espères qu’il soit important à la fin de la saison, a fait valoir l’entraîneur.

N’empêche, tous ces avantages numériques accordés à trois ténors de la chose depuis le début de l’année, ces déplacements en avion à l’autre bout du pays, ces matchs à l’étranger, le CH engrange six points sur une possibilité de huit. Pas mal.

Et surtout, n’êtes-vous pas divertis?

En rafale

Il faudra se doter d’un ratio Nick Suzuki. Ç’aurait été facile d’écrire sur le jeune homme encore ce soir qui ne cesse d’impressionner tous ceux qui le regardent. Déjà, il vient de doubler Danault comme attaquant le plus utilisé par Julien (17 min 51 s en moyenne comparativement à 17  min 49 s).

Suzuki a récolté un point dans tous les matchs jusqu’à présent et fait fonctionner l’avantage numérique a lui seul, ou presque. Mercredi, son calme en possession du disque et la qualité de ses prises de décisions sous pression avaient de quoi épater. Il a également été le seul marquer de l’équipe en fusillade. Pour citer Claude Julien, il ne fait pas que gagner ses plumes . Le voilà bien emplumé.

Price devra attendre encore un peu pour célébrer la 350e victoire de sa carrière. Il demeure à une longueur du plateau. Il a accordé 5 buts sur 28 lancers mercredi soir.

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