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Marie-Eve Dicaire sereine pour son combat contre Claressa Shields

Elle sourit en entrevue.

Marie-Eve Dicaire

Photo : Radio-Canada / Martin Labbé

Jean-François Chabot

La patience de Marie-Eve Dicaire sera récompensée quand elle remontera dans le ring le 5 mars à Flint, au Michigan, pour son combat d'unification contre Claressa Shields.

Le promoteur américain Salita Promotions a confirmé qu'elle pourra finalement affronter sa protégée, les deux parties ayant apposé leurs signatures au bas du contrat.

Ce combat, Dicaire le voit comme le résultat de toute une vie d’efforts et d’une année complète passée à braver des montagnes russes liées aux multiples annulations et reports de l’événement.

La championne de l'IBF des super-mi-moyennes s'est confiée à Radio-Canada Sports pour livrer ses états d’âme et parler de sa motivation pour ce qui pourrait bien s’avérer le plus grand rendez-vous de sa carrière.


Q. Parle-nous du soulagement que tu as ressenti avec l’annonce officielle de la date du combat contre Claressa Shields.

R. Je pense que c’est la vague médiatique qui m’a permis de réaliser que ça allait se concrétiser pour de vrai, cette fois-ci. Parce que même quand le contrat était signé, même quand Yvon (Michel) m’a dit : Parfait, on l’annonce. Mon équipe et moi, on n’y croyait plus.

Je ne sais pas comment le dire, on était très neutre, dans le sens : Ah, le combat est arrivé. De fil en aiguille, en répondant aux entrevues, j’ai vraiment compris que cette fois c’était la bonne. Et là, la motivation est dans le tapis!


Q. Est-ce que le vrai soulagement viendra uniquement au moment où tu monteras dans le ring, le 5 mars?

R. Oui, clairement. On se dit tout le temps qu’on va y croire quand on va marcher vers le ring, le 5 mars. Encore faut-il que je sois préparée pour monter dans le ring.

Je suis aussi bien d’allumer ce mode-là maintenant, au dernier abord de ma préparation, parce que c’est maintenant que ça compte.


Q. Ce combat a été reporté plusieurs fois pour toutes sortes de raisons (promotions, télédiffusion, coronavirus). Cette fois, ton contrat comporte une clause pour le versement d’une somme minimale garantie (20 % de la bourse totale).

R. C’est une clause à laquelle on tenait énormément parce qu’il y a eu beaucoup de reports dans ce dossier-là. Pour nous, c’était vraiment important.

Juste qu’ils (le clan Shields) consentent à cette clause-là témoignait de leur bonne foi et qu’ils croyaient que cet événement allait être possible.


Q. Tu n’es pas réputée pour être une fille très patiente. Qu’as-tu appris sur toi au cours des 12 derniers mois?

R. Je pense que j’ai vraiment appris à faire confiance au processus. Je suis une fille extrêmement impatiente pour attendre après les choses. Mais il y a un moment où t’as pas le choix de faire confiance au processus. T’as pas le choix d’y aller au début du camp d’entraînement quand c’est le temps. T’as pas le choix d’accepter les vacances quand c’est le temps.

Surtout, ce que j’ai réalisé, et je le sais depuis le début, c’est que j’ai une équipe extraordinaire. Ils ont été d’autant plus à mes côtés et j’ai senti tout leur soutien au cours de l’année. J’ai vraiment réalisé à quel point j’étais chanceuse d’avoir ça.


Q. Tu vas te retrouver dans une situation totalement inverse par rapport à tes défenses de titre précédentes. Cette fois, c’est un combat d’unification, tu vas être la plus âgée des deux boxeuses et tu vas te battre en terre ennemie, dans la ville d’origine de Claressa Shields. Comment abordes-tu tout ça?

R. Au niveau de l’âge, je le vois surtout comme un facteur d’expérience. Au fil des années, j’ai accumulé des connaissances. Je ne suis pas la même personne que j’étais à cet âge-là [Shields a 25 ans, NDLR]. Je ne suis pas certaine que j’aurais eu la maturité à cet âge-là d’être où j’en suis dans ma carrière.

Ç’a un côté positif, surtout que, dans le gymnase, je ne cesse de m’améliorer, de repousser les limites. Je vois qu’il y a toujours place à l’amélioration. Donc, je n’ai pas l’impression que je suis sur la pente descendante par rapport à mon âge.

Par rapport au fait qu’on serait en terrain un peu plus hostile, par rapport au fait qu’on soit à l’extérieur, c’est là où mon expérience en boxe amateur et en karaté va vraiment entrer en ligne de compte.

J’ai eu la chance de voyager beaucoup au cours de ma carrière. Je suis allée en Italie, en Espagne, en Allemagne. Pour moi, d’être en terrain inconnu, c’est une situation que j’ai déjà vécue. Et je performe extrêmement bien à l’extérieur, donc ce n’est pas quelque chose qui m’inquiète. Au contraire, c’est un beau nouveau défi.


Q. Comme il ne risque pas d’y avoir de spectateurs, disons que le facteur hostilité de la foule ne sera pas en jeu.

R. Non, c’est sûr qu’il n’y aura pas de facteur d’hostilité. Par contre, en tant que boxeur, la foule nous énergise, nous donne le goût d’aller plus loin. Dans ce cas-ci, il faudra trouver des motivations qui sont plus à l’intérieur de moi. Encore une fois, c’est un beau défi. Je ne vois pas ça comme une problématique.


Q. Est-ce qu'on va voir une différence entre la Marie-Eve qu’on a vue la dernière fois le 23 novembre 2019, à Québec, et celle que l’on verra le 5 mars?

R. Pour moi, c’est important, de combat en combat, de continuer à m’améliorer. C’est important d’offrir toujours une nouvelle version de moi-même, de travailler sur mes lacunes, d’améliorer mes qualités. C’est sur quoi on mise.

C’est ce qu’on veut offrir, une nouvelle Marie-Eve, parce que c’est une Marie-Eve qui doit affronter Claressa Shields et non Ogleidis Suarez. En termes de préparation, ce qu’on a fait en vue de ce combat est bien différent de ce qu’on a fait dans le passé.


Q. As-tu un exemple de ce qui a changé dans ta préparation?

R. C’est sûr qu’on a accentué beaucoup la vitesse. Dans le passé, on tenait un peu pour acquis que j’étais déjà plus vite que toutes mes adversaires. On n’avait pas nécessairement besoin de travailler.

Dans ce cas-ci, on sait que Claressa Shields est très rapide. Elle a des mains très rapides. On a vraiment misé là-dessus. On a aussi misé sur un style de boxe un peu différent parce que les précédentes adversaires étaient des adversaires qui fonçaient, qui chargeaient sur moi.

Claressa Shields n’a pas cette réputation-là. Bien sûr, on est prêt à toute éventualité, mais on a ajusté des petites choses pour être vraiment prêt à ce qu’on va avoir en avant de nous le 5 mars.


Q. En sachant que les gymnases ne sont pas accessibles, comment comptes-tu procéder pour avoir un entraînement adéquat? Est-ce que ça fait partie de tes plans ou non de te rendre aux États-Unis avec quelques jours d’avance pour peut-être faire un peu de sparring?

R. Pour ce qui est de la préparation, c’est vraiment au niveau de mes entraîneurs. Je pellette ça dans leur cour. Moi, je m’applique à accomplir la tâche. C’est vraiment eux qui vont gérer la dernière partie du camp d’entraînement.

Pour ce qui est de se rendre aux États-Unis, j’ai la chance d’être vraiment bien encadrée, d’avoir une grande équipe avec des thérapeutes, des préparateurs physiques. Pour nous, on ne voit pas l’intérêt d’aller aux États-Unis et de se priver de ces services qui vont me permettre d’arriver en santé et en forme au combat. Toutes les options sont toujours envisageables. Mais pour nous, ce n’est pas une option en ce moment.


Q. Physiquement, où vas-tu t’entraîner? Dans ton garage? Dans ton sous-sol? Dehors?

R. Ça reste entre les mains de mes entraîneurs. Je leur fais confiance et je sais que je serai 100 % prête pour ce combat, sinon on n’irait pas.

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