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Jake Evans gagne la confiance de Claude Julien

Il bataille le long de la bande contre Tyson Barrie des Oilers.

Jake Evans a inscrit son premier but de la saison contre les Oilers d'Edmonton.

Photo : The Canadian Press / JASON FRANSON

À tort ou à raison, Claude Julien a toujours eu la réputation d’être un entraîneur prudent, c'est le moins qu'on puisse dire, avec ses jeunes joueurs. Jake Evans défie un peu cette supposition par les temps qui courent.

Le poste de quatrième centre lui avait été octroyé d’office, depuis le départ du vénérable Nate Thompson en février dernier.

Marc Bergevin l’avait dit lors de ce désastreux exercice de relations publiques qu’on avait appelé une conférence de presse à la date limite des échanges. Nul impérieux besoin de ramener Thompson ou quelque autre vieux routier pour piloter la quatrième unité, Evans allait bien finir par s’en charger tout seul.

Une confiance plus surprenante encore que celle témoignée à Alexander Romanov avant même qu’il ait foulé une glace dans la Ligue nationale de hockey. Dans les deux cas maintenant, à des degrés divers et pour différentes raisons, force est de constater que l’état-major et l’entraîneur-chef ne parlaient pas à travers leur chapeau.

À l’époque, par contre, Evans n’avait pas encore 10 matchs d’expérience dans le circuit Bettman et il n’en compte que 16 aujourd’hui (auxquels il faut ajouter les 6 en séries l’été dernier).

Julien protège encore son jeune joueur et limite son temps de glace. D’un autre côté, il l’envoie parfois au cœur de situations ardues, entouré de deux ailiers fiables en Artturi Lehkonen et Paul Byron, pour le laisser apprendre sur le tas, gagner ses galons sur le terrain, quand les équipes adverses flairent le sang et délèguent leurs meilleurs éléments pour l’affronter.

C’est arrivé lors du tout premier but de la saison quand John Tavares l’a battu sur une mise au jeu en zone défensive. Cinq secondes plus tard, la rondelle était dans le filet.

À une certaine époque, ce genre de bévues (ou d’apprentissages, c’est selon) lui aurait peut-être coûté du temps d’utilisation. Après tout, il a supplanté au passage Ryan Poehling, premier choix de l’organisation en 2017. Ce dernier a plutôt bien paru lors du camp d’entraînement et attend son tour patiemment au sein de l’escouade d’urgence. Mais les responsabilités d’Evans n’ont pas diminué.

Lundi soir face aux Oilers, Evans a passé 4 min 3 s sur la glace en désavantage numérique, soit 3 secondes de plus que Phillip Danault, l’homme de confiance par excellence, qui a toutefois été lui-même puni pendant deux minutes. Seul Paul Byron, son partenaire en infériorité, a écoulé plus de temps que lui dans ces circonstances.

Pour la petite histoire, Edmonton a maintenu un taux de succès de 29,5 % en avantage l'année dernière, soit le quatrième total de l'histoire de la LNH.

Jake a été très bon, a laissé tomber son capitaine Shea Weber après le match lundi. Il a impressionné tout le monde au camp et c’est pour ça qu’il joue maintenant. Il a évidemment marqué un gros but au dernier match, et il a fait encore un bon travail ce soir.

À chaque match, il prend de plus en plus de maturité, d’expérience, il s’ajuste. Je le vois s’améliorer tout le temps. Il a suffisamment gagné ma confiance pour que je l’envoie contre (Connor) McDavid et (Leon) Draisaitl. Tu espères que ça continuera comme ça et que je pourrai continuer à l’utiliser. Au dernier match, il a aussi marqué en désavantage numérique. Il y a beaucoup à aimer à propos de Jake Evans.

Claude Julien à propos de Jake Evans

Un compliment avec majuscules.

On l’oublie un peu parce qu’Evans a 24 ans et a connu un développement très graduel, tardif diront certains, quoiqu'ininterrompu. Mais le choix de septième tour du CH en 2014 a si peu d’expérience dans la grande ligue. Il a beau avoir affronté McDavid plus souvent qu’à son tour dans les rangs mineurs, le défi est exponentiel au plus haut niveau.

Comme la plupart des jeunes centres du Canadien, Evans peine toujours dans le cercle des mises au jeu. Une facette du sport qui prend un certain temps à maîtriser, assurent les plus grands maîtres en la matière. Il faut étudier les tendances des adversaires, apprendre à connaître les habitudes des arbitres, développer ses propres trucs pour tromper le rival, améliorer sa coordination œil-main, etc.

Pour l’instant, à l’instar de Nick Suzuki et de Jesperi Kotkaniemi, Evans apprend à la dure. À cinq contre cinq, la recrue n’a remporté que 6 de ses 19 mises au jeu pour une efficacité de 31,6 %.

La moyenne grimpe toutefois pour les mises au jeu en désavantage numérique et s’établit à 50 % (3 en 6). L’on convient que l’échantillon est bien mince.

Il va s’améliorer dans cet élément parce qu’il voit l’importance des mises au jeu. Surtout en désavantage si on se fie beaucoup à lui. C’est important de gagner plus de mises au jeu et, avec le temps, ça va arriver. C’est un jeune joueur qui ne fait que commencer et on va voir une amélioration en cours de route, a ajouté l’entraîneur.

Elle est déjà visible. Voilà une agréable surprise pour le Tricolore qui, il n’y a pas si longtemps, ne l’imaginait sûrement pas doubler Poehling dans la hiérarchie. La vie parfois. N’est-ce pas?

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