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Le Bélarus écarté de l’organisation du mondial de hockey

Le président de l'IIHF en conférence de presse

René Fasel

Photo : Associated Press / Mark Humphrey

Radio-Canada

La Fédération internationale de hockey (IIHF) a annoncé lundi que le Bélarus ne sera plus coorganisateur du Championnat du monde masculin avec la Lettonie, en mai et en juin.

Cette décision était inévitable, selon l’organisation. L’IIHF explique que ses statuts lui donnent le pouvoir de retirer l’organisation d’une compétition à un pays si elle juge que le bien-être des joueurs, des arbitres, des spectateurs et des membres des médias est compromis, ou que ceux-ci ne peuvent circuler librement.

C’est une décision très regrettable que de retirer l’organisation du tournoi au Bélarus, a affirmé par communiqué le président de l’IIHF, René Fasel. Au cours des derniers mois, nous avons essayé de présenter le Championnat du monde de hockey comme un outil de réconciliation pour aider à calmer le climat sociopolitique. Nous voulions trouver une solution positive pour aller de l’avant.

Le conseil de l'IIHF ne souhaite pas que le mondial soit utilisé pour faire la promotion politique d’un camp ou l’autre et c’est pourquoi il ne trouvait plus approprié que l’événement ait lieu à Minsk, où il y a des enjeux majeurs, a-t-il ajouté. La sécurité des équipes, du personnel et des spectateurs est une priorité.

Le Bélarus est depuis plusieurs mois le théâtre de manifestations contre le régime de son président Alexandre Loukachenko, en poste depuis 26 ans et réélu en août dans un scrutin dénoncé pour ses nombreuses irrégularités.

Les autorités de Riga, en Lettonie, avaient déjà fait savoir qu'elles ne souhaitaient plus partager l'organisation du mondial avec le Bélarus, qui devait accueillir des matchs à Minsk.

Le 13 janvier dernier, René Fasel avait pourtant affirmé qu’il tenait à ce que le Bélarus coorganise le tournoi.

Samedi, le constructeur automobile tchèque Skoda, commanditaire majeur du tournoi, a refusé de s’y associer si le Bélarus était maintenu.

L'IIHF doit maintenant trouver un remplaçant au Bélarus pour épauler la Lettonie, mais n'exclut pas la possibilité de tenir l'événement dans une seule ville pour éviter les déplacements et faciliter l'application des protocoles de sécurité liés à la COVID-19.

Le Danemark et la Slovaquie, qui ont été les hôtes des tournois respectivement de 2018 et 2019, se sont portés volontaires.

L'opposition crie victoire

L'opposante bélarusse en exil Svetlana Tikhanovskaïa a salué lundi comme une victoire la décision de l'IIHF de retirer à Minsk l'organisation du mondial.

C'est une victoire, car il n'y aura pas de vague de répression supplémentaire sous prétexte de "nettoyer" la ville avant le Championnat du monde, a affirmé l'opposante sur son compte Telegram.

L'opposition bélarusse avait appelé à ce retrait pour dénoncer le maintien au pouvoir du président Alexandre Loukachenko, malgré une vague de protestation historique.

En décembre dernier, le président bélarusse a été suspendu par le Comité international olympique parce qu'on lui reproche la répression de sportifs de l'opposition. Il ne peut donc pas participer aux activités ou manifestations ayant un lien avec les Jeux olympiques.

Alexandre Loukachenko a dénoncé vivement cette suspension.

Dès la fin août, plus de 300 sportifs de haut niveau, dont plusieurs médaillés olympiques et membres d'équipes nationales, avaient dénoncé dans une lettre ouverte le trucage des votes dans l'élection présidentielle revendiquée par Loukachenko, et appelé à un nouveau vote.

Les signataires, réclamant également la fin des violences policières et la libération de tous les prisonniers politiques, avaient promis qu'ils feraient preuve de solidarité si l'un d'entre eux devait faire face à des représailles, allant jusqu'au refus éventuel de concourir pour l'équipe nationale.

Avec les informations de Agence France-Presse

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