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Chronique

Que faut-il retenir de la première semaine d’activités du Canadien?

Un joueur de hockey

Josh Anderson face aux Oilers d'Edmonton

Photo : La Presse canadienne / JASON FRANSON

Personne n’accusera le CH d'avoir fait de fausses déclarations durant la saison morte. À ses premiers pas de la campagne, le Canadien a offert presque exactement ce qu’annonçait l’affiche concoctée par Marc Bergevin l’automne dernier

Les hommes de Claude Julien ont continué de miser sur la vitesse, mais l’équipe pratique un style de jeu plus physique et s’avère beaucoup plus difficile à affronter.

Parmi les 30 équipes qui ont entrepris la saison (les Stars de Dallas n’ont pas encore disputé de matchs), seulement 8 misent sur des formations dont les joueurs font osciller le pèse-personne à 91 kg (200 lb) en moyenne. Le Tricolore, dont les joueurs font en moyenne 1,83 m (6 pi) et 91 kg, fait partie de ce groupe.

Les Golden Knights de Vegas (1,85 m [6 pi 1 po], 93 kg [206 lb]) forment l’équipe la plus costaude de la LNH, tandis que les Blue Jackets de Columbus (1,80 m [5 pi 11 po] et 82 kg [180 lb]) forment la plus petite équipe du circuit, tout juste devant le Lightning de Tampa Bay (1,80 m et 83 kg [183 lb]).

***

Quant aux nouveaux-venus, ils ont rapidement pris le plancher. Josh Anderson et Tyler Toffoli sont les deux attaquants qui ont obtenu le plus de chances de marquer (5) lors des deux premiers matchs. Ils ont complètement transformé l’attaque montréalaise.

Il y a longtemps qu’un attaquant de puissance aussi talentueux qu’Anderson (1,91 m [6 pi 3 po] et 103 kg [226 lb]) n’a pas joué à Montréal. Et les partisans sont déjà ébahis par son jeu. Les joueurs possédant un tel ensemble de qualités (gabarit, vitesse, robustesse et talent de marqueur) sont extrêmement rares dans le monde du hockey. Dans la LNH, on peut probablement les compter sur une seule main.

À Montréal, de mémoire, le dernier spécimen du genre qu’on ait pu voir à l’œuvre a été Erik Cole (1,88 m [6 pi 2 po], 205 lb [93 kg]), au début des années 2010, alors qu’il complétait un trio avec les jeunes David Desharnais et Max Pacioretty. Toutefois, Cole était alors âgé de 32 ans et sa carrière tirait à sa fin.

Au milieu des années 1990, le Tricolore misait aussi sur John LeClair (1,91 m, 103 kg), mais les partisans de l’équipe n’avaient pas eu la chance de l’applaudir à son apogée. Serge Savard avait échangé LeClair aux Flyers en février 1995 alors qu’il avait 25 ans et qu’il venait de connaître deux saisons consécutives de 19 buts. Deux ans plus tôt, à 23 ans, LeClair avait aussi été une tête d’affiche de la conquête de la Coupe Stanley.

Les trois joueurs se félicitent sur la patinoire.

John LeClair (au centre) aux côtés de Patrick Roy et Jesse Bélanger après une victoire en séries éliminatoires contre les Nordiques, le 22 avril 1993

Photo : Radio-Canada / Bernard Brault

Nous sommes convaincus que LeClair ne deviendra pas un marqueur de 30 buts , avait expliqué Serge Savard, qui avait aussi cédé Éric Desjardins et Gilbert Dionne aux Flyers pour obtenir Mark Recchi.

LeClair avait toutefois fait mentir l’ancien DG du Canadien en signant trois saisons de 50 buts et plus ainsi que deux autres campagnes de 40 buts et plus dans la Ville de l’Amour fraternel.

Tout cela pour dire que Josh Anderson est âgé de 26 ans, qu’il est sous contrat pour sept ans, et que le CH aura fort probablement le bonheur de profiter des quatre ou cinq meilleures saisons de sa carrière.

***

Le défenseur Alexander Romanov, 20 ans, est aussi rapidement tombé dans l’oeil des partisans. La LNH ne semble pas l’intimider, et il démontre la même assurance et la même intensité qu’aux deux Championnats mondiaux juniors auxquels il a pris part en 2019 et en 2020.

Jusqu’à présent, ce sont les qualités de passeur et l’instinct de quart-arrière du jeune Russe qui annoncent des années fastes pour l’organisation. Le Canadien n’avait plus un vrai quart-arrière dans sa formation depuis le départ d’Andrei Markov en 2017.

La passe savante que Romanov a réussie dès sa première présence dans la LNH, mercredi dernier face aux Leafs, ainsi que sa longue passe qui a permis à Tomas Tatar d’inscrire son premier filet de la saison (durant le même match) ont révélé une vision et un calme impressionnants.

Un joueur de hockey

Alexander Romanov

Photo : Getty Images / Claus Andersen

De toutes les acquisitions faites par le Bleu-blanc-rouge, Joel Edmundson est celui qui a le moins épaté la galerie jusqu’à présent. Edmundson est un gros arrière défensif qui martèle les attaquants adverses. Manier la rondelle est moins son truc, et il n’a pas connu un match facile à Toronto.

Néanmoins, après deux rencontres, Edmundson est celui qui a distribué le plus de mises en échec et qui a bloqué le plus grand nombre de tirs parmi les défenseurs de l'équipe. Il présente par ailleurs un différentiel de +4, qui est le plus élevé de la formation.

On a déjà vu pire.

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Une petite note, par ailleurs, au sujet de Nick Suzuki.

Il est entouré de Shea Weber et de Tyler Toffoli.

Nick Suzuki a marqué le premier but du Canadien de la saison 2021.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

À sa première saison dans la Ligue junior majeur de l’Ontario, Suzuki avait connu du succès à l’attaque (20 buts, 18 passes), mais avait bouclé le calendrier avec un décevant bilan défensif de -15. Lors des deux saisons suivantes, ce minutieux étudiant de son sport avait toutefois enchaîné avec des bilans de +51 et de +30.

L’an passé, Suzuki a épaté la galerie en inscrivant 13 buts et 28 passes à sa saison recrue dans la LNH. Cependant, il a aussi compilé un bilan défensif de -15, qui lui a parfois valu des remontrances de son entraîneur.

Cette statistique était mauvaise et j’ai bien l’intention d’améliorer cet aspect de mon jeu, a franchement confié le centre de 21 ans durant le dernier camp d’entraînement.

Or, Suzuki a été tout simplement époustouflant lors des deux premiers matchs du calendrier.

En attaque, il a animé le trio et l’unité d’avantage numérique les plus dynamiques de la formation. Et en défense, ses replis et l’excellent positionnement de son bâton ont brisé in extremis plusieurs attaques redoutables des Leafs. Contre les Oilers, Suzuki a par ailleurs fait preuve de grande minutie dans ses couvertures défensives.

Bref, voilà un jeune joueur qui cherche à devenir l’homme de confiance de son entraîneur en toutes circonstances. L’énergie considérable qu’il consacre à l’amélioration de son jeu défensif est visible et annonce des résultats intéressants.

***

Le Canadien entreprend son calendrier avec un long périple de six matchs à l’étranger. Il est parvenu à boucler sa première semaine d’activités avec une récolte de trois points sur une possibilité de quatre (,750). C’est fort satisfaisant compte tenu du fait que dans la LNH (après les matchs de samedi), les équipes visiteuses avaient maintenu une moyenne de succès de seulement ,333.

Présentement, il n’y qu’un seul bémol à formuler : la défense constitue l’aspect du jeu du CH qui fait le plus sourciller.

Il a accordé 19 chances de marquer de qualité aux Maple Leafs mercredi et 17 aux Oilers samedi soir. C’est énorme. En fait, ce n’est pas viable. Il est extrêmement difficile d’accorder autant de chances de marquer et de gagner régulièrement des matchs dans la LNH.

L’été dernier, alors que le Tricolore s’était présenté en séries avec une formation loin d’être optimale, l’équipe pratiquait pourtant un style beaucoup plus étanche. Dans plusieurs matchs éliminatoires, les Flyers avaient été limités à 8 ou 9 chances de marquer.

Dans son point de presse de dimanche, Claude Julien a reconnu que la qualité du jeu défensif de son club ne se situe pas au niveau voulu.

À 5 contre 5, nous accordons un nombre de chances de marquer qui est acceptable, mais qui n’est pas celui que nous aimerions avoir. Par contre, beaucoup d’autres chances de marquer surviennent quand l’adversaire jouit d’un avantage numérique. Je m’en ferais davantage si nous étions les seuls dans cette situation, mais je constate que c’est une tendance qu’on perçoit à travers la ligue, a-t-il répondu.

Il faut aussi dire qu’en séries éliminatoires, l’instinct de survie des joueurs est plus aiguisé. Et il y a probablement une plus grande attention qui est consacrée aux petits détails défensifs.

À ses cinq premiers matchs de la saison 2019-2020, le CH avait accordé une moyenne de 19 chances de qualité par rencontre. Ce taux avait légèrement diminué par la suite.

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