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L’insouciance d’Alexander Romanov

La recrue et ses coéquipiers affrontent les Oilers d'Edmonton samedi soir à 19 h (HNE).

Il s'apprête à faire une passe.

Alexander Romanov

Photo : Getty Images / Claus Andersen

L’ignorance est une bénédiction, a déjà dit Edgar Allan Poe. À regarder aller Alexander Romanov lors de son premier match dans la LNH, mercredi, on aurait tendance à lui donner raison.

Claude Julien aussi d’ailleurs.

Parfois, l’ignorance est une bonne chose, a repris l’entraîneur, vendredi, sûrement amateur du poète.

Remarquez, l’auteur américain allait plus loin, car il spécifiait que, pour que la bénédiction soit complète, l’ignorance doit être si profonde qu’elle ne se soupçonne pas elle-même.

Prenez le temps de méditer là-dessus dans vos temps libres et revenons à nos moutons.

Julien faisait plutôt référence au fait que Romanov, verte recrue, ne sait pas ce qui l’attend à 24 heures de son premier affrontement contre Connor McDavid. Il l’a certainement déjà observé, a pu constater les dégâts causés par le capitaine des Oilers, peut-être même a-t-il vu cette petite moquerie à l’endroit d’Alexander Edler, pourtant pas le dernier défenseur venu, jeudi soir.

Il reste tout de même qu’il ne l’a pas affronté. D’où la réponse de Julien ci-dessus.

Romanov ne savait pas davantage comment il se comporterait avant de se mesurer aux Maple Leafs, et le jeune Russe de 21 ans a passé le test avec brio. Il est devenu le premier défenseur recrue du Canadien en plus de deux décennies à jouer plus de 20 minutes à son baptême du feu (21 min 30 s). Depuis les 22:13 de son compatriote Andrei Markov le 6 octobre 2000 contre les Devils du New Jersey, pour être précis.

En plus de son duo partant avec Brett Kulak, son entraîneur l’a envoyé pour quelques présences avec Jeff Petry et lui a confié des responsabilités dans les deux unités spéciales. Bref, il l’a employé à toutes les sauces (nous ne ferons pas ici le jeu de mots facile).

C’est une question de confiance et il en a beaucoup, a expliqué Julien en visioconférence après l’entraînement de sa troupe à Edmonton.

Il se sent prêt, rien ne le dérange. Il sent qu’il peut jouer à ce niveau. Il n’a pas cette peur, parce qu’il n’a pas tout vu encore. Quand il va voir McDavid, il va réaliser qu’il ne peut pas se faire coincer sur la glace.

Claude Julien à propos d'Alexander Romanov

Rien ne semble pouvoir lézarder cette belle confiance. Certains joueurs si habiles avec une rondelle frémissent parfois à l’idée d’affronter les médias. Romanov prenait son premier bain de foule médiatique virtuel vendredi et, malgré de légères hésitations dans une langue qu’il ne maîtrise pas tout à fait encore, son aisance et son allure décontractée crevaient l’écran.

Il a admis avoir été un petit peu nerveux, parce qu’il ne savait pas ce qu’était la LNH dans la vraie vie. Une fois qu’il l’a su, c’était OK, c’était bien.

Romanov a spécifié par la suite qu’il avait surtout ressenti cette nervosité avant sa première présence sur la glace. Cette même présence au cours de laquelle il a relancé l’attaque depuis l’arrière de son filet avec une passe-missile en plein centre entre deux joueurs des Leafs et où il a décoché son premier lancer au but.

Les nouveaux venus dans cette ligue ne connaissent pas tous le même genre d’entame. La preuve.

Je te dirais qu’il était beaucoup plus confiant [à son premier match] que je l’étais. Il a un très bon rôle et il sait pourquoi il est là. Sa confiance est dans le top. C’est un bon passeur, un bon tireur, un bon ajout pour nous, a lancé Phillip Danault.

Bon départ.

Le monstre à deux têtes

S’il y en a un ou deux qui peuvent faire perdre à Romanov cette belle insouciance, ce sont bien McDavid et Leon Draisaitl.

Les deux complices ont amassé chacun quatre points contre les Canucks jeudi et s’amusaient comme larrons en foire sur la glace.

Pour amorcer sa saison, le Tricolore se mesure à trois des six meilleures unités d’avantage numérique de la dernière saison : les Leafs (6es), les Canucks (4es) et les Oilers (1ers).

Dans le cas d’Edmonton, leur efficacité de 29,5 % venait au 4e rang des performances de l’histoire de la ligue en avantage numérique, et quiconque a jeté un œil au début de saison des Albertains doit conclure qu’il n’y a aucune raison pour que ça change.

Connor McDavid reçoit les félicitations de ses coéquipiers au banc, après avoir inscrit un but.

Connor McDavid et les Oilers connaîtront-ils du succès cette saison?

Photo : Getty Images / Jeff Vinnick

La discipline du CH demeurera sa meilleure arme, mais s'il y a des écarts de conduite, ses quatuors en désavantage numérique auront beaucoup de pression. Julien a d’ailleurs admis qu’ils devront s’améliorer par rapport au premier match. L’entraîneur demande plus de combativité, surtout sur les retours de tirs ou sur les rondelles un peu flottantes mal maîtrisées par l’adversaire et non pas foncer tête baissée à la première occasion.

Ce monstre à deux têtes, comme l’a décrit Danault, avait toutefois une faille majeure l’an dernier : son jeu à cinq contre cinq. Malgré leurs prouesses qui se retrouvent soir après soir dans les faits saillants des bulletins télévisés, Draisaitl (-7) et McDavid (-6) étaient les seuls marqueurs parmi les 17 premiers avec un différentiel négatif.

L’équipe avait marqué 144 buts à cinq contre cinq et en avait accordé 154.

Malgré tout, Danault risque d'hériter d'une tâche titanesque samedi soir et de voir McDavid plus souvent qu'à son tour.

Le contrôle de ses virages est en haut de tout le monde. Il change de direction sur un 10 ¢ et c’est ce qui est le plus difficile à contrer dans le hockey, a expliqué le Québécois.

Le salut passera par le jeu d’ensemble, ont affirmé les joueurs.

Julien a aussi fourni une explication intéressante sur la particularité d’un affrontement contre Connor McDavid et Leon Draisaitl.

Ce qui est unique dans le cas de McDavid, si tu t’approches trop, il va te déborder avec sa vitesse, si tu es trop loin, tu lui donnes trop d’espace et c’est ce qu’il veut aussi. Ça prend des joueurs intelligents pour jouer contre eux et les amener dans des places sur la patinoire où ils ont le moins de chances de faire du dommage. Quand tu les vois ensemble sur l’avantage numérique ou sur un même trio, ils se cherchent et se trouvent constamment sur la glace. Ce n’est pas facile à contrer. Il faut que nos joueurs soient vraiment alertes. C’est d’avoir de bons angles pour enlever les lignes de passe et l’espace sur la glace, a détaillé l’entraîneur.

Plus vite dit que fait, mais mieux vaut que les joueurs du CH s’y habituent tout de suite, puisqu'ils les affronteront neuf fois dans les cinq prochains mois.

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