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Une année pleine d'espoir pour le hockey français

Il est derrière le banc rempli de joueurs lors d'un match en France.

Philippe Bozon a également dirigé les Boxers de Bordeaux dans la Ligue Magnus.

Photo : afp via getty images / MARC ANTOINE BAUDOUX

L’entraîneur-chef de l’équipe nationale française, Philippe Bozon, a l'œil sur la Russie. Les performances de Stéphane Da Costa avec l'Ak-Bars Kazan sont de bon augure pour l'avenir du hockey dans l'Hexagone.

À la fédération, on est très heureux de ses succès. On essaie de relayer au maximum ses prouesses, dit-il au sujet de Da Costa, qui est le quatrième marqueur de la Ligue continentale (KHL). Son nom circule beaucoup dans le milieu, dans les médias sociaux, mais ça n’a pas été repris encore beaucoup par les médias locaux.

Mathieu Brosseau, journaliste sportif établi en France, constate la même chose. Chez les initiés, c'est une vedette. Mais dans la rue, il faudrait que tu arrêtes 1000 Français avant d'en interviewer un qui connaît son nom.

Néanmoins, on croit que Da Costa pourra inspirer une nouvelle génération de hockeyeurs français. Un peu comme Cristobal Huet a fait. Ses réussites ont forcément un effet. Ça peut créer un effet d’entraînement chez les plus jeunes.

Philippe Bozon, qui a joué dans la Ligue nationale de hockey (LNH) avec les Blues de Saint Louis, demeure néanmoins réaliste.

Il reste que c’est compliqué de créer un engouement pour le hockey ici.

Le principal obstacle au développement du sport demeure le financement, comme l’ont déjà souligné Huet et Da Costa.

On n’a pas les moyens économiques des Allemands et des Suisses. On se bat pour obtenir du financement avec d’autres sports déjà bien en place. L’argent permettrait d'envoyer des entraîneurs dans les clubs locaux, d'offrir un meilleur suivi sur le terrain.

Les revenus des organisations dépendent en majorité des spectateurs. Pour l’instant, le premier championnat de hockey en France, la Ligue Magnus, est freiné par la pandémie. Mais en temps normal, les foules ne sont pas plus nombreuses. En moyenne, on parle de moins de 2000 (Nouvelle fenêtre) spectateurs par match.

Pour hausser l’achalandage, des investissements sont nécessaires, selon Philippe Bozon.

Dans la Ligue Magnus, certaines équipes accueillent un bon nombre d’amateurs, souligne-t-il. Mais il faut des installations de qualité. Certaines patinoires à Rouen et Angers ont été rénovées récemment. Pour accueillir des gens, il faut que l’endroit soit accueillant. Avec des services, des loges, etc.

Mathieu Brosseau, qui est également à l'emploi d'une équipe de hockey en championnat européen, est du même avis.

Il y a une grande disparité entre les régions. Il y a de bonnes installations à Rouen ou dans les Alpes, mais pratiquement aucune à Paris, dit-il.

Les Olympiques dans la ligne de mire

La structure du hockey français, déjà fragile, a été ébranlée par la pandémie. Non seulement la ligue professionnelle roule maintenant au ralenti, mais l’équipe nationale, que dirige Bozon, doit repenser sa préparation en vue des Jeux olympiques de Pékin en 2022.

Il marque un but contre un gardien étendu sur la glace.

En 2002, Philippe Bozon a aidé son pays à se qualifier pour les Jeux olympiques de Salt Lake City.

Photo : afp via getty images / GEORGE FREY

L’équipe française devait être en compétition en août dernier afin de se qualifier pour les Jeux. Le tournoi a été reporté d’un an en raison de la COVID-19. Contrairement à d’autres nations, dont les ligues sportives ont repris leurs activités, la France est dans une situation bien embêtante.

Ça fait plus d’un an qu’on n'a pu réunir nos joueurs sur la glace en préparation des qualifications, explique Bozon C’est clairement un désavantage avec lequel on devra composer, car il y a un danger que nos joueurs en Ligue Magnus, qui ne peuvent pas disputer de matchs, perdent le rythme.

Avec une qualification maintenant prévue en août, alors que les activités dans la LNH seront terminées, l’entraîneur pourra compter sur du renfort de qualité.

Il y a trois joueurs français en ce moment en LNH : Alexandre Texier, Pierre-Édouard Bellemare et Antoine Roussel. Ça devrait nous aider.

Les Bleus miseront beaucoup sur Stéphane Da Costa, qui occupera un rôle crucial.

Ce sera clairement notre leader, dit Philippe Bozon. C’est un magicien avec la rondelle. Même s’il ne joue pas en LNH, je considère qu’il est de calibre LNH.

L'enjeu est grand, selon Mathieu Brosseau.

On parle de la visibilité que ça pourrait apporter à la France, si Da Costa gagne la Coupe Gagarine ou le championnat des marqueurs. Mais ce qui permettrait vraiment au sport de grandir ici, c'est s'il aide la France à se qualifier pour les Jeux olympiques. La dernière fois, c'était à Salt Lake City.

L'équipe nationale aura l'occasion d'obtenir son billet pour le tournoi olympique, en août prochain, en Lettonie.

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