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Nicolas Gill sait à quoi s'en tenir et cherche des solutions

Jessica Klimkait (en blanc) agenouillée sur un tatami face à son adversaire.

Jessica Klimkait (en blanc)

Photo : You Tube / IJF

Après les performances mitigées de l'équipe canadienne au Tournoi des maîtres à Doha, Nicolas Gill sait à quoi s'en tenir et cherche maintenant des solutions pour aider les athlètes à progresser d'ici l'été.

Jessica Klimkait a remporté la seule médaille canadienne de la compétition.

Le directeur général de Judo Canada, Nicolas Gill, qui a accompagné l'équipe, ne veut pas y voir une contre-performance, mais plutôt un instantané de l'état des lieux.

Unanimement, tous vont le dire très rapidement, c'est qu'il y a un manque d'entraînement de haut niveau, a-t-il dot au micro de Radio-Canada Sports vendredi.

Il faut garder en tête que le Masters, c'est le tournoi qui regroupe les 36 meilleurs au monde, rappelle-t-il. Il y avait quelques absents. Mais par exemple, dans les 81 kg, les huit meilleurs étaient présents.

Le niveau était nettement plus relevé qu'au grand chelem de Budapest. Nos performances passées (au Tournoi des maîtres) étaient d'une à deux médailles. On est relativement dans le même genre de performances que l'an dernier, en termes de résultats. Oui, il y a eu des déceptions, mais il y en aura toujours.

Il est devant son écran d'ordinateur.

Nicolas Gill, directeur général de Judo Canada, en entrevue à Radio-Canada Sports

Photo : Société Radio-Canada

Dans sa catégorie des moins de 57 kg, l'Ontarienne Jessica Klimkait a atteint l'objectif qu'elle s'était fixé en 2020, soit de monter sur le podium à chaque compétition internationale jusqu'aux Jeux de Tokyo. Elle avait gagné le tournoi de Budapest en octobre, elle a fini 3e à Doha.

La no 1 du monde n'a eu aucun mal à aller chercher le bronze dans un combat qui n'a duré que 13 secondes.

Son combat de demi-finale, perdu, a été plus âprement disputé et elle n'a pas démérité face à la Française Sarah Léonie Cysique (no 5), n'étant victime que d'un waza-ari avec 2:12 à faire au temps réglementaire.

La no 3, la Canadienne Christa Deguchi, ne participait pas au tournoi, prise au piège au Japon par un cas de COVID dans son entourage qui l'a obligée à s'isoler.

Il y a eu des combats serrés que les athlètes du Canada ont perdus, comme celui d'Antoine Bouchard pour le bronze dans la catégorie des moins de 73 kg. Certainement celui qui s'est le plus approché d'une place sur le podium.

La performance d'Antoine Bouchard qui perd un combat excessivement serré pour la médaille de bronze est très positive, mentionne Gill. Il a changé de catégorie, il a eu plusieurs blessures, des opérations.

Le Canadien (en bleu) agrippe le judogi de son adversaire.

Antoine Bouchard à Doha

Photo : Judo Canada

De le revoir performer à ce niveau-là. C'était sa meilleure performance depuis qu'il est monté dans les moins de 73 kg et sa meilleure performance depuis les Jeux de Rio (2016). C'est de très bon augure pour la suite, souligne le directeur général de Judo Canada.

Nicolas Gill a aimé ce qu'il a vu chez Shady El Nahas (-100 kg), Catherine Bouchard-Pinard (-63 kg) et Étienne Briand (-81 kg).

Dans le cas d'Antoine Valois-Fortier (-81 kg), défait à son premier combat, il a fait une erreur, il s'est fait prendre, fin de l'histoire, a simplement résumé Gill.

Je pense qu'on a vraiment vu où on se situait, ça nous a confirmé ce qu'on anticipait, ajoute-t-il. Et on est à la recherche de solutions pour un peu contrer tout ça.

Des solutions pas évidentes à trouver, compte tenu des restrictions sanitaires.

La quarantaine de 14 jours au retour est excessivement nuisible dans la préparation, estime Nicolas Gill.

Certains athlètes commencent leur troisième quarantaine dans les trois derniers mois. Donc, six semaines à l'arrêt sur 12 à 14 semaines, ce n'est certainement pas la meilleure façon de se préparer pour des Jeux olympiques, fait-il remarquer, sourire en coin.

C'est notre gros défi. Et malheureusement, à ce stade-ci, ce défi est sans solution, admet-il. On ne peut pas encore voyager librement. Ça complique beaucoup la situation.

Nicolas Gill reconnaît que la majorité des pays sud-américains souffrent encore plus de la pandémie que le Canada. Le Brésil, qui compte 2 millions de judokas, n'a remporté aucune médaille à Doha.

Des différences de restrictions gigantesques

Le directeur de Judo Canada jongle avec des balles qui lui glissent des mains. La fédération n'a aucun moyen pour le moment de préparer un plan de match gagnant pour les athlètes à six mois des Jeux olympiques.

Les athlètes n'ont fait aucun camp à l'étranger depuis février dernier. Onze mois sans entraînement de haut niveau, c'est énorme. C'est la grande différence que j'ai pu voir entre Budapest, qui était la rentrée au mois d'octobre, et Doha.

Une citation de :Nicolas Gill, directeur général de Judo Canada
Quatre judokas, masquées sur un podium, posent avec leur médaille au cou.

Jessica Klimkait (à droite) avec sa médaille de bronze sur le podium de Doha avec la Française Sarah Léonie Cysique (à gauche), la Japonaise Tsukasa Yoshida et la Kosovare Nora Gjakova.

Photo : Fédération internationale de judo

En octobre, on était bien préparé face à plusieurs pays, mais là, certains pays ont pris de l'avance sur notre préparation, a constaté Nicolas Gill. Les différences de restriction d'un pays à l'autre sont gigantesques. L'équité n'est pas nécessairement au rendez-vous d'un pays à l'autre, comment les exemptions sont attribuées, comment les quarantaines sont gérées, etc.

Gill croise les doigts que l'Institut national du sport du Québec à Montréal reste ouvert. Même si ça ne suffit pas.

Disons que pour certaines de nos restrictions, mes collègues à Doha ne m'enviaient pas, a-t-il dit avec un sourire, après avoir pris le temps de choisir ses mots.

Elle est allongée sur le sol.

Catherine Beauchemin-Pinard fait des exercices chez elle.

Photo : Jasmin Beaudry

Le double médaillé olympique l'a déjà dit, ces Jeux de Tokyo s'ils ont lieu, seront à marquer d'un astérisque, tant la préparation des athlètes aura été perturbée.

Dans ces conditions, à quoi bon les organiser si les athlètes ne sont pas prêts? Cette question a été soulevée à Doha.

Les discussions varient d'un pays à l'autre, explique Nicolas Gill. Les pays qui sont mieux armés, qui ont des solutions, beaucoup moins de restrictions, sont très à l'aise avec la tenue des Jeux. La nature humaine étant ce qu'elle est, l'opinion des gens est très influencée par leurs réalités.

Quant à savoir si certains de ces pays qui ont moins de restrictions pourraient accueillir l'équipe canadienne pour qu'elle termine correctement sa préparation olympique, Nicolas Gill n'a pas voulu fermer la porte à cette éventualité.

Oui, toutes les options sont envisagées. C'était d'ailleurs un de mes objectifs à Doha, de discuter avec mes vieilles connaissances sur le terrain pour comprendre les enjeux de chacun des pays. C'est mon boulot de trouver les meilleures solutions pour atteindre notre objectif, d'avoir une équipe compétitive aux Jeux olympiques, bien préparée, a-t-il conclu.

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