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Affaire Aderlass : 4 ans et 10 mois de prison pour le principal accusé

Sur une table, quatre ampoules avec du liquide à l'intérieur, une seringue et des pilules

L'enquête avait ciblé 23 clients du laboratoire clandestin.

Photo : getty images/istockphoto / destillat

Agence France-Presse

Un tribunal de Munich a condamné le Dr allemand Mark Schmidt, principal accusé dans l'affaire internationale de dopage sanguin « Aderlass », à 4 ans et 10 mois de prison, vendredi.

Le parquet avait exigé cinq ans et demi de prison ferme contre ce médecin de 42 ans, coupable d’avoir organisé un réseau international clandestin de dopage actif au moins de 2012 à 2019, au bénéfice de skieurs de fond et de cyclistes.

L'enquête avait ciblé 23 clients de 8 nationalités.

Le tribunal a également prononcé une interdiction d'exercer la médecine de trois ans et une amende de 158 000 euros (244 000 $ CA).

Ses quatre complices ont également été reconnus coupables. Le principal d'entre eux, Dirk Q., écope de deux ans et quatre mois de prison ferme, soit quasiment la durée de la détention préventive.

L'infirmière Diana S., qui avait reconnu avoir procédé à des transfusions sanguines sur les sportifs, est condamnée à un an et quatre mois avec sursis. Les deux autres, dont le père du médecin, sont condamnés à des amendes.

J'ai pris un mauvais virage, tout ça est de ma faute, a dit le Dr Schmidt au dernier jour des débats, vendredi dernier. Je suis infiniment désolé d'avoir entraîné avec moi les quatre autres.

Aderlass (saignée en allemand) est le nom que les enquêteurs avaient donné à leur vaste coup de filet de février 2019. La police autrichienne avait alors fait une spectaculaire descente sur le site des Championnats du monde de ski de fond dans le Tyrol.

Cinq skieurs avaient quitté les lieux dans des véhicules de police. À la même heure, la police allemande interpellait le Dr Schmidt à Erfurt, dans le centre du pays.

L'enquête avait mis au jour un vaste réseau de dopage impliquant des fondeurs et des cyclistes ayant participé aux Jeux olympiques de 2014, 2016 et 2018, au Tour de France de 2018, au Giro de 2016 et 2018, à la Vuelta de 2017 et aux mondiaux de ski de fond de 2017 et 2019.

Plusieurs athlètes ont déjà été sanctionnés sportivement et certains ont été condamnés par la justice autrichienne.

Contrairement à ce qu'espéraient les autorités antidopage, les débats n'ont pas permis de faire émerger d'autres noms ni de confondre des champions de premier plan.

Le Dr Schmidt a tenté de se justifier en affirmant qu'il n'avait fait aucun bénéfice dans cette affaire. Il dit avoir demandé 5000 euros par an à chacun de ses clients pour ses manipulations sanguines et avoir parfois touché des bonus lorsque les sportifs remportaient des courses ou des médailles. Mais selon lui, les frais du laboratoire clandestin, de déplacement et d'hôtel absorbaient quasiment tous les revenus.

Pendant les débats, l'accusé s'est décrit comme un médecin fasciné par le sport de haut niveau, et non par l'argent. En fin de compte, je ne faisais pas de bénéfices, j'ai toujours vu ça comme un loisir, a-t-il assuré, suscitant l'ironie de l'accusation.

Né dans une famille de sportifs, il avait été lui-même élève de sport-études en ski alpin dans sa jeunesse.

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