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Chronique

L’Impact n’avait pas la cote, même chez les enfants…

Il porte sa main gauche à son menton.

Thierry Henry surveille la séance d'entraînement de son équipe.

Photo : The Canadian Press / Ryan Remiorz

Pourquoi l’Impact de Montréal a-t-il changé de nom? Je vous raconte une histoire qui comporte une part d’explication.

Il y a cinq ans, à l’invitation d’un ami professeur, je me suis rendu faire un exposé dans une école montréalaise. Trente élèves de cinquième et sixième années du primaire m’attendaient pour que je leur parle de mon métier.

Ils avaient 10 ou 11 ans. Ils étaient presque tous immigrants ou fils et filles d’immigrants de première génération. Issus du Maghreb, d’Europe de l’Est ou d’ailleurs, tous parlaient très bien le français. Pas matière à faire de la politique.

Je me souviens bien d’eux et d’elles, des enfants charmants, curieux, allumés. J’avais été étonné de constater que seulement quelques-uns connaissaient Radio-Canada. Sur le plan sportif, seulement cinq ou six d’entre eux s’intéressaient au hockey. Et seulement quatre connaissaient P.K. Subban qui était pourtant au sommet de sa popularité à Montréal. Quatre sur 30!

Les murs de la classe étaient couverts d’affiches parmi lesquelles on retrouvait des sportifs. Les deux plus présents? Cristiano Ronaldo qu’ils appelaient CR7 comme si c’était un vieux copain, et LM10, Lionel Messi.

Cristiano Ronaldo (Real Madrid) regarde Lionel Messi (FC Barcelone) durant un Clasico en 2018.

Cristiano Ronaldo et Lionel Messi

Photo : Getty Images / JOSEP LAGO

Question de culture, n’est-ce pas? On l’emporte avec soi dans ses bagages, paraît-il.

Me rendant compte de leur intérêt pour le soccer, je leur ai demandé s’ils suivaient les activités de l’Impact. Mauvaise question!

D’abord, même si plusieurs d’entre eux jouaient dans des ligues parascolaires, ils préféraient parler de foot. Le soc-caire? Pas vraiment. Et puis l’Impact? Sérieux?

Beurk l’Impact!

- Je regarde le foot européen.

- Moi aussi, le PSG et le Real.

- Bof! C’est Barcelone les meilleurs. Ils ont Messi.

- Pouaaah! C’est Ronaldo le meilleur, T’y connais rien!

Ils étaient lancés. Et de me conduire vers le coin de la classe pour me montrer le portrait de CR7, la photo de LM10…

Mais l’Impact? Peuh!

D’ici et d’ailleurs…

Combien sont-ils, croyez-vous, à avoir grandi dans l’ombre d’un père (et parfois d’une mère) qui a idolâtré les grandes vedettes internationales toute sa vie? Un père qui ne reconnaît pas d’autre définition de l’excellence que celles qu’on lui propose au niveau mondial ou en Coupe d’Europe?

Comme leur papa, ces enfants-là avaient du mal à développer un intérêt pour une équipe sans passé, sans histoire, jouant dans un circuit secondaire où les étoiles européennes viennent encaisser quelques chèques en fin de carrière. Une équipe qui joue au soc-caire .

Rendez-vous raté

Malgré les efforts de Joey Saputo depuis 28 ans, l’Impact n’a pas réussi à se faire un nom. Il n’a pas réussi à devenir synonyme d’excellence.

À l’inverse, en contre-exemple, le Canadien y a si bien réussi qu’il est encore auréolé de prestige même s’il n’a rien gagné en 27 ans.

L’Impact ne pouvait et ne voulait plus vivre avec ce fardeau. L’organisation montréalaise se donne un nouveau départ, une nouvelle chance d’entrer dans les foyers et dans les cœurs de Québécois de toutes origines, qui n’avaient pour elle qu’indifférence.

Le CF Montréal n’est toutefois pas au bout de ses peines. Repartir sous un nouveau nom, c’est une chose. Il lui faudra aussi convaincre.

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