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Nick De Santis attristé par le changement de nom de son ancien club

Il donne en entrevue dans un parc.

Nick De Santis

Photo : Radio-Canada

Pendant que des millions de Québécois étaient éblouis par les débuts de Josh Anderson et d’Alexander Romanov dans l’uniforme du Canadien mercredi soir, Nick De Santis pensait à tous ses frères d’armes avec qui il a contribué à façonner le visage de l’Impact au cours des dernières décennies.

Le nom de l’Impact de Montréal vivait ses dernières heures. Même si personne du club ne l’a prévenu directement ou consulté, il le savait. Tout le monde le savait en fait.

Membre de la toute première équipe de l’Impact, Nick De Santis a porté tous les chapeaux au sein de ce qu’on appelle depuis jeudi le Club de Foot Montréal pendant près de 27 ans.

Il a le logo du club tatoué sur le corps, au sens propre et figuré.

Au bout du fil, on le sent très prudent. Plusieurs anciens joueurs ont d’ailleurs poliment décliné nos demandes d’entrevue sur le sujet.

Un logo noir, gris et bleu

Le logo du CF Montréal

Photo : CF Montréal

Nick De Santis a vécu de grandes joies, mais aussi de grandes peines avec le club qui marque l’histoire du sport de la ville depuis 1992.

C’est une journée difficile quand même, confie le Montréalais en entrevue. Quand tu sais que tu as contribué à bâtir quelque chose et que ça disparaît un peu, c’est sûr que c’est difficile.

Je parle avec mes émotions et pour moi c’est difficile de comprendre pourquoi on change de nom et de logo. Je ne connais rien au marketing et je ne connais pas leurs objectifs ou motivations. Mais pour moi, comme bâtisseur, ça fait mal. Le nom va changer, mais personne ne pourra changer l’histoire et ceux qui y ont contribué.

Nick De Santis
Il se tient près d'un juge de ligne pendant un match, en 1993.

Nick De Santis (droite) en 1993

Photo : Radio-Canada

Il est vrai que les subtilités du marketing peuvent facilement échapper aux non-initiés. Le codirecteur de la création du CF Montréal l’a d’ailleurs rappelé lors du lancement en affirmant qu’il était difficile d’expliquer deux ans de travail en quelques minutes.

De Santis admet qu’il a été surpris de voir que Joey Saputo accepte que son équipe, son projet, change de nom. Le propriétaire de l’équipe, dans une vidéo préenregistrée et diffusée lors du lancement, a admis qu’il lui avait été difficile de laisser aller son bébé, mais que le moment était venu de le faire.

J’essaie de comprendre comment la nouvelle direction a été capable de convaincre le propriétaire qui a bâti l’équipe du départ et de quelle façon ils ont été en mesure de le convaincre, dit De Santis. Ils doivent avoir d’excellentes raisons de le faire aussi.

Une pensée pour les supporteurs

Quand Nick De Santis parle des bâtisseurs du club, il pense aussi aux amateurs de la première heure. Ceux qui venaient au complexe Claude-Robillard et ceux qui ont grossi les rangs au fil des années.

Nick De Santis (no 4) avec quelques coéquipiers, dont Mauro Biello (gauche) et Patrice Bernier (centre), en 2002

Nick De Santis (no 4) avec quelques coéquipiers, dont Mauro Biello (gauche) et Patrice Bernier (centre), en 2002

Photo : Radio-Canada

Des amateurs qui ont parfois été très durs à son endroit, mais avec qui il partage aujourd’hui un certain deuil.

Un club et des partisans, c’est comme une histoire d’amour. Parfois, ça prend du temps avant de s’attacher à quelqu’un. Maintenant qu’ils s’étaient attachés, comment les fans doivent-ils se sentir? Quand tu perds une chose à laquelle tu étais attachée, ça fait mal et je comprends leurs réactions. C’est normal. Est-ce que les gens vont comprendre? Le temps nous le dira.

C’est comme n’importe quoi dans la vie de nos jours, poursuit De Santis. Au début, ça va être compliqué.

On sent De Santis particulièrement agacé par la quête d’une nouvelle identité du club, comme si tous les grands chapitres précédents n’avaient jamais existé.

Il a rappelé les championnats acquis et le parcours de l’équipe jusqu’en finale de la Ligue de champions de la CONCACAF disputée devant plus de 60 000 spectateurs au stade olympique au printemps 2015.

Le stade olympique de Montréal à guichets fermés lors du match retour de la finale de la Ligue des champions de la CONCACAF en 2015

Le stade olympique de Montréal à guichets fermés lors du match retour de la finale de la Ligue des champions de la CONCACAF en 2015

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Ou encore les éliminatoires de la MLS en 2016, quand l’Impact est venu à quelques minutes de battre le Toronto FC en finale de l’Est.

À l’époque, De Santis sentait la ville ralliée plus que jamais derrière son équipe de soccer. Les victoires avaient généré de grands moments d’émotions et d’extase. Personne ne parlait du nom ni du logo.

Ce sont des moments qui me faisaient dire que le club était enfin arrivé là où il rêvait d’être. Quand des gens disent qu’on n’a pas d’identité, je trouve ça grave. Ça veut dire que ces personnes-là n’ont jamais eu cette culture en eux ou qu’il n’y avait aucun attachement à ce club.

Nick De Santis

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