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Ce trio qui pourrait faire la différence

Il crie et lève la jambe gauche dans les airs.

Josh Anderson célèbre son premier but avec le Canadien.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

TORONTO - Cela a été un match brouillon. Un brin chaotique parfois et, surtout, très divertissant. Ce qu’il y avait de toute beauté, par contre, mercredi soir, lors du match d’ouverture du Canadien contre les Maple Leafs, c’était bien le jeu du trio de Nick Suzuki.

Et, évidemment, parce qu’il a dominé tout le match, c’est aussi ce trio qui s’est rendu coupable du but égalisateur des Leafs en troisième période. Un bien vilain coup du sort, un bien triste revers de fortune.

Le CH, qui s’est incliné 5-4 devant l’ennemi a Toronto en lever de rideau de cette saison biscornue, menait 4-3 quand Jonathan Drouin, pauvre diable, a été très patient en zone défensive pour se débarrasser de la pression, y est parvenu et a voulu remettre la rondelle à contre-courant derrière le filet. L’arbitre s’y trouvait. La rondelle a dévié sur lui et les Leafs se sont retrouvés à deux joueurs seuls contre Carey Price. But, égalité, la défaite s’en suivra. Bon. Ce monde est bien cruel.

Hormis cet écart de conduite, Suzuki, Drouin et le nouveau venu Josh Anderson ont disputé un match exemplaire. La complicité aperçue dans la bulle à Toronto entre les deux premiers est réapparue et Anderson s’y est greffé instantanément.

Autant en avantage numérique qu’à cinq contre cinq, tandis qu’elle affrontait principalement le trio d’Auston Matthews, la combinaison a fait des flammèches.

Trois passes pour Drouin, deux buts pour Anderson, un pour Suzuki, une menace constante. Ces jeunes gens ont beaucoup de talent et semblent bien s’entendre.

La communication, d’ailleurs, a été la clé sur le premier but d’Anderson. Assis au banc, les trois joueurs avaient planifié ce jeu à la virgule près quelques instants auparavant.

On se parlait beaucoup sur le banc, on se parlait beaucoup sur la glace. Chaque fois qu’il y avait une mise au jeu, on savait ce qu’on faisait, on avait déjà des plans. Sur le deuxième but à la fin de la première période, on avait parlé de ça sur le banc. C’est le fun de parler de choses comme ça et d’exécuter aussi. On est allés chercher un gros but avant la fin de la première période, mais juste de continuer à se parler, continuer à jaser, se dire ce qu’on voit. C’est de même qu’on va devenir meilleur, a expliqué Drouin.

L’idée n’est pas tant de devenir meilleur que d’afficher ce niveau de jeu soir après soir. La constance. La qualité que recherche le Québécois depuis le début de sa carrière.

Il faut y aller un match à la fois. Arriver au camp et savoir déjà qu’on était un trio, ça aide à se trouver sur la glace. On travaille bien ensemble sur la glace et hors glace. Drouin a beaucoup de talent et Suzie (Suzuki) est un joueur de centre complet qui travaille fort et est très intelligent. On va dans la bonne direction.

Josh Anderson

Ce n’est certes qu’un premier pas, mais impossible de le contredire là-dessus. Il était dans la bonne direction.

Ce trio pourrait bien être la clé de voûte du Tricolore. Jeff Petry se plaignait du manque d’explosion à l’attaque après l’expérience dans la bulle à Toronto. Cette fois, le CH a des outils. Il a pris le contrôle du match 3-1 en deuxième période et l’aurait probablement gardé s’il n’avait pas écopé de quatre punitions mineures d’affilée dont un cinq contre trois.

Quand Toronto a créé l’égalité, Anderson a redonné l’avance à ses nouveaux amis. Il y a là des ressources.

Tel que promis

C’est un pari risqué qu’a pris Marc Bergevin avec Anderson. L’ailier pratique un style rare, prisé, car teinté de robustesse et d’habiletés, de vitesse et de finition. Du genre fort utile, mais qui vous rapproche plus rapidement de la retraite que celui de Victor Mete par exemple (surtout que son style consiste à ne pas jouer en ce moment).

Anderson aura 34 ans lorsque son contrat de sept saisons arrivera à terme. Qui sait dans quel état il croisera le fil d’arrivée. Mais ça n’a aucune importance. Le directeur général de Montréal espère probablement obtenir de l’ailier les trois, quatre ou cinq meilleures saisons de sa carrière.

Et Anderson lui a donné raison d’y croire. On l’a vu déborder les défenseurs, prendre d’assaut le filet, déranger l’adversaire. Bilan de sa soirée de travail? Sept tirs, deux buts, trois mises en échec, différentiel de +1 en 17 min 54 s de jeu. Il n’a pas raté son entrée.

Son opération a l’épaule qui l’avait laissé translucide à ses derniers moments à Columbus semble bel et bien derrière lui. Un départ en fanfare comme celui-là ne peut que gonfler la confiance du grand costaud, même s’il n’a pas voulu l’admettre.

Ce n’est pas à propos de moi. En tant qu’équipe, on se sentait bien avant le match ce soir. Je pense qu’on était la meilleure équipe, a-t-il lancé, se refusant à tout commentaire sur sa prestation.

C’est de bon aloi d’ainsi faire la part belle à ses coéquipiers, surtout quand on vient de faire son entrée dans la famille.

Qu’en pense Claude Julien alors?

On n’a jamais douté de nos décisions. Ce qu’il a fait ce soir, c’est ce dont on avait besoin. Amener la rondelle au filet avec de la vitesse. Utiliser son corps pour amener les rondelles dans ce territoire. C’est un bon atout pour notre équipe. C’est un signe encourageant pour nous, a fait valoir l’entraîneur-chef.

En effet. C’est encourageant, malgré la défaite. Si Drouin maintient cette intensité et que Suzuki poursuit sa fulgurante progression, il y a là un potentiel que l’on n’avait pas vu depuis longtemps à Montréal.

En rafale

Alexander Romanov a vécu son baptême du feu avec beaucoup d’aplomb. Le jeune homme s’est montré confiant et calme en possession du disque malgré quelques petites bévues ici et là. Il se sentait suffisamment à l’aise pour tenter des feintes à la ligne bleue en avantage numérique alors qu’il représentait la dernière ligne de défense. Il a fourni une passe magnifique sur le but de Tomas Tatar pour le lancer en échappée et a passé, au total, 21 min 14 s sur la glace.

Pour un jeune qui jouait son premier match dans la Ligue nationale, il avait l’air confiant, allumé. Très confortable. Je n’ai pas haï son match du tout. C’est sûr qu’il a fait quelques erreurs ici et là, mais tout le monde en a fait ce soir, a estimé son entraîneur.

Ce garçon est assurément un bon joueur de hockey, a résumé succinctement Tatar.

Le Canadien poursuivra maintenant son voyage à l’étranger avec un doublé à Edmonton suivi de trois matchs d’affilée contre les Canucks à Vancouver la semaine prochaine.

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