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Abus sexuels : un rapport accablant de la FIFA sur le patron du soccer haïtien

Un homme devant un lutrin

Yves Jean-Bart, au 64e Congrès de la FIFA, à Sao Paulo, au Brésil, en 2014

Photo : Getty Images / Alexandre Schneider

Radio-Canada

La FIFA a révélé mercredi les détails de son enquête sur les agressions sexuelles présumées qui auraient été perpétrées par l’ex-président de la Fédération haïtienne.

On y apprend que Yves Jean-Bart, en poste durant plus de 20 ans, aurait fait au moins 14 victimes. Il aurait violé certaines d’entre elles alors qu’elles n’avaient que 14 ans. Il faisait de certaines des joueuses de la sélection nationale ses maîtresses régulières.

Ces informations sont incluses dans le jugement qui explique les motifs qui ont conduit à sa suspension à vie en novembre dernier.

Le document de 45 pages indique que plusieurs des jeunes femmes étaient issues de milieux très pauvres et qu’elles étaient reconnues comme ses "restaveks", un terme haïtien pour désigner les enfants-esclaves.

Une joueuse de 14 ans serait apparemment devenue enceinte avant d’être conduite par des officiels de la fédération pour qu’elle subisse un avortement.

Le comportement de M. Jean-Bart est simplement inexcusable et une honte pour tout officiel du soccer, concluent les juges du comité sur l’éthique de la FIFA. La douleur et la souffrance qu’il a causées aux victimes de ses agressions sexuelles ne peuvent pas être totalement comprises, peut-on aussi y lire.

Dénonciations directes

La FIFA a d’abord pris connaissance de la preuve par le biais d’une enquête d’abord menée par le Syndicat international des joueurs (FIFPro) et par l’organisation non gouvernementale internationale Human Rights Watch.

Ils ont nommé 34 victimes possibles d’abus sexuels, y compris les noms de 14 victimes de Jean-Bart, et 10 agresseurs potentiels. On y fait mention d’intimidation de témoins et du pouvoir autoritaire et économique que ce dernier semblait détenir en Haïti.

Toujours selon le rapport de la FIFA, certains de ces témoins ont affirmé que Jean-Bart offrait des sous-vêtements en cadeau à des adolescentes, y compris à des mineures. Il établissait ensuite avec elles des relations abusives.

Un thérapeute travaillant au sein de Human Rights Watch a indiqué que la majorité des victimes-témoins peinaient encore à retrouver un sentiment de sécurité psychologique et n’avaient toujours pas traité leurs traumatismes.

Déni total

Yves Jean-Bart a nié les allégations initialement révélées par le quotidien britannique The Gardian, en juin dernier. Il a déjà laissé entendre qu’il ferait appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) de sa suspension à vie et de l’amende de 1 million de francs suisses (1,4 M$ CA) imposées par la FIFA au mois de novembre.

Des enquêtes ont été entreprises contre d’autres officiels haïtiens aussi impliqués dans des abus.

Ces abus se seraient produits au centre national d’entraînement de Croix-des-Bouquets, lequel était soutenu financièrement par la FIFA. L’endroit était connu localement sous le vocable du Ranch.

Yves Jean-Bart était à la tête de la Fédération haïtienne depuis l’an 2000. Il siégeait à de nombreux comités de la FIFA, notamment le Panel des femmes de 2002 à 2005. Il était membre du comité organisateur de la Coupe des confédérations, en Russie, en 2017, soit trois ans après les premières présumées agressions.

Lors de son audience devant la FIFA tenue par visioconférence en novembre, la défense de Jean-Bart insistait sur le fait que les témoignages des victimes étaient similaires, presque identiques et mensongers.

M. Jean-Bart ne pouvait pas avoir violé ou eu des relations sexuelles avec qui que ce soit puisqu’il est impuissant, avaient alors fait valoir ses avocats.

Ils ont renchéri en affirmant que l’équipe nationale féminine d’Haïti n’aurait pas pu connaître ses succès si les abus et le harcèlement présumés (par les enquêteurs de la FIFA) avaient existé.

Le panel de la FIFA formé de trois juges avait reçu les allégations en disant : Les abus ont été commis à différents endroits et par différents individus au sein de la Fédération haïtienne, allant à l’occasion jusqu’au viol et même des grossesses et des avortements.

Avec les informations de La Presse canadienne

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